Le bitcoin, monnaie de singe ou marchandise?

Qu’est-ce que le bitcoin? La réponse retenue aux États-Unis sème la controverse.

Coup de théâtre : le 17 septembre, la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) américaine a décrété que le bitcoin était une marchandise réglementée. Une vive controverse parmi les utilisateurs de la monnaie virtuelle en a résulté.

« Qu’est-ce que le bitcoin? », s’interroge une journaliste dans un article récent du site Bloomberg. Est-ce un bien qu’on possède? Une monnaie, donc quelque chose qui se dépense? Ou une marchandise, c’est-à-dire une matière achetée et vendue dans un marché, un élément négociable?

La décision de la CFTC vise un effet pratique et immédiat : la réglementation des transactions entourant la cryptomonnaie sur les marchés à terme. Ces opérations foisonnent, tout comme les possibilités d’actes répréhensibles.

Bloomberg a demandé à quelques acteurs de la communauté du bitcoin leur réaction face à la décision de la CFTC.

Vili Lehdonvirta, chercheur à l’Oxford Internet Institute, reconnaît qu’il y a une multitude de points de vue sur le sujet : « Les décisions qui définissent le Bitcoin, par inclusion ou exclusion de certaines caractéristiques particulières, sont prises à des fins précises. Et elles ont souvent été interprétées hors contexte. »

« Ce n’est pas raisonnable », avance Gareth Grobler, fondateur d’IceCUBED, une place boursière du bitcoin. « Si cette décision déplaît à certains intervenants, pour en éviter les répercussions, ils réaliseront leurs transactions à l’étranger. Le bitcoin a des usages multiples : il peut être négocié comme une marchandise, mais c’est également une monnaie, voire une technologie. »

Stephen Kinsella, chargé d’enseignement en économie à l’Université de Limerick, en Irlande, juge qu’il est « prudent de classer le bitcoin comme un élément qui prête peu à la polémique, comme un bien acheté et vendu contre une somme d’argent, plutôt que de lui conférer un aspect controversé, comme c’est le cas pour la monnaie ou un autre actif financier ».

« Comme monnaie, le bitcoin a tout pour déplaire, explique-t-il, vu sa grande tendance déflationniste et la bulle qui l’entoure. En faire un produit? La décision se défend, mais autant vendre des lopins sur la Lune, sans valeur intrinsèque. Certes, les spéculateurs se frottent les mains, car on peut réaliser de remarquables profits sur cette monnaie virtuelle, mais en faire une marchandise ne suffit pas. C’est plutôt un actif de l’ombre. »

À propos de l’auteur

Yan Barcelo


Yan Barcelo est journaliste dans la région de Montréal.

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