Playing Dead: A Journey Through the World of Death Frauds

Dans son nouveau livre, Elizabeth Greenwood plonge dans le monde mystérieux des gens qui simulent leur propre mort.

Avez-vous déjà songé à repartir à zéro en simulant votre propre mort? C’est ce que certains appellent le « pseudocide ». Et l’auteure Elizabeth Greenwood a eu envie d’emprunter cette porte de sortie. Diplômée en histoire et enseignante dans une école publique du Bronx, la jeune femme est accablée par une dette d’études de 60 000 $. Lors d’un souper au restaurant, un collègue lui suggère en boutade de simuler sa mort. Intriguée, elle fait des recherches et découvre les rouages insoupçonnés d’un milieu trouble.

Elizabeth Greenwood se lance alors dans une enquête qui durera cinq ans. Elle s’entretient notamment avec deux fraudeurs épinglés, leurs proches, et deux enquêteurs renommés, multipliant les questions pour alimenter sa propre réflexion.

L’auteure présente un cas célèbre : le 21 mars 2002, le Britannique John Darwin, de connivence avec son épouse, a fait croire qu’il s’était noyé lors d’une excursion en kayak. Il s’est terré sur une plage déserte quelques semaines, non loin de Seaton Carew, où le couple habitait, dans le nord de l’Angleterre. Sa veuve éplorée a empoché de rondelettes indemnités. Puis le miraculé des eaux est revenu d’outre-tombe, a changé de nom, s’est laissé pousser barbe et moustache, et a réintégré comme chambreur la pension de famille du couple! L’escroc finira par se rendre en 2007 et prétexter l’amnésie, mais la police le démasquera vite. Le fraudeur voulait régler ses lourdes dettes et assurer une retraite confortable à sa femme. Il a été condamné à six ans  de prison, un de ses deux fils a coupé les ponts avec lui, et le couple a divorcé.

L’enquêteur américain Frank Ahearn, lui, sait comment s’y prendre pour s’enfuir sans laisser de traces, une solution préférable, selon lui, au pseudocide. Il raconte que les hommes désirent disparaître pour se soustraire à des dettes ou par amour pour leur maîtresse, tandis que les femmes veulent fuir un conjoint violent.

De son côté, l’Américain Steven Rambam, PDG de Pallorium, un organisme international d’investigation dont le siège social est situé aux États-Unis, a enquêté à l’étranger sur plus de 500 demandes douteuses de capital-décès. Discrètes, les compagnies d’assurance vie ne versent pas l’indemnité quand elles découvrent le subterfuge; elles ne souhaitent pas non plus faire les manchettes et fournir des munitions aux fraudeurs.

Il est plus facile de simuler sa mort dans un pays comme les Philippines, où la corruption est endémique. Elizabeth Greenwood a pu s’y rendre et, avec l’aide d’un enquêteur et employé du National Bureau of Investigation des Philippines, a pu obtenir un « authentique » certificat de décès qui confirme qu’elle a péri dans un accident de voiture.

Au terme de son enquête, désabusée, l’auteure comprend que le pseudocide est moins romantique qu’il n’y paraît; on peut essayer de fuir ses responsabilités, mais le passé – et la réalité – nous rattrape. Entre son faux certificat de décès, qu’elle a conservé à son retour aux États-Unis, et sa vie actuelle, elle a arrêté son choix.