La panacée?

Pour les transhumanistes, la science et la technologie transformeront la condition humaine et guériront tous les maux. Vision rationnelle ou délire d’illuminés?

Pour les transhumanistes, la science et la technologie transformeront la condition humaine et guériront tous les maux. Vision rationnelle ou délire d’illuminés?

 « Le plus grand risque du transhumanisme, c’est de décevoir », déclare tout de go Anne-Laure Boch, neurochirurgienne et docteure en philosophie, dans le magazine Sciences et Avenir.

Le transhumanisme (symbolisé par « H+ » ou « h+ ») est un mouvement intellectuel de futurologues qui voient dans les nouvelles technologies – transplantations d’organes, membres artificiels, régénération d’organes, nanomédicaments – la réponse à tous les maux de l’humanité. Ira-t-on jusqu’à résoudre le mal ultime, la mort?

Un gouffre s’est creusé entre les promesses des thérapies dites « transhumanistes » et la réalité, selon le Dr Boch : « Les patients bénéficiant à l’heure actuelle de prothèses de main pensent pouvoir retrouver une certaine autonomie, or cela leur permet souvent de ne faire qu’un ou deux mouvements des doigts, qui ne s’avèrent pas toujours utiles. »

Outre les facteurs médicaux, les contraintes économiques et énergétiques doivent également être prises en compte. « Une pile de pacemaker aujourd’hui doit se changer tous les trois ans, alors imaginez l’énergie nécessaire aux futures technologies que l’on nous promet », poursuit le Dr Boch.

Et puis il y a tous les effets secondaires. La technologie des nanomédicaments est prometteuse, mais les risques de toxicité suscitent une grande méfiance. Le plus récent traitement de la maladie de Parkinson, la stimulation cérébrale profonde, consiste à implanter deux électrodes dans le cerveau. Or, selon le Dr Boch, ce traitement entraîne chez 5 % des patients un risque d’infection, tout simplement parce qu’ils se grattent.

Et la transplantation d’organes? Il est peu probable qu’elle puisse vraiment prolonger la vie. « Après l’âge de 90 ans, c’est une défaillance d’organe qui entraîne le décès, note la spécialiste. Si l’on en remplace un, il y en aura toujours un autre qui faiblira. »