Mot du rédacteur en chef: Enjeux de société

Okey Chigbo, rédacteur-en-chef de CPA Magazine, présente les articles du numéro de mars 2015.

Le gourou de millions de personnes, Deepak Chopra, que beaucoup ont découvert par l’entremise d’Oprah Winfrey, est un homme très controversé, peut-être parce qu’il prêche que la mort est une illusion. Son homonyme canadien, Deepak Chopra, pdg de Postes Canada, est moins connu mais tout aussi controversé. Les mesures prises par ce dernier pour préserver la société d’État en agacent plus d’un.

L’histoire des services postaux canadiens commence en 1753, lorsque Benjamin Franklin, l’un des pères fondateurs des États-Unis, ouvre le premier bureau de poste à Halifax. À compter de 1771, un service de messagerie hebdomadaire est offert toute l’année entre Montréal et New York. En 1833, un premier navire à vapeur transportant du courrier traverse l’Atlantique. Dès 1836, le courrier est acheminé par voie ferrée et, dès 1918, par avion. En 2006, Postes Canada a livré du courrier à 14,8 millions d’adresses, pour un total de 11,6 milliards de livraisons. En 2012, le nombre de livraisons était tombé à 9,7 milliards.

Notre article-vedette porte ce mois-ci sur le comptable Deepak Chopra, nommé à la tête de Postes Canada en 2011. M. Chopra a fait l’objet de vives critiques depuis sa nomination, comme si la baisse de popularité des services postaux ne lui causait pas déjà suffisamment de soucis. Il attribue cette baisse à l’iPad, qu’il considère comme un véritable concurrent du papier. Dans « En poste! », Paul Brent rapporte que malgré tous les défis (négociations collectives tendues, grève, lock-out, déficit de la caisse de retraite, verglas, critiques de la décision de mettre fin au service à domicile), M. Chopra « s’en est tenu aux chiffres, répétant que Postes Canada doit évoluer ». Tel un héros de récit épique, Deepak Chopra est déterminé à contrer les dangers qui menacent d’anéantir une grande institution. Il ne faut rater la lecture de cet article sous aucun prétexte.

Dans « Parlons fabrication », Yan Barcelo se demande si, dans notre société postindustrielle, la fabrication n’est pas chose du passé. Si les fournisseurs de services peuvent maintenant soutenir à eux seuls l’économie, avons-nous toujours besoin du secteur manufacturier? M. Barcelo rapporte que la part de la fabrication dans le PIB des États-Unis est passée de 24,3 % en 1970 à 12,8 % en 2010 et que, selon certains économistes, cette baisse s'avère positive, compte tenu de la nature « primitive » de la fabrication, qui peut être délocalisée en Chine.

Cette vision postindustrielle s’est imposée dans de nombreux pays occidentaux au cours des 40 dernières années, mais la tendance semble désormais s’inverser. L’auteur se penche sur le retour de l’idée selon laquelle le secteur de la fabrication est essentiel à l’économie.