The Idealist: Aaron Swartz and the Rise of Free Culture on the Internet

Dans son nouveau livre, Justin Peters brosse un magnifique tableau de la philosophie et des luttes du mouvement pour le libre accès à la culture.

En janvier 2013, l’informaticien prodige, Aaron Swartz, s’est ôté la vie. Il avait 26 ans. Accusé par les États-Unis d’avoir téléchargé illégalement des millions d’articles scientifiques, il risquait la prison. Mais l’histoire sous-jacente au suicide du cofondateur de l’organisation Creative Commons et du site Reddit n’est pas si simple. Il s’agit d’une histoire dont l’enjeu dépasse le cas tragique d’Aaron Swartz. 

L’auteur, Justin Peters, commence son ouvrage en faisant l’historique du droit d’auteur. The Idealist relate plusieurs faits qui se révèlent très intéressants. Ainsi, à l’époque coloniale américaine, les œuvres des écrivains étrangers n’étaient aucunement protégées (celles des auteurs du pays l’étaient très peu), et quiconque avait les moyens de les imprimer et de les vendre pouvait le faire en toute impunité. Nombreux sont ceux qui en ont profité. Mais en 1790, les États-Unis ont adopté leur première loi sur le droit d’auteur, en partie grâce au très déterminé Noah Webster (oui, oui, Monsieur Dictionnaire), et la durée de ce droit a été fixée à 14 ans, renouvelable une fois. 

Deux cents ans plus tard, l’histoire laissait une impression de déjà-vu. Au début des années 1990, l’Internet était un univers où régnait la pagaille, où les gens s’échangeaient toutes sortes d’œuvres sans rien débourser, et ce, au nez des auteurs impuissants. À la fin des années 1990, les lois sur le droit d’auteur concernant les œuvres sur supports numériques ont vu le jour et ont mis fin en grande partie à ce désordre.
La législation protège maintenant les œuvres en ligne et permet de faire payer les contrevenants. L’un des premiers cas notoires est l’affaire Napster. Dans les années 1990, Napster offrait un programme de partage de fichiers de poste à poste qui permettait à n’importe qui de télécharger gratuitement de la musique pourtant protégée par le droit d’auteur. Devant l’extrême popularité du programme et la chute des ventes de CD, l’industrie du disque a poursuivi en justice les créateurs de Napster. Les tribunaux ont reconnu les droits de l’industrie, qui a remporté la bataille judiciaire. Napster, alors aussi connu que McDonald, a commencé à décliner et a finalement fait l’objet d’une entente de rachat. C’est ainsi qu’a pris fin le téléchargement illégal à grande échelle. 

La défaite de Napster a entraîné le rehaussement des niveaux de protection des droits des auteurs et a fait apparaître de nouvelles sources de revenus dans tous les secteurs d’activité. Non seulement les artistes et les écrivains, mais aussi les entreprises et les gouvernements limitent désormais l’accès à leurs œuvres et à leurs travaux en exigeant des redevances et des frais d’abonnement. Même les universités et les éditeurs commencent à monnayer chèrement l’accès à leurs documents en ligne. Plus que jamais, la connaissance vaut son pesant d’or. 

Cette situation soulevait la colère d’Aaron Swartz. Il s’indignait du fait que les éducateurs qui œuvrent dans les pays pauvres n’aient pas le même accès à l’information que ceux des pays riches. Pour lui, l’information devait être du domaine public, et non réservée aux privilégiés qui peuvent payer pour y avoir accès. En 2010, il a téléchargé illégalement des centaines de milliers d’articles universitaires de la base de données JSTOR. Les autorités fédérales, qui l’avaient déjà à l’œil pour une affaire précédente, ont fait enquête et sont remontées jusqu’à lui. Il a été accusé en 2011. La question de savoir si oui ou non cette accusation a poussé Aaron Swartz au suicide ne sera peut-être jamais élucidée. 

Justin Peters brosse un magnifique tableau de la philosophie et des luttes du mouvement pour le libre accès à la culture, et il place Aaron Swartz au cœur de ce tableau. À la fois biographique, historique et analytique, The Idealist pose les questions suivantes : vu le rétrécissement du domaine public et l’évolution du droit d’auteur, le libre accès à l’information est-il un objectif atteignable? Est-il un objectif souhaitable?

À propos de l’auteur

Yvette Trancoso


Yvette Trancoso est rédactrice à CPA Magazine.

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