Le candidat idéal

De nos jours, les employeurs cherchent des personnes résolues, qui ont un comportement éthique et un esprit stratégique. Les nouveaux CPA sont bien préparés, à tous points de vue.

Notre cabinet est à la recherche d'une personne à l'esprit novateur, qui a un grand sens de l’éthique, qui sait régler les problèmes et qui peut rapidement s’adapter au changement. L’aptitude pour les chiffres est un atout. Les personnes intéressées doivent envoyer leur CV à ressourceshumaines@zxcbaltd.com.

Fini le temps où le comptable professionnel, tout à ses chiffres, jouait un rôle effacé. Le comptable d’aujourd’hui, membre clé de l’équipe de direction, est appelé à faire des recommandations cruciales quant à l’orientation stratégique et à l’avenir de son organisation. Souvent, il en vient à accéder au poste de chef de la direction ou à lancer sa propre entreprise.

Il n’est donc pas étonnant que les employeurs voient le nouveau comptable professionnel agréé (CPA) comme le candidat idéal : un professionnel capable d’interpréter des montagnes de données complexes et qui, grâce à son sens des affaires, peut faire un usage optimal de ces données au profit de l’entreprise ou de ses clients.

UN SENS AIGU DES AFFAIRES

« Les CPA doivent être d’excellents conseillers pour les entreprises, soutient Bill Thomas, chef de la direction et associé principal de KPMG au Canada, et président de KPMG Amériques. Non seulement ils doivent posséder des compétences techniques, mais ils doivent aussi savoir comment les mettre au service des propriétaires d’entreprise. Il leur faut donc avoir un sens aigu des affaires, connaître les secteurs d’activité en cause et être de bons communicateurs. Les meilleurs conseillers possèdent à la fois ces compétences générales et de grandes compétences techniques. »

« Le comptable d’aujourd’hui ne fait pas qu’entrer des chiffres dans une feuille de calcul et les interpréter. Il en analyse aussi l’incidence stratégique et il détermine l’orientation qu’une organisation doit prendre », souligne Liza Worthington, présidente du Comité interprovincial sur la formation professionnelle (CIFP) des CPA, qui fixe les exigences en matière d’expérience pratique des CPA. « Nous avons tiré le meilleur des trois programmes des organisations d’origine pour former des dirigeants dont le bagage ne se limite pas à la comptabilité. »

Mme Worthington précise que, au cours de l’élaboration du Programme de formation professionnelle (PFP) des CPA, des employeurs de toutes tailles ont été consultés au sujet de ce qu’ils recherchaient chez leurs futurs employés. « Ils veulent des candidats qui, grâce à leurs compétences techniques et générales, pourront faire preuve de leadership, prendre des décisions et se comporter de façon éthique. » Ils souhaitent aussi d’excellents communicateurs, tant à l’oral qu’à l’écrit, autonomes et ayant l'esprit d’équipe.

Sandy Hilton, directeur des Programmes de formation professionnelle à CPA Canada, pense que les compétences générales ont maintenant supplanté les compétences techniques sur la liste des exigences des employeurs. « Pour eux, les connaissances techniques vont de soi, dit-il. Nous sommes arrivés au point où les employeurs estiment que les compétences non techniques sont essentielles pour réussir dans le monde du travail. »

Bill McFarland, chef de la direction et associé principal de PricewaterhouseCoopers, est du même avis. « Nous voulons des personnes qui ont une grande confiance en elles, de solides aptitudes pour la communication, un grand sens de l’intégrité, la capacité de s’adapter facilement aux changements, et la volonté d’apprendre et de s’améliorer sans cesse. Elles doivent pouvoir remettre en cause le statu quo et proposer des solutions créatrices de valeur pour nos clients. L’apprentissage ne se termine pas avec la fin des études universitaires. À PwC, nous aidons chaque employé à exploiter son plein potentiel en lui offrant l’expérience, le mentorat et la formation dont il a besoin. »

Shuaib Shariff, de Toronto, travaille dans le domaine comptable depuis 25 ans. Il a passé la majeure partie de sa carrière à la CIBC, où il était jusqu’à tout récemment premier vice-président et chef des services financiers, Canada. Il constate que les organisations doivent aujourd’hui « jongler avec de nombreux enjeux dans un environnement mondial interconnecté ». Les CPA qui auront du succès sont donc ceux qui pourront envisager d’eux-mêmes des stratégies, au lieu d’attendre les directives provenant des échelons supérieurs. « Il s’agit d’être souple et de savoir expliquer les choses, précise-t-il. Il faut posséder de vastes compétences, mais aussi pouvoir aller au fond des choses dans un segment particulier. »

M. Shariff pense que l’esprit d’équipe est de nos jours plus important que jamais. « Il faut pouvoir interagir avec les collègues de tous les échelons et de toutes les disciplines, dit-il. Bien des choses dépendent de notre capacité à travailler en équipe. »

Bryan Lillycrop, vice-président et contrôleur de Loblaw, dirige le programme de formation de l’entreprise. Neuf de ses candidats sont inscrits au programme CPA et six l’ont déjà terminé. Bien sûr, le titre de CPA influe sur son choix lorsqu’il recrute des candidats, et il constate que ses meilleures recrues ont déjà montré beaucoup de détermination dans la planification de leur carrière. « Au-delà des lettres qui suivent leur nom, je veux m’assurer de l’étendue réelle de leurs capacités. »

SAVOIR S'ADAPTER

Selon M. Lillycrop, le potentiel de leader n’est pas une qualité aussi importante pour les aspirants CPA que la capacité de s’adapter au rythme accéléré des changements, une capacité cruciale dans le monde actuel. « Les compétences exigées ne sont pas si différentes de celles requises par le passé, mais nous sommes davantage dans l’urgence, souligne-t-il. Nous pouvons à présent analyser rapidement des quantités astronomiques de données, et c’est ce qu’on attend de nous. »

Dan Chun, propriétaire du cabinet comptable Chun & Company à Kelowna (C.-B.), raconte qu’il a assisté dans sa carrière à une évolution ahurissante de la technologie. Quand il a commencé sa formation de CGA en 1980, les ordinateurs faisaient tout juste leur apparition et la plupart des données étaient saisies manuellement. « Aujourd’hui, le quart de mon personnel fait du télétravail et si je voulais, je pourrais m’envoler pour le Mexique et y travailler pendant deux semaines sans avoir à emporter de documents imprimés. »

Charles Henaire, chef des finances adjoint et contrôleur à la Great-West, à Winnipeg, constate à son tour que « le plus gros changement vient du passage au numérique; rien que dans les cinq dernières années, les transformations ont été incroyablement rapides et nombreuses ». Lorsque M. Henaire a obtenu son titre de CA en 1991, les changements au sein de la Great-West consistaient en des regroupements et des acquisitions d’autres assureurs. Depuis, et surtout à la suite de la crise financière de 2008, les obligations de conformité et d’information financière se multiplient, et les exigences des parties prenantes sont constantes. Et c’est sans parler d’un nouveau type de consommateur, qui veut de l’information à jour et accessible en tout temps. « La véritable force de la nouvelle profession, c’est qu’elle est formée de gens qui ont grandi à l’ère de l’information en temps réel et qui n’ont pas peur de la technologie », ajoute-t-il.

AU-DELÀ DE L’AUDIT ET DE LA FISCALITÉ

M. Henaire souligne que le nouveau programme assure une formation uniforme et réduit la confusion quant aux exigences associées aux titres d’origine. « Je pense qu’avec une seule profession, les choses sont plus claires, dit-il. Avant, les comptables étaient confinés à des créneaux, mais les utilisateurs des services des CPA commencent à comprendre que ce titre va au-delà de l’audit et de la fiscalité. » En outre, grâce aux nouvelles exigences en matière d’expérience pratique, les entreprises peuvent maintenant former de futurs CPA dès leur sortie de l’université. « Découvrir les rouages d’une grande organisation comme la nôtre prend du temps. Former les gens à l’interne constitue donc un atout pour nous. »

Alors que le PFP des CPA amorce sa troisième année, Sandy Hilton explique que l’on poursuivra les consultations auprès des employeurs pour s’assurer que le programme continue de bien préparer les CPA au marché du travail. « L’un de nos plus grands défis est de trouver le moyen, à partir d’une plateforme en ligne, d’aider les étudiants à acquérir ces compétences non techniques que les employeurs jugent cruciales, dit-il. Créer un environnement qui permet des discussions constructives avec un mentor, cela fonctionne bien en classe, mais c’est plus difficile en ligne. » Heureusement, les maîtres de stage comme GWL et d’autres employeurs fournissent un soutien à cet égard.

« Nous n’obligeons pas les candidats à suivre leur formation et à faire leur stage en même temps, mais j’aimerais qu’ils soient plus nombreux à le faire pour que les aspirants CPA puissent ainsi arrimer leurs connaissances théoriques à leur expérience pratique », déclare M. Hilton.

Lauren Gallimore, âgée de 22 ans, suit justement le PFP tout en travaillant à temps plein chez KPMG, à Lethbridge. Elle trouve que le programme la prépare à faire face à toutes sortes de situations au travail. « Outre les compétences techniques, on nous apprend l’importance de l’éthique et la façon de présenter des exposés. Tout cela nous prépare à agir avec professionnalisme et à prendre des décisions », dit la jeune femme qui est entrée au cabinet comme stagiaire coop en comptabilité.

Bien qu’elle n’ait pas l’intention de quitter KPMG, elle sait que son titre de CPA lui donnera la liberté de travailler partout au pays et dans tous les secteurs d’activité. « Vous n’êtes pas coincé à un endroit et, comme étudiant, vous n’avez plus à choisir entre différents titres. »

Marshall Lang, qui avait entrepris le programme CGA en Ontario, est comptable à la Calgary Sports and Entertainment Corporation. Il achève actuellement son stage et prévoit passer l’examen final en septembre prochain. Trouver le temps d’étudier tout en occupant un poste très exigeant représente tout un défi, mais il aime l’approche globale du nouveau programme des CPA. « Il faut toujours aller au-delà des chiffres, soutient-il. Les CPA ont une grande responsabilité envers leurs employeurs et l’ensemble de la collectivité. » Selon lui, l’évolution des normes comptables incitera les employeurs à recruter des CPA qui les aideront à s’y retrouver dans la réglementation et à éviter les pièges.

M. Lang est d’avis que le programme continuera à s’améliorer avec le temps. « Nous devons nous rappeler qu’il s’agit d’un nouveau programme. Il évoluera, tout comme évoluera le nouveau CPA, dit-il. Pour l’instant, il me donne une base solide qui me servira dans ma carrière, peu importe où j’irai. »

La concurrence mondiale et les avancées technologiques continuent de transformer le milieu financier. Dans ce processus de transformation, c’est la vision prospective du nouveau CPA qui sera le meilleur atout de la profession, affirme Charles Henaire, de la Great-West. « Il faut certes continuer d’examiner les chiffres pour comprendre ce qui s’est passé, mais il faut aussi se tourner vers l’avenir pour progresser vers de nouveaux sommets. »

À propos de l’auteur

Rosalind Stefanac


Rosalind Stefanac est rédactrice indépendante à Toronto.

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