Panique sur les marchés émergents

Les capitaux fuient les économies émergentes : la croissance s’essouffle et les dévaluations sont inévitables, comme en Chine.

Pensez aux épargnants affolés qui font la queue devant une banque en difficulté : ici, ce sont des économies entières, soit les marchés émergents, qui accusent le coup.

Ce n’est pas la première fois, ces dernières années, que de grands investisseurs délaissent les marchés émergents. Mais cette fois-ci, l'exode des capitaux atteint un paroxysme, rapporte le Financial Times. Quand les marchés ont sombré, au cours des trois pires trimestres de la crise, on a vu 480 G$ US fuir les 19 principales économies émergentes. Pendant la période de 13 mois qui s’est terminée en juillet, les sorties de capitaux se sont chiffrées au double ou presque, soit 940,2 G$ US.

C’est un renversement massif de la tendance qui a vu affluer sur ces marchés plus de 2 000 G$ US dans les cinq années post-crise.

Plusieurs facteurs expliquent l’exode actuel. Le principal? Les marchés émergents ne sont plus les locomotives de l’économie mondiale, rôle qu’ils jouaient depuis la crise financière. Et la croissance y ralentit, surtout en Chine; bien des monnaies s’affaiblissent.

Les récentes dévaluations du renminbi chinois et les hausses prévues des taux d’intérêt par la Réserve fédérale américaine jettent de l’huile sur le feu, et la tendance n’a rien de passager. « Ces sorties de capitaux s’intensifieront », avance Maarten-Jan Bakkum, stratège principal, Marchés émergents à NN Investment Partners.