The Gray Rhino: How to Recognize and Act on the Obvious Dangers We Ignore par Michele Wucker

Dans son nouveau livre, Michele Wucker examine un large éventail de désastres, allant de l’ouragan Katrina à l’épidémie d’Ebola, pour analyser les pratiques de gestion de risques des dirigeants modernes – et révéler leurs lacunes.

En 2007 paraissait Le cygne noir, ouvrage dans lequel l’auteur Nassim Nicholas Taleb traitait de catastrophes rares et improbables que les gens n’avaient pas prévues et pour lesquelles ils n’étaient pas préparés : la Première Guerre mondiale, le krach boursier de 1987, la montée du fondamentalisme islamique, etc. En 2016 paraît The Gray Rhino, dans lequel l’auteure Michele Wucker, conseillère en gestion à Chicago, s’intéresse aux problèmes prévisibles, mais qu’on néglige individuellement ou collectivement jusqu’à ce qu’il soit souvent trop tard.

Pour étudier ce phénomène, Mme Wucker utilise la métaphore du rhinocéros. Le gros animal, qu’on devrait repérer facilement, peut, si on le provoque, piétiner quiconque refuse de lui céder du terrain. Pour illustrer son propos, l’auteure examine un large éventail de désastres allant de la crise financière de 2008 au séisme en Haïti, en passant notamment par l’ouragan Katrina, l’épidémie d’Ebola, le piratage des systèmes informatiques américains et l’effondrement de bâtiments au Bangladesh. Parmi les études de cas les plus instructives de l’ouvrage, on retrouve l’analyse de la réaction du Portugal devant la mort imminente de l’industrie du liège ainsi qu’une comparaison entre la réaction de l’Argentine et celle de la Grèce face à leur endettement.

Les Canadiens seront intéressés, notamment, par le regard que porte l’auteure sur le cas de l’inondation de Calgary en 2013. Dans le chapitre « After the Trampling », elle se demande pourquoi on n’a pas tiré davantage de leçons de l’inondation dévastatrice survenue dans la ville albertaine en 2005. Un groupe de travail avait alors proposé 18 mesures pour atténuer les dommages liés à de futures inondations, dont beaucoup figuraient déjà dans un rapport rédigé après les inondations de la fin des années 1990. Si la Ville a pris certaines bonnes décisions – grâce au maire Naheed Nenshi et à l’Emergency Operations Centre de Calgary –, la plupart des recommandations n’ont pas été suivies. Une occasion pour l’auteure de montrer comment la politique peut entraver la préparation aux désastres, dans la mesure où il est difficile de justifier l’octroi de millions de dollars pour prévenir ou limiter un désastre qui pourrait ne pas se produire.

Selon Mme Wucker, les décisions qui suivent une crise varient entre l’inaction totale et des solutions à courte vue, inefficaces ou bizarres. Elle souligne, par exemple, le fait que des millions de personnes ont dû se déchausser dans les aéroports depuis l’attentat raté à la chaussure piégée dans un avion en 2001.

Malgré les louables recherches de l’auteure, certains lecteurs trouveront sa liste d’experts longue et quelque peu déroutante. Quand elle ne cite pas Steve Covey, gourou de la gestion, ou Tim Cook, PDG d’Apple, elle évoque des personnages historiques tels Xerxès, roi de Perse, ou Jeanne d’Arc. Ou encore des écrivains comme Elisabeth Kubler-Ross et Eugène Ionesco. Et même le boxeur Mike Tyson. Toutes ces citations peuvent parfois étourdir le lecteur. Une liste plus sélective aurait donné un résultat plus percutant. Le livre fournit néanmoins une riche matière à réflexion, surtout pour ceux qui travaillent en gestion du risque. Pour les autres, il pourrait être révélateur de répondre à la dernière question de Mme Wucker : « Quels sont vos rhinocéros gris? »

À propos de l’auteur

Susan Smith


Susan Smith est une rédactrice indépendante établie dans la région de Toronto.

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