Mot du rédacteur en chef : un sujet de préoccupation

Okey Chigbo, rédacteur en chef de CPA Magazine, présente les articles du numéro de décembre 2016.

L’économie clandestine ou souterraine, autrement dit le secteur du « comptant sans reçu », attire beaucoup de gens. À certains endroits au Canada, comme Toronto ou Vancouver, un pourcentage inquiétant de la population paie comptant des services et ne demande pas de reçu. Un sondage mené par Environics en 2010 auprès de 1 113 propriétaires d’habitation en Ontario a révélé que 56 % d’entre eux avaient payé en espèces des rénovations et des réparations résidentielles. Jock Finlayson, du Business Council de la Colombie-Britannique, estime que l’économie souterraine pourrait représenter jusqu’à 10 % du PIB provincial, un chiffre plutôt élevé si on considère que, selon Statistique Canada, celle-ci équivaut à 2,4 % du PIB national.

Qu’y a-t-il de mal à payer en liquide des biens et des services sans garder trace de la transaction? En quoi est-ce nuisible? Au fond, tout le monde y gagne : les clients bénéficient de prix abordables et les ouvriers travaillent. C’est pour répondre à ce genre de questions que nous présentons ce numéro spécial sur l’économie souterraine : deux articles de fond expliquent ce qu’elle est et ce qu’elle signifie, et deux en traitent du point de vue de ses fournisseurs et de ses utilisateurs.

Dans « Un jeu de cache cash », Yan Barcelo nous apprend que, selon Statistique Canada, les principaux secteurs de l’économie souterraine (en pourcentage du total de celle-ci) en 2012 étaient ceux-ci : construction résidentielle (28 %); finance, assurances, immobilier, location, location à bail et activités des sociétés de portefeuille (13 %); commerce de détail (13 %); hébergement et services d’alimentation (12 %).

Dans « Les sombres retombées du travail au noir », Lisa van de Geyn examine les raisons pour lesquelles l’économie souterraine peut être néfaste dans des pays où elle est florissante. Elle donne l’exemple de la Grèce et du rôle qu’ont joué les activités clandestines dans la détérioration de l’économie. The Economist rapportait en 2014 que deux travailleurs grecs sur trois dissimulaient une partie, voire la totalité, de leurs revenus. Mme van de Geyn écrit : « Si rien n’est fait pour la contrer, la montée inéluctable de l’économie clandestine mène à l’augmentation des impôts pour tous, au sous-financement des programmes sociaux, voire à l’effondrement pur et simple du système, comme en Grèce. »

Dans « Travailler dans la clandestinité », Yan Barcelo s’entretient avec des travailleurs qui ne déclarent pas leurs revenus, et dans « Un reçu, s’il vous plaît », Peter Carter raconte en quelles circonstances il a eu recours à des services réglés au comptant sans reçu.

Tous les Canadiens devraient se préoccuper de la question de l’économie souterraine.

À propos de l’auteur

Okey Chigbo


Okey Chigbo est rédacteur en chef de CPA Magazine.

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