Les préjugés ont la vie dure, surtout en santé mentale

Que faire pour que les préjugés liés à la maladie mentale s’estompent? Voici cinq recommandations des experts.

Il y a une dizaine d’années, on m’a fait passer un test du sommeil. Mon père et mon frère aîné avaient déjà reçu un diagnostic d’apnée du sommeil et, comme je n’arrivais pas à bien dormir, mon médecin m’avait recommandé ce test. Je me suis donc rendu à la clinique où je devais passer la nuit et j’y ai vu une affiche qui énumérait les 20 symptômes les plus courants de l’apnée du sommeil. En tête de liste et en majuscules se trouvait le mot DÉPRESSION.

« Suis-je en dépression? » me suis-je alors demandé. Il m’arrivait parfois d’avoir le moral à plat, notamment autour de Noël et au début de l’été. Mais beaucoup de gens ont des moments de cafard de temps à autre. Parle-t-on pour autant de dépression? Après avoir reçu, moi aussi, un diagnostic d’apnée du sommeil, et m’être fait prescrire un traitement approprié, j’en suis venu à la conclusion que mon apnée était sans doute à l’origine de mes moments de dépression et de perte de vitalité.

Bell Canada a mené récemment sa campagne annuelle « Cause pour la cause », qui vise à combattre les préjugés concernant les problèmes de santé mentale comme la dépression. Cette année seulement, cette campagne a donné lieu à plus de 125 millions d’interactions sous forme de messages texte, de tweets et de mentions sur Facebook.

Mais vous vous demandez peut-être ce que la dépression et les autres problèmes de santé mentale (trouble bipolaire, schizophrénie, toxicomanie) ont à voir avec les CPA? Eh bien, le fait de négliger ces problèmes au travail risque d’entraîner des coûts importants, notamment une perte de productivité, une hausse de l’absentéisme, une démotivation ou encore ce que certains appellent un « absentéisme psychique » (le corps est présent, mais l’esprit est ailleurs).

Selon la Commission de la santé mentale du Canada, ce sont les demandes d’indemnisation liées à des problèmes de santé mentale qui enregistrent la croissance la plus rapide dans les milieux de travail canadiens, plus de 21 % de la population active éprouvant des problèmes de cet ordre.

J’ai commencé à participer à la campagne « Cause pour la cause » il y a deux ans. J’ai envoyé des courriels à toutes mes relations pour leur faire part de mon expérience de la dépression. Quelques semaines plus tard, j’ai reçu un courriel de remerciement d’une mère dont le fils souffrait d’une dépression qu’elle croyait liée à l’apnée du sommeil. Après avoir lu mon témoignage, le fils a décidé de passer le même test que moi. Un an plus tard, j’ai appris qu’il se portait beaucoup mieux par suite de l’amélioration de son sommeil.

Que faire pour que les préjugés liés à la maladie mentale s’estompent? Voici cinq recommandations des experts :

1. Mesurez vos propos. Avez-vous déjà dit d’une personne qu’elle était folle ou cinglée? Vous êtes-vous demandé pourquoi elle avait un comportement inhabituel? Avez-vous déjà réagi en entendant ce genre de propos?

2. Renseignez-vous. Informez-vous sur les symptômes. On estime qu’environ 50 % des Canadiens auraient des relations sociales avec un ami atteint de maladie mentale grave. Il arrive donc souvent que les premiers signes passent inaperçus. Le site Web « Cause pour la cause » (letstalk.bell.ca/fr/) de Bell Canada et celui du Centre de toxicomanie et de santé mentale (camh.ca/fr/) sont d’excellentes sources d’information sur les symptômes les plus courants.

50 % des Canadiens auraient des relations sociales avec un ami atteint de maladie mentale grave.

3. Soyez aimable. Traitez les gens qui ont des problèmes de santé mentale comme s’ils étaient atteints d’une autre maladie, comme s’ils avaient le cancer ou une très vilaine grippe. Ne vous taisez pas lorsqu’on se moque d’eux. Prenez leur défense.

4. Écoutez et posez des questions.
Mieux vaut demander « Comment puis-je vous aider? » que de banaliser le problème en disant « Qu’est-ce qui vous prend? ». De même, dire à une personne aux prises avec un problème de santé mentale « Reviens-en » équivaut à dire à quelqu’un qui s’est cassé la jambe « Marche plus vite ». Voyez-y plutôt une occasion d’apprentissage.

5. Parlez-en. Il faut briser le silence pour mettre fin aux préjugés liés aux problèmes de santé mentale. Passez le mot! Prenez part au mouvement de sensibilisation.

À propos de l’auteur

Trevor Wilson


TREVOR WILSON est l’auteur de The Human Equity Advantage:Beyond Diversity to Talent Optimization. Il dirige le cabinet de services-conseils TWI, spécialisé en diversité, inclusion et capital humain.

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