Sondage 2015 sur la rémunération

CPA. Trois lettres qui s’avèrent assez payantes. La preuve par les chiffres, évidemment.

Matthias Li adore les animaux, surtout les espèces exotiques. Chef de la direction adjoint d’Ocean Park Corp., vaste parc thématique de Hong Kong où évoluent diverses créatures terrestres et marines, il a même réussi à y présenter deux couples de pandas géants, qui ont séjourné à Ocean Park au cours des 15 dernières années. M. Li, qui s’intéresse aussi à d’autres espèces menacées, n’a pas froid aux yeux : lors d’une visite en mer de Chine, il n’a pas hésité à plonger pour s’ébattre avec six énormes requins-baleines, car il était question que le parc en héberge quelques-uns. « On pourrait croire qu’ils ne feraient qu’une bouchée de vous, mais ces monstres sont inoffensifs », lance cet intrépide CPA, qui a travaillé pour Arthur Andersen, puis dirigé l’équipe des analystes financiers de BMO. Son poste actuel, riche en émotions, lui donne entière satisfaction.

Le sondage de 2015 sur la rémunération des CPA montre qu’en 2014, forte de l’unification des trois organisations précédentes, la profession avait le vent dans les voiles. Entre 2012 et 2014, la rémunération moyenne (postes traditionnels et non traditionnels) a grimpé de 7% pour atteindre 151 000 $, et la rémunération médiane a progressé de 3 %. Si les salaires n’affichent pas de hausse spectaculaire, les comptables bénéficient toutefois d’excellentes conditions et occupent des fonctions respectées, en cabinet comme dans divers secteurs.

Sans vouloir entrer dans les détails, M. Li se dit satisfait de son salaire et de ses avantages sociaux (et que dire des pandas) : le sondage de 2015 révèle que les CPA à l’étranger sont bien mieux payés que ceux qui comptent autant d’années d’expérience mais travaillent au Canada. La rémunération moyenne des CPA aux États-Unis et à l’étranger s’élevait à 284 000 $; à Hong Kong, elle atteignait 331 000 $.

À quoi tient cette disparité? Selon John Tabone, responsable, Valeur ajoutée et services de recherche à CPA Canada, les comptables qui accèdent à un poste à l’étranger possèdent un bagage exceptionnel : « Je suis convaincu que nous tirons parti du prestige acquis à l’international par les trois titres d’origine. Nous les avons réunis sous une nouvelle désignation qui s’appuie sur les assises précédentes pour rehausser davantage le prestige de la profession. La démarche a réussi à convaincre les décideurs. »

« Les salaires fluctuent selon l’offre et la demande, affirme M. Li. Comme les candidats compétents se font rares à Dubaï ou à Hong Kong, on y bonifie les barèmes salariaux. » Président de la section de CPA Canada à Hong Kong, où il rencontre bon nombre de nouveaux venus dans la profession, il se dit séduit. « Ce sont souvent des candidats d’exception. À Hong Kong, où l’économie est relativement ouverte, il y a des débouchés pour les CPA d’origine canadienne. Si vous avez le bagage voulu, vous gravirez les échelons. »

Rémunération des propriétaires 


Certains sont comptables de mère en fils, comme Michael Sedigh, de Markham (Ontario), pour qui les salaires généreux à l’étranger et l’accès à un poste non traditionnel n’ont pas été des facteurs déterminants. Devenu CPA après ses études à l’Université York, il s’est associé à sa mère, également CPA. Leur cabinet comptable en plein essor a pignon sur rue à Toronto et à Richmond Hill (Ontario). « C’est encore une entreprise familiale, souligne-t-il, mais nous voulons prendre de l’expansion et recruter d’autres comptables capables d’établir un rapport cordial avec les clients pour les aider à prendre en mains leurs finances. » Selon lui, ces échanges étroits sont le gage d’une réussite durable et, partant, d’une rémunération élevée : « La satisfaction n’a pas de prix. Avoir le plaisir d’aider des entrepreneurs audacieux, qui ont pris des risques, comme moi, c’est difficile à chiffrer. »

En parcourant les résultats de l’étude, M. Sedigh trouve les perspectives encourageantes : la rémunération moyenne des propriétaires de cabinet s’élève à 211 000 $, et les comptables exerçant à titre individuel et les associés gagnent respectivement 136 000 $ et 276 000 $. « J’accorde aussi de l’importance au côté monétaire, mais contribuer à la prospérité des clients est à mes yeux plus valorisant. »

Après avoir appris le métier en cabinet, Peter Jeewan se joint au groupe d’expansion des affaires de la Banque TD en 1998. Deux ans plus tard, entrepreneur dans l’âme, il se lance dans un secteur porteur et devient chasseur de têtes, spécialisé en placement de CA. Il est aujourd’hui PDG de Lannick Group, une agence torontoise de recrutement qui accueille plus de 800 candidats par semaine. En lisant les résultats du sondage, il se rappelle une étude de l’ICCA (2010) sur la rémunération, alors minée par la récession : « C’était dramatique. Figurez-vous qu’en janvier 2009, notre chiffre d’affaires avait chuté de 97 %. » Dans la section de l’enquête sur les secteurs d’emploi, il constate qu’il avait vu juste au milieu des années 1990 : les comptables non propriétaires se sont spécialisés et ont su imposer leur titre professionnel dans diverses industries. « Les CPA sont partout! », s’exclame-t-il.

« La profession offre davantage de débouchés que quand je travaillais en cabinet, estime M. Jeewan. Les horizons se sont élargis, et les CPA occupent divers postes cadres. » Grâce à la spécialisation, au Canada comme à l’étranger, la rémunération augmente en fonction des compétences monnayables. « Cette évolution a favorisé ceux qui entendent se spécialiser dans des secteurs plus lucratifs », observe-t-il.

Rémunération des membres non propriétaires 


Selon M. Jeewan, il reste difficile de comparer le titre de CPA à d’autres qualifications professionnelles (MBA, par exemple). Comme l’ont montré les sondages antérieurs sur la rémunération, la prise en compte du nombre d’années d’études et de la rémunération en cours de carrière est plus révélatrice que la comparaison avec les salaires des nouveaux titulaires d’un MBA. Néanmoins, l’exercice permet de mettre les choses en perspective. La Ivey Business School de l’Université Western (à London) a révélé que ses diplômés de 2014 touchaient environ 98 205 $ (avec prime). Ceux de la Faculté de gestion Desautels de l’Université McGill (à Montréal) recevaient un salaire médian de 81 694 $, assorti d’une prime d’embauche moyenne de 10 000 $, selon 22 % des répondants. Enfin, d’après la Sauder School of Business de l’Université de la Colombie-Britannique (à Vancouver), les salaires de départ (avec prime) de ses diplômés se chiffraient à 90 502 $.

Pour leur part, les CPA non propriétaires ont déclaré en 2014 une rémunération totale moyenne de 141 000 $, primes et avantages sociaux compris.

Le sondage vise trois grands objectifs, précise Paul Long, responsable, Marketing et études de marché à CPA Canada : « Nous voulons aider les membres à se situer par rapport à la rémunération de leurs pairs, brosser un tableau du marché à l’intention des employeurs, et donner aux étudiants qui aspirent à obtenir le titre un aperçu du potentiel salarial. »

Et l’avenir? La majorité des sondés se disent optimistes quant à la hausse de la rémunération. Hélas, seulement 45 % des professionnels du secteur pétrolier et gazier entrevoient un relèvement salarial en 2015, et 21 % redoutent une diminution. Selon Matthias Li, il faut penser à long terme. Sans être à l’abri des aléas de l’économie, les comptables professionnels, bien outillés, seront à même de surmonter les difficultés : « Le titre ouvre les portes du monde. »

Ensemble des membres par province/pays 


À propos de l’auteur

Robert Colapinto


Robert Colapinto est un rédacteur indépendant à Toronto.

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