Vague de froid

Quelques banques centrales abaissent leurs taux sous zéro pour stimuler l’économie : décryptage.

Au Canada, l’expression «sous zéro» évoque la rigueur de l’hiver. Ces jours-ci, dans les cercles financiers, le «front froid» créé par les banques centrales qui abaissent leurs taux sous zéro fait frissonner de nombreux observateurs, rapporte le Global Post.

En 2009, la Riksbank suédoise était la première banque centrale à instaurer des taux d’intérêt négatifs. Le 11 février, elle s’engageait encore plus profondément dans la zone froide, abaissant son taux de -0,35 % à -0,5 %.

D’autres banques centrales emboîtent le pas, notamment la Banque centrale européenne, la Banque du Japon, la Banque nationale du Danemark et la Banque nationale suisse. Même la Réserve fédérale américaine (qui avait commencé à hausser ses taux) n’écarte pas l’idée d’un revirement radical. 

Décryptage : les banques commerciales déposent des fonds à la banque centrale afin de constituer certaines réserves obligatoires minimales. Depuis la crise financière, beaucoup de ces banques, frileuses, accumulent des sommes largement supérieures aux réserves exigées.

Normalement, la banque centrale paie un intérêt minime sur ces liquidités. Mais si le taux passe en territoire négatif, la banque centrale facture en quelque sorte des frais aux banques sur leurs dépôts. Pourquoi? Elle veut absolument les inciter à remettre en circulation leurs avoirs, pour accorder des prêts qui stimuleront la croissance économique.

Certains économistes redoutent ces taux négatifs. Si les banques décident de faire absorber les coûts à leur clientèle, un climat de panique pourrait s’installer. Elles hésitent, prises entre l’arbre et l’écorce, car absorber les coûts pourrait miner leur rentabilité et déstabiliser le système financier. Et un crédit bon marché pourrait causer des bulles spéculatives… qui risqueraient de crever. Souvenons-nous de la dernière crise financière.