Profil technologique : êtes-vous précoce, hâtif, tardif ou réticent?

Connaître votre profil technologique vous aide à faire le point lorsque de nouvelles technologies arrivent sur le marché.

La théorie du « cap à franchir » explique pourquoi certaines innovations changent le monde tandis que d’autres échouent. Pensons au duel des magnétoscopes vidéo Beta et VHS. La technologie Beta, supérieure, a été écrasée par la technologie VHS, qui avait franchi le cap. Dans son ouvrage Crossing the Chasm: Marketing and Selling Disruptive Products to Mainstream Customers, Geoffrey Moore propose un modèle sociologique du cycle de vie des technologies, selon différents profils de consommateurs (voir le graphique).

Certains innovateurs férus de technologie feront la queue pour s’emparer du dernier gadget Apple sans même l’avoir vu. S’ils sont séduits, ils le feront savoir et éveilleront la curiosité des autres consommateurs.

Les adopteurs précoces talonnent ces innovateurs. Adeptes des nouveautés, ils ont hâte d’en tirer profit. Pragmatique, le contingent de la majorité hâtive souhaite quand même avoir des preuves en main. Puis arrive celui de la majorité tardive, prudente. Enfin, en queue de peloton, on trouve les adopteurs réticents, qui n’acceptent que la norme établie. Ils résistent au changement et ne cèdent que sous la contrainte.

Pourquoi se préoccuper de cette typologie des adopteurs? Connaître votre profil vous aide à faire le point. Quelles innovations s’enracineront? Comment prendre des décisions éclairées? Par exemple, Office 365 propose de nouveaux modes de communication. L’adopteur précoce s’intéressera à cet outil pour bénéficier d’un avantage concurrentiel notable, quand la technologie sera consacrée par l’usage.

Dans une chronique précédente, j’évoquais la surabondance d’options et la notion de « longue traîne », c’est-à-dire le nombre croissant de produits toujours plus ciblés. Or, pour s’imposer, toute innovation doit franchir le cap entre les adopteurs précoces et la majorité hâtive. Ce chemin vers l’acceptation commence par les innovateurs qui s’adressent aux adopteurs précoces, lesquels communiquent avec la majorité hâtive, et ainsi de suite.

Je me range parmi les adopteurs précoces : je patiente pendant la période de rodage avant d’adopter un nouveau produit, puis je l’intègre dans mon travail et je détermine comment mes collègues peuvent en tirer parti. Ainsi, les adopteurs précoces définissent les protocoles d’une prise en charge par l’ensemble des utilisateurs.

Nombre de mes clients font partie de la majorité hâtive. Par exemple, avant de commencer à se servir d’un produit comme CaseWare 2015, ils attendent mon feu vert. Puis, ils s’enthousiasmeront et convaincront d’autres membres de la majorité hâtive d’emboîter le pas, jusqu’à ce que la grande majorité finisse par suivre leur exemple.

Les taux de succès et d’adoption d’un produit n’ont parfois rien à voir avec la campagne de marketing. Ce qui compte, c’est la façon dont les consommateurs communiquent et exploitent les réseaux sociaux pour mettre en commun leurs opinions. Quand l’implantation réussit, elle engendre soit l’effet tornade, lorsque la technologie déferle comme une tempête, soit l’effet allée de quilles, lorsqu’elle finit largement plébiscitée, mais dans un créneau étroit.

Quand j’ai décidé de me défaire de mon BlackBerry, je me suis tourné vers la majorité hâtive. J’ai opté pour un téléphone Samsung sur plateforme Android : c’est le choix qu’avait fait la majorité, ce qui m’a confirmé que le produit avait franchi le cap et qu’un effet tornade s’était produit. Mais quand arrivera la prochaine déferlante? Vous saurez désormais quels indices déceler pour trouver des réponses.