La route de la fortune

Malgré ses origines très modestes, Michael Lee-Chin a plutôt bien mené sa barque question finances, y compris en cas de tempête financière.

Rien ne laissait présager que Michael Lee-Chin deviendrait riche, encore moins milliardaire. Il compte pourtant parmi les Canadiens les plus fortunés. Il se décrit comme une anomalie statistique et dit devoir sa prospérité à une faveur du ciel. « Je suis né en Jamaïque en 1951. Je possède des biens, notamment un yacht et un hélicoptère, mais si j’étais né il y a 250 ans, j’aurais moi-même été un bien que l’on possède. »

L’esclavage n’avait plus cours en Jamaïque dans les années 1950, mais la vie de M. Lee-Chin n’était pas facile pour autant. Aîné de neuf enfants, il a acquis très tôt le sens des responsabilités. « Nos deux parents travaillaient, il fallait veiller les uns sur les autres. » Le père adoptif de M. Lee-Chin cumulait trois emplois pour subvenir aux besoins de la famille. Quant à sa mère, qui a d’abord vécu seule avec son fils pendant huit ans, il lui est reconnaissant d’être restée auprès de lui à une époque où de nombreuses femmes étaient forcées d’aller travailler à l’étranger. « De son temps, les mères célibataires confiaient leur enfant à la grand-mère et partaient vivre en Angleterre, d’où elles envoyaient de l’argent, relate-t-il. Mais ma mère a refusé de me laisser. Si elle l’avait fait, ma vie aurait été tout autre. »

Les grands espoirs que nourrissait sa mère à son égard sont à l’origine de l’assurance qui anime M. Lee-Chin encore aujourd’hui. « Ma mère raconte que lorsque j’avais 10 ans, à Port Antonio, j’étais impatient de voir arriver les cargos de bananes. Et elle me surprenait en train de poser toutes sortes de questions aux capitaines. » Cette assurance dès la tendre enfance ainsi que les conseils d’un instituteur ont guidé la première décision clé de M. Lee-Chin : devenir ingénieur. Ce dernier avait en effet démontré très tôt son aptitude pour les mathématiques et les sciences, et son professeur lui avait suggéré de devenir enseignant ou ingénieur. « Je n’avais pas la patience qu’il faut pour enseigner, dit-il. J’ai donc choisi l’ingénierie. »

En 1970, M. Lee-Chin est venu étudier à l’Université McMaster, à Hamilton (Ont.), après avoir travaillé un an dans le laboratoire d’une entreprise de bauxite en Jamaïque afin de pouvoir payer ses études. Mais à la fin de sa première année d’université, il s’est rendu compte qu’il n’avait pas assez d’argent pour les années suivantes. « On était en juillet 1971, et il me fallait 2 000 $ pour septembre, mais je n’avais que 600 $ de côté. Impossible de gagner 1 400 $ en août. Désespéré, j’ai écrit au premier ministre de la Jamaïque, Hugh Shearer. Je n’avais rien à perdre. » Il a rappelé au premier ministre que son gouvernement recrutait souvent des diplômés de la faculté d’ingénierie de McMaster, ajoutant qu’on ne pouvait récolter que ce qu’on avait semé. Et celui-ci lui a répondu : « Quand vous viendrez à la Jamaïque, passez me voir. » M. Lee-Chin a donc pris 400 $ de ses 600 $ pour acheter un billet d’avion et il est allé montrer son relevé de notes au secrétaire permanent du cabinet du premier ministre. Il est reparti avec une bourse d’études de 5 000 $ par an, pour trois ans. Plus du double de ce qu’il lui fallait! « J’ai même pu envoyer de l’argent à ma famille », se souvient M. Lee-Chin.

À la fin de ses études, en 1977, faute de trouver un emploi d’ingénieur, il est entré dans le Groupe Investors. « Je n’avais aucune expérience de la vente, et il me fallait chercher des clients à qui je devais offrir des fonds communs de placement, raconte-t-il. Pour quelqu’un de 26 ans avec un fort accent jamaïcain, c’était assez intimidant. J'ai commencé en mai, j’ai reçu une formation de cinq jours, et j’étais censé dresser une liste de clients potentiels pour le lundi suivant. Je ne connaissais personne qui avait de l’argent à investir. Au cours du weekend, ma tension artérielle est montée en flèche! » Mais en allant chercher sa mère à l’aéroport, M. Lee-Chin a eu une idée. « Il y avait des gens occupés à jardiner. Je me suis dit : ce sont eux, mes clients! » S'armant de courage, il est allé leur parler, adressant à chacun un petit laïus sur la façon de payer moins d’impôt et de constituer un patrimoine. Il a obtenu un rendez-vous avec cinq des six personnes abordées.

Servir ses clients le passionne. « Je me suis demandé comment faire pour me tailler la meilleure réputation possible. Comment m’assurer que j’accorde toute l’importance nécessaire à mes clients? Le moyen : les aider à devenir riches! Et s’il existait une formule qui, appliquée de façon constante, permettait invariablement de s’enrichir, c’est cette formule que je leur offrirais. » C’est ce qu’il appelle son cadre de référence : investir autrement, comme le font les riches.

Tôt dans sa carrière, M. Lee-Chin a réussi un exploit. En 1983, à 32 ans, il a emprunté 500 000 $ qu’il a investis dans la Corporation Financière Mackenzie. En 1987, cet investissement valait 3,5 M$. Grâce à ses profits, il a acheté l’entreprise AIC ltée pour la somme 200 000 $. À l’époque, cette société avait des actifs sous gestion pour une valeur d’environ 800 000 $. Il l’a transformée en une société gérant des milliards de dollars.

LES CRISES

M. Lee-Chin a été pendant des années une grande vedette du milieu de la finance. Mais le gonflement de la bulle technologique a fait fuir ses fans. Et c’est un article paru peu après dans le Globe and Mail qui a inspiré à M. Lee-Chin la création d’une solide assise qui lui permettrait de surmonter la prochaine crise, laquelle est survenue près de 10 ans plus tard.

L’article intitulé « AIC’s Disadvantage: No Street Friends » (une allusion aux investisseurs de Bay Street qui tournaient le dos aux fonds d’actions AIC Advantage) soutenait qu’AIC avait perdu tous ses appuis à la Bourse de Toronto. En 1999, plus personne ne voulait détenir des actions de sociétés traditionnelles comme la Banque TD, Loblaws, CI Financial ou le Groupe Investors, dont les fonds AIC Advantage étaient constitués. Tout le monde voulait des actions de sociétés novatrices. Les cours de sociétés comme BCE ou Nortel étaient extrêmement élevés, leurs actions se négociant respectivement à 100 fois et 200 fois les bénéfices. Les investisseurs boudaient AIC et exigeaient le rachat de leurs parts pour investir plutôt dans des sociétés en vogue. L’article du Globe and Mail prédisait que tôt ou tard, M. Lee-Chin devrait vendre les actions de ses fonds pour répondre aux demandes de rachat. Et quand il vendrait, sa décision ferait plonger les titres encore plus bas. Le journaliste conseillait implicitement aux lecteurs de vendre leurs actions au plus vite, avant que ne le fasse M. Lee-Chin.

« Cet article, qui m’attendait sur mon bureau le jour de sa publication, m’a donné la nausée, confie M. Lee-Chin. Mais je me suis rappelé la définition chinoise du mot crise : il y a crise lorsque le danger croise la route des possibilités. Quelles étaient mes possibilités? On prédisait que j’en serais réduit à vendre pour honorer les demandes de rachat. Et si je faisais le contraire? Si j’achetais? » Comme il devait conserver l’encaisse des fonds pour faire face aux rachats, M. Lee-Chin n’avait d’autre choix que d’emprunter s’il voulait acheter. Il a donc appelé son bon ami Lawrence Bloomberg, administrateur de la Banque Nationale du Canada, et lui a demandé un prêt de 50 M$. Après vérification auprès du siège social, M. Bloomberg lui a fait l’offre suivante : « Si tu investis 50 M$ de ta poche, la Banque t’accordera le prêt. »

M. Lee-Chin a accepté. Et il a utilisé les 100 M$ pour acheter, à 15 $ l’action, la Corporation Financière Mackenzie, l'entreprise même qui lui avait valu sa première réussite financière. Un an plus tard, les offres affluaient. C’est finalement le Groupe Investors qui, en 2001, a acheté Mackenzie au prix de 30 $ l’action. « J’ai doublé ma mise en 18 mois à peine », se félicite M. Lee-Chin. En 2009, il a aussi vendu le portefeuille de fonds de placement de détail d’AIC.

M. Lee-Chin explique qu’il est passé au travers de la crise suivante, soit la récession mondiale de 2008-2009, grâce à une combinaison de ses actifs non liquides, de ses principes et de son cadre de référence. « À l’origine de la crise, il y avait un problème d’évaluation à la valeur du marché. Les cours baissaient, baissaient, et la spirale semblait sans fin. Les appels de marge se multipliaient. » Ses actifs non liquides (la Banque commerciale nationale de Jamaïque, Columbus Communications Ltd., ses biens immobiliers, etc.) l’ont préservé de la récession. « Mes actifs à moi n’étaient pas soumis aux fluctuations du marché. Un portefeuille ne devrait jamais être constitué uniquement de titres cotés en bourse. »

LE CADRE DE RÉFÉRENCE

Le cadre de référence que M. Lee-Chin a élaboré en 1978, et auquel il se conforme encore aujourd’hui, repose sur les cinq lois qu’il a énoncées quant à la création de la richesse : détenir quelques entreprises de haute qualité, comprendre ces entreprises à fond, privilégier les secteurs à croissance durable, utiliser l’argent des investisseurs avec prudence et conserver ses placements durant une longue période, voire d’une génération à l’autre.

Pour devenir riche, M. Lee-Chin explique qu’il faut s’imaginer à la retraite. « On a des obligations envers la personne qu’on deviendra, affirme-t-il. Comment s’en acquitter si on a un passif non liquide à long terme? » Il donne l’exemple suivant : « Votre client, Max, vient d’acheter un centre commercial. Un conseiller lui recommande de financer son achat à l’aide de sa carte de crédit. Max sait que ça n’a pas de sens et fonce dans votre bureau. » Selon M. Lee-Chin, vous devez conseiller à Max d’appliquer la règle primordiale de l’emprunt : les actifs à long terme requièrent un financement à long terme. « Ne jamais financer une obligation à long terme à l’aide d’un financement à court terme. Si le prêteur exige le remboursement, vous êtes cuit! Le principe de base est la correspondance des termes. »

LIQUIDITÉS, ILLIQUIDITÉS

M. Lee-Chin donne un autre exemple pour illustrer les passifs non liquides à long terme.

« Vos clients, Sarah et Jordan, dans la trentaine, souhaitent vendre leur entreprise. Vous leur recommandez de faire appel à un évaluateur. Celui-ci procède à l’évaluation de l’entreprise en tenant compte des aspects qualitatifs. Il explique à vos clients qu’en bourse, les sociétés semblables à la leur se négocient à 10 fois leur bénéfice, c’est-à-dire qu’un investisseur serait prêt à payer 10 $ pour chaque dollar de bénéfice de l’entreprise. Les sociétés examinées ont des actifs liquides, donc ce chiffre correspond bien à leur valeur. Cependant, les actifs de l’entreprise de Sarah et de Jordan ne sont pas liquides; l’évaluateur doit donc appliquer un escompte d’illiquidité. Il s’agit d’un facteur qui réduit la valeur de 25 % à 40 % par rapport aux sociétés comparables cotées en bourse. L’entreprise de vos clients vaut donc entre 6 et 7,5 fois son bénéfice, et non 10 fois. »

M. Lee-Chin propose d’étudier le cas du point de vue d’un investisseur qui souhaite investir dans une entreprise semblable à celle de Sarah et Jordan. Celui-ci peut acheter une société cotée en bourse, ou choisir l’entreprise de vos clients, qui lui coûtera 6 $ par dollar de bénéfice.

La seconde possibilité est attrayante pour l’investisseur, car s’il paie 6 $, il obtiendra un ratio bénéfice-cours de 16,7 %. Même qualité, risque équivalent. Mais quelle est la différence sur une longue période entre un ratio de 10 % et un ratio de 16,7 %? Une somme de 100 000 $ investie à 10 % pendant 40 ans rapporte 4,5 M$. Mais la même somme placée à 16,7 % pendant 40 ans rapportera 47 M$!

« Pourquoi alors ne pas choisir l’option à 47 M$? demande M. Lee-Chin. Pourquoi les investisseurs qui pourraient devenir riches ne le deviennent-ils pas? Parce que le secteur est rempli de conseillers qui ne leur offrent pas cette possibilité. L’écosystème de la finance ne vend que des titres liquides. »

M. Lee-Chin souligne avec passion que le choix n’a jamais vraiment été offert au Canadien moyen. Les portefeuilles sont presque toujours constitués à 100 % de titres liquides : obligations, actions et parts de fonds communs de placement. Or, personne n’a besoin que ses actifs soient tous liquides.

Au Canada, on sait depuis longtemps que les caisses de retraite réussissent généralement mieux que les meilleurs gestionnaires de fonds communs de placement. Pourtant, comme le remarque M. Lee-Chin, les objectifs d’une caisse de retraite comme le RPC (Régime de pensions du Canada) ou l’OMERS (Régime de retraite des employés municipaux de l’Ontario) sont essentiellement les mêmes que ceux des particuliers : revenus, croissance, liquidités, préservation du capital et réduction de l’impôt. Le secteur des valeurs mobilières ne sert pas bien le Canadien moyen parce qu’il ne lui offre que trois possibilités : titres à revenu fixe cotés en bourse, actions de sociétés ouvertes et liquidités. De plus, la plupart des Canadiens investissent dans des REER, et ces abris fiscaux n’autorisent pas les actifs non liquides. « L’investisseur moyen est donc forcé de choisir l’option de 4,5 M$. Le secteur ne lui donne pas accès à celle de 47 M$. »

M. Lee-Chin est tellement persuadé que tous les Canadiens devraient avoir accès à la richesse qu’il a milité pour l’assouplissement des règles ontariennes sur les placements privés (un investisseur qualifié doit posséder une valeur nette patrimoniale élevée, avoir des revenus considérables et très bien s’y connaître en placements, entre autres choses).

Que réserve l’avenir à celui qui, dans son enfance, surveillait l’arrivée des bateaux à Port Antonio? En avril dernier, il a été nommé par l’actuel premier ministre de la Jamaïque, Andrew Holness, à la présidence d’un nouveau Conseil de la croissance économique. Ce groupe conseillera le gouvernement sur un ensemble de projets visant à stimuler la croissance économique du pays. M. Lee-Chin, à qui l’on demandait en quoi consisteraient au juste ses tâches, a répondu en riant : « C’est ce que vous découvrirez dans un des prochains numéros de CPA Magazine! »

UN CADRE DE RÉFÉRENCE EN MATIÈRE D’INVESTISSEMENT

Le cadre de référence de M. Lee-Chin en matière de création de la richesse repose sur cinq lois :

Loi n° 1 : Détenir quelques entreprises de haute qualité
Loi n° 2 : Comprendre ces entreprises à fond
Loi n° 3 : Privilégier les secteurs à croissance durable
Loi n° 4 : Utiliser l’argent des investisseurs avec prudence
Loi n° 5 : Conserver ses placements durant une longue période, voire d’une génération à l’autre

« La clé de la réussite consiste à réduire les erreurs, soutient M. Lee-Chin. Et la seule façon d’y parvenir est de se conformer à un cadre de référence ancré dans des principes. »

Voici certains principes fondamentaux en matière d’investissement :

Principe n° 1 : Suivre un cadre de référence
Principe n° 2 : Contrôler ses émotions
Principe n° 3 : Avoir accès à des actifs non liquides

Pour M. Lee-Chin, tous les Canadiens, et pas seulement les riches, devraient avoir accès aux meilleures possibilités de placement.


AIC ET L’ENQUÊTE DE LA COMMISSION DES VALEURS MOBILIÈRES DE L’ONTARIO

En 2003, la CVMO a entrepris une enquête sur les pratiques de négociation des fonds communs de placement d’une centaine de sociétés, dont AIC. Pour des motifs d’ordre juridique, M. Lee-Chin ne nous a fait aucun commentaire sur le sujet, mais la CVMO n’a découvert aucune preuve de malversations de la part des employés d’AIC. Toutefois, elle a conclu qu’AIC avait permis à certains investisseurs tiers d’effectuer, entre 1999 et 2003, des opérations d’arbitrage sur valeur liquidative ayant rapporté 127 M$ de profits. La CVMO a jugé qu’AIC avait failli à son obligation de protéger les intérêts de certains des fonds et que ces opérations étaient « contraires à l’intérêt public ». En décembre 2004, AIC a dû verser 58,8 M$ à ses investisseurs en guise de règlement. AIC a collaboré entièrement à l’enquête de la CVMO.

(Source : Instances de la CVMO, « In the Matter of the Securities Act, R.S.O. 1990, c.s.5, as amended and AIC Limited », Entente de règlement)

AIC ET L’ENQUÊTE DE LA COMMISSION DES VALEURS MOBILIÈRES DE L’ONTARIO

En 2003, la CVMO a entrepris une enquête sur les pratiques de négociation des fonds communs de placement d’une centaine de sociétés, dont AIC. Pour des motifs d’ordre juridique, M. Lee-Chin ne nous a fait aucun commentaire sur le sujet, mais la CVMO n’a découvert aucune preuve de malversations de la part des employés d’AIC. Toutefois, elle a conclu qu’AIC avait permis à certains investisseurs tiers d’effectuer, entre 1999 et 2003, des opérations d’arbitrage sur valeur liquidative ayant rapporté 127 M$ de profits. La CVMO a jugé qu’AIC avait failli à son obligation de protéger les intérêts de certains des fonds et que ces opérations étaient « contraires à l’intérêt public ». En décembre 2004, AIC a dû verser 58,8 M$ à ses investisseurs en guise de règlement. AIC a collaboré entièrement à l’enquête de la CVMO.

(Source : Instances de la CVMO, « In the Matter of the Securities Act, R.S.O. 1990, c.s.5, as amended and AIC Limited », Entente de règlement)

À propos de l’auteur

Kelley Keehn


Kelley Keehn est formatrice en finances personnelles à Edmonton.

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