Quelques questions sur le nomadisme numérique

Travailleur sédentaire, vous rêvez d’être nomade ? Voici quelques faits à connaître.

1. PAR OÙ COMMENCER?

Pour les habitués du « 9 à 5 », sauter d’un fuseau horaire à l'autre peut être éprouvant. Les nomades avertis recommandent un virage en douceur.

Quelques conseils :

Prendre des travaux à contrat. « Commencez à temps partiel, conseille Leighton Prabhu, cofondateur d’Interstice Consulting. On peut être pigiste mais garder son emploi. »

Dépasser ses objectifs. Avant de partir, obtenez la confiance de votre employeur et de vos clients, et dotez-vous des compétences utiles au travail à distance. 

Tirer parti de ses réseaux et faire ses recherches. Naviguez sur le Web pour trouver des offres d’emploi, des destinations et d’autres renseignements essentiels. Consultez :

Savoir délester. Quittez votre logement ou louez-le, et vendez le superflu. Pour Victor Lai, la simplicité volontaire se résume à « consommer moins, gaspiller moins, dépenser moins ».

2. RENTABLE, LE NOMADISME NUMÉRIQUE?

Selon Beth Altringer, de l’Université Harvard, si certains nomades numériques se contentent de peu, d’autres, tels les ingénieurs en logiciel, les professionnels de la finance et les entrepreneurs expérimentés, touchent dans les 8 000 $ US par mois et parfois beaucoup plus. La vente en ligne, le marketing, le mentorat et le blogage sont des domaines relativement payants. 

Et les coûts? Tout dépend des destinations, de l’hébergement et du matériel, mais les nomades ne dépensent pas grand-chose : « Il faut de la discipline pour ne pas accumuler vêtements, gadgets et meubles, précise Leighton Prabhu, mais quand on voyage léger, on s’en tire bien! » 

3. QUELS VISAS DEMANDER?

La réglementation sur les visas dépend de la nationalité du nomade, de sa destination, de la durée du séjour et du type d’activité envisagé. 

Selon Steven Melendez, de Fastcompany.com, de nombreux nomades – en particulier ceux dont les clients sont établis au-delà des frontières du pays visité – demandent un visa de tourisme, valable entre 14 jours et 6 mois, moins cher et plus accessible qu’un permis de travail. 

Pour les séjours prolongés (plus de six mois), d’autres types de visas peuvent être nécessaires. Josh Zweig de LiveCA entend séjourner en Colombie pour un an, grâce à un visa d’étudiant. Il recommande de communiquer avec d’autres voyageurs et expatriés avant de boucler sa valise. 

Pour connaître la réglementation sur les visas, consultez les sites Web des consulats. 

4. QU’EN EST-IL DE L’ASSURANCE SOINS DE SANTÉ?

Obtenir de l’assurance maladie pour pouvoir séjourner à l’étranger plusieurs années peut être difficile. Au Canada, les régimes provinciaux ne remboursent aux personnes assurées absentes qu’une partie des services médicaux d’urgence, ce qui rend l’assurance privée quasi obligatoire. Problème : nombre de compagnies d’assurances n’acceptent que les particuliers qui bénéficient déjà d’une couverture de base à domicile. Or il faut généralement résider dans une province ou un territoire canadien cinq ou six mois par an pour demeurer admissible aux régimes d’assurance provinciaux. Il est parfois possible de faire prolonger la couverture provinciale, à condition de respecter certains critères. 

La solution? Souscrire une police d’assurance santé mondiale, à long terme. C’est un choix judicieux, même si les primes sont salées, affirment les nomades chevronnés. 

5. OÙ SE LOGER?

Les nomades se logent partout, des petits hôtels aux établissements de luxe. Pour plus de quelques semaines, ils louent un appartement, mais pour les brefs séjours, les auberges, les hôtels ou les locations à court terme ont la cote. Victor Lai et Daphnée Laforest  recommandent le site d’hébergement Airbnb

Dans certains espaces de travail collectif, on offre aussi de l’hébergement et des forfaits pour séjours prolongés. Hubud, à Ubud, en Indonésie, ne désemplit pas. 

6. OÙ TRAVAILLER?

Contrairement aux idées reçues, les nomades ne travaillent pas dans un hamac ou sous un parasol. Ils ont besoin d’éléments introuvables sur une plage : une connexion WiFi sécurisée, un lieu sûr pour entreposer leurs effets et un environnement confortable. Dans les pays chauds, la climatisation n’a rien d’un luxe. C’est dans les hôtels, les appartements en location et, selon les destinations, les cafés, que les travailleurs en déplacement trouveront leur bonheur. 

Les nomades à la recherche de professionnels dans leur genre affectionnent les espaces de travail collectif, où l’on partage imprimantes et autres ressources. Ainsi, Daphnée Laforest aime passer quelques heures chez Ko-Hub, en Thaïlande : « Je travaille mieux, car je suis bien entourée. » 

Toutefois, si vous êtes souvent au téléphone, les espaces partagés ne seront pas forcément à la hauteur de vos attentes. « Je suis en communication Skype toute la journée, précise Josh Zweig. C’est plutôt gênant dans un lieu public. » En semaine, il travaille donc dans son appartement. 

Quelques espaces de travail collectif qui séduisent les nomades : 

Au Canada :

À l’étranger :

  • CAMP, Chiang Mai (Victor Lai)
  • Ko-Hub, Koh Lanta (Daphnée Laforest)
  • The OutPost, Singapour (Leighton Prabhu, cofondateur) 

7. QUELLES APPLICATIONS UTILISER ET QUEL MATÉRIEL APPORTER?

L’ordinateur portable reste un outil essentiel. Léger, compact, le MacBook Air est le choix des nomades numériques comme Victor Lai et Daphnée Laforest. 

En pleine campagne, comme lors d’excursions loin des grandes villes, le téléphone intelligent et la tablette sont pratiques. Et les réseaux mobiles fonctionnent presque partout. Josh Zweig a gravi des sommets près de Lake Louise (voir la photo) et arpenté des sentiers de randonnée au nord du cercle arctique : « Même au bout du monde, j’ai réussi à joindre des clients, grâce aux forfaits de données des cartes SIM locales. La portée des signaux est stupéfiante. » 

Quelques applications utiles : 

Partage de fichiers – Citrix ShareFile, Dropbox 

Communications – Skype, Google Hangouts, GoToMeeting 

Organisation – Trello, Workflow Max 

Pour les comptables nomades – Xero, QuickBooks en ligne, Wave, FreshBooks, Kashoo 

8. ET LE REVERS DE LA MÉDAILLE?

Malgré ses avantages personnels et professionnels, le nomadisme numérique comporte son lot de difficultés. Comme l’indique Beth Altringer, il peut ralentir l’avancement professionnel, éloigner le travailleur de ses proches, voire compliquer les relations amoureuses. Daphnée Laforest le confirme : « C’est une chose d’avoir des affinités avec un oiseau migrateur croisé sur la route, mais encore faut-il que les trajectoires de chacun s’harmonisent. »

À propos de l’auteur

Lara Bourdin


Lara Bourdin est rédactrice indépendante et nomade numérique. Elle est basée à Montréal.

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