People F1rst Leadership

Selon Eduardo Braun, un bon leader se doit d’être sensible aux aspirations et aux besoins affectifs de ses employés.

Quand un homme d’affaires qui privilégie les résultats recommande qu’on parle du chef de la direction comme du « chef des émotions », le lecteur peut s’attendre à ce que le regard porté sur la gestion organisationnelle soit empreint de sensibilité. Et, en abordant People F1rst Leadership, ce lecteur pourrait être déconcerté par des notions concernant le potentiel humain que même des dirigeants d’expérience saisissent mal.

Mais tout cela n’est pas si compliqué, assure l’auteur Eduardo Braun. Pour le leader motivé par une vision, la transmission de cette motivation à son personnel est une opération qui serait similaire à la mise en œuvre d’une stratégie d’exploitation.

Tous les dirigeants cherchent à formuler des objectifs clairs qui reflètent leur vision. Certains y arrivent mieux que d’autres. La communication de la vision d’un leader à son organisation peut susciter un sentiment de fierté, « et même d’espoir et de bonheur » chez les employés. De telles émotions incitent ces derniers à travailler à la réalisation des objectifs de l’organisation.

Pour réussir à transmettre sa vision, le leader se doit d’être sensible aux aspirations et aux besoins affectifs des gens. M. Braun est inspirant quand il parle des hauts dirigeants pour qui un employé est bien davantage qu’un facteur de production.

Outre les ambitions des dirigeants, l’auteur s’intéresse à celles des employés, car la réussite de toute approche centrée sur la personne exige la participation de tous. Et s’il ne dit pas grand-chose sur ce que peut faire un « chef des émotions » pour s’entourer d’employés acquis à sa vision, il relate des dizaines d’entrevues de leaders (de Jack Welch au pape François) qui préconisent une culture axée sur l’épanouissement et le bonheur des travailleurs. Pour en arriver à une mobilisation des effectifs fondée sur la bienveillance et le partage, les dirigeants doivent trouver des stratégies qui feront en sorte que les employés se sentiront écoutés et tellement appréciés qu’ils adhéreront sans réserve à la culture de l’organisation.

Le leader éveille les émotions positives qui assurent la réussite des employés et de l’organisation, écrit M. Braun. Celui-ci omet toutefois de présenter des situations faisant intervenir des émotions négatives, telles que le manque de sincérité ou la méfiance. Or, l’humain étant ce qu’il est, de tels scénarios sont inévitables.

L’un des principaux thèmes de l’ouvrage est la distinction entre, d’une part, la stratégie de l’organisation (conception des produits, fabrication, coûts, marketing, etc.) et, d’autre part, sa vision et sa culture.

Du point de vue de la stratégie, les employés sont le capital humain, les ressources humaines d’une chaîne de productivité, alors que, considérés sous l’angle de la vision et de la culture, ils sont une force essentielle qui donne son impulsion à la stratégie. Dirigeants ou employés, avec nos émotions, nos besoins et nos espoirs, nous sommes ce qui insuffle vie à la stratégie.

People F1rst Leadership de Eduardo Braun; Mcgraw-Hill Professional; 304 pages; 35,95$

À propos de l’auteur

Robert Colapinto


Robert Colapinto est un rédacteur indépendant à Toronto.

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