Boîte aux lettres – mars 2016

Les lecteurs de CPA Magazine réagissent aux numéros d’octobre et décembre 2015 par courrier et Twitter.

Dure réalité
J’ai lu « La “juste part” des entreprises » de David Descôteaux (décembre), et je dois dire qu’après 29 ans dans les affaires, je n’ai jamais vu une baisse d’impôts se traduire par une hausse des salaires ou une diminution des prix. L’essentiel, c’est le bénéfice avant impôt. Quand on rivalise avec des pays en développement aux salaires dérisoires, il est impossible qu’une réduction des charges fiscales favorise vraiment l’investissement.

Aucune entreprise ne redistribuera ses excédents sous prétexte que son fardeau fiscal a été allégé; seuls les impôts redistribuent la richesse.

Aux États-Unis, les dix PDG les mieux payés se partageront 1,4 G$ en fonds de retraite. Pensons aux conséquences néfastes de ce transfert de richesse à quelques privilégiés, qui s’en mettent déjà plein les poches.

James Knopf, Toronto (Ontario)



Une tête bien faite
« Naît-on comptable? » de Mme Bitti (décembre) présente une analyse éclairée des secrets du cerveau.
J’ai appris avec intérêt que certains comptables doués et à l’esprit jugé « analytique » avaient en fait un profil de créatif, associé à l’hémisphère droit.

Joseph Zamuda, Calgary (Alberta)


Toxique un jour...
Dans « l’éthique au-delà de la légalité » (octobre 2015), Karen Wensley aborde des questions au cœur du débat sur le tabac au Canada, depuis des décennies.

Voici la principale. Un cigarettier peut-il exercer ses activités de manière éthique? Pour Imperial Tobacco Canada, la réponse est « oui », même s’il est vrai que notre industrie soulève certaines controverses.

Mme Wensley adopte une vision étroite des pratiques déontologiques : son argumentation se limite aux risques – certes réels et considérables – que présente la cigarette. Pour les éviter, il faut s’abstenir de consommer du tabac. Pourtant, nombre d’adultes choisissent de fumer. Si elle avait consulté notre site ou celui de notre société mère, British American Tobacco (BAT), Mme Wensley aurait vu que la réduction des risques est au centre de notre stratégie. Depuis des décennies, nous investissons des milliards de dollars en R-D pour mieux comprendre et réduire les risques du tabagisme, et créer des produits à base de tabac et de nicotine à moindre toxicité. Cet objectif prioritaire, choisi par devoir éthique, sera aussi garant de notre pérennité comme entreprise.

Imperial Tobacco et BAT souscrivent à une vision élargie des pratiques commerciales éthiques, dans tous leurs marchés : développement de substituts à toxicité réduite, information claire sur les risques, commercialisation responsable, concertation avec les détaillants pour empêcher la vente aux enfants, collaboration transparente avec les organismes de réglementation, traitement équitable des employés, réduction des incidences environnementales, lutte contre le trafic en sont autant d’exemples.

À tous points de vue, Imperial Tobacco travaille non seulement dans le respect des dispositions législatives et réglementaires, mais aussi avec droiture.

Éric Thauvette, directeur financier Imperial Tobacco Canada, Montréal (Québec)


En réponse à « L’éthique au programme » (janvier/février 2016) : L’autre jour, je devisais avec ma fille, que je ramenais à l’université en voiture, et nous en sommes arrivés à évoquer les principes moraux : « Qu’est-ce qu’un comportement éthique? », nous sommes-nous demandé. Quand j’étais étudiant, dans un cours de déontologie, nous avions abordé la maxime suivante, fondement d’une conduite éthique : « S’abstenir de causer un préjudice ». Ce principe va de soi et ménage à chacun une certaine
liberté, puisque la non-intervention y est admise. Naturellement, le respect de la loi y est tenu pour acquis. (Précisons que pour certains, au-delà des devoirs dévolus aux citoyens, toute entreprise se voit elle aussi investie de responsabilités sociales, même si, à mon avis, elles sont déjà encadrées par la loi.)

Suffit-il qu’un comportement ne cause aucun tort pour qu’on le considère comme moral? Sous vos yeux, un homme tombe dans un fossé profond, se blesse et n’arrive plus à se relever. Êtes-vous tenu de lui tendre la main? Selon le premier principe – s’abstenir de porter préjudice –, rien ne vous y oblige. À moins que vous n’appliquiez une seconde règle, celle de la compassion et de la réciprocité, sur le modèle « Aime ton prochain comme toi-même ».

Le premier principe autorise la passivité, le non-engagement, tandis que le second, plus exigeant, suppose une intervention active. Lequel devrait guider la vie en société? C’est sans doute le deuxième qui recueillerait le plus large consensus.

Certains s’exclameront : « Moi, je prêterais assistance au blessé dans le fossé! » Encore faut-il passer de la parole aux actes. Êtes-vous de ces vrais altruistes, qui volent au secours de leur prochain? Qui donnent des sacs entiers de vêtements à des œuvres? Qui, avant de partir se bronzer dans un pays en développement, bourrent leur valise de fournitures scolaires pour les enfants démunis? À ces exemples s’en ajouteraient d’autres, qui s’appliqueraient à la sphère professionnelle.

De fait, toute entreprise se donne pour but de réaliser des bénéfices. Doit-elle simplement s’abstenir de causer du tort, ou plutôt élargir son mandat, en se fondant sur la règle de la réciprocité? À titre individuel, réussirons-nous à vivre et à travailler dans le respect de ce principe jugé supérieur, sans compromettre l’objectif fondamental de l’entreprise (la rentabilité)? Je vous laisse y réfléchir.

Allan M. Pearson, CPA, CMA, Owen Sound (Ontario)
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