Ainsi va l’argent…

Un grand nombre de gagnants à la loterie dépensent leur gros lot en un temps record. Un CPA pourrait les aider à faire durer et fructifier leur gain.

Être millionnaire! Ce beau rêve est l’œuvre des concepteurs de loteries dont les annonces publicitaires présentent des gagnants ravis et insouciants qui s’amusent dans des endroits exotiques. Bien des gens caressent ce rêve.

Selon la Société des loteries et des jeux de l’Ontario, près de la moitié des adultes ontariens jouent à la loterie au moins une fois tous les deux mois.

Or, à en croire les médias, la liberté que procure un billet gagnant est souvent éphémère. Par exemple, Sharon Tirabassi, de Hamilton, en Ontario, a dépensé les 10,5 M$ gagnés à la loterie en neuf ans à peine. Aujourd’hui, elle va travailler en autobus et n’a que sa paye pour subvenir à ses besoins.

Il a été démontré que plus le lot remporté est élevé, plus grandes sont les probabilités que les gagnants le dépensent rapidement. Dans le cadre d’une étude américaine, on a comparé des groupes de gagnants et on a constaté que les personnes qui avaient gagné entre 50 000 $ US et 150 000 $ US étaient plus susceptibles de déclarer faillite après une période de trois à cinq ans que celles ayant gagné 10 000 $ US ou moins.

Sarah, une mère de deux enfants qui habite dans le sud de l’Ontario, estime être l’exemple parfait de ce qu’il ne faut pas faire. Il y a cinq ans, elle et son mari d’alors ont gagné 83 000 $ à la loterie Pro-Line (où l’on parie sur des événements sportifs). Six mois plus tard, ils avaient tout dépensé. « Heureusement, j’ai convaincu mon mari de payer le prêt-auto et le solde d’une carte de crédit, car notre situation financière était désastreuse, dit-elle. Mais nous avons dépensé la moitié du montant pour des choses stupides comme organiser des soirées ou acheter un lecteur de DVD de 400 $ à un ami. Mon mari gagnait bien sa vie, et nous n’avons pas investi un sou. »

Faire appel à un CPA lorsqu’on gagne à la loterie peut aider à se fixer des objectifs et à trouver des moyens réalistes de faire durer ses gains.

Voici des exemples d’erreurs courantes commises par les gagnants, et des conseils pour éviter ces erreurs.

Erreur no 1 : Dépenser sans réfléchir

Quand on se retrouve tout à coup avec beaucoup d’argent, on a envie de le dépenser et d’en donner. Selon Cynthia Kett, CPA et directrice chez Stewart & Kett Financial Advisors Inc. à Toronto, un grand nombre de gagnants prennent des décisions sous le coup de l’émotion. « Il est préférable de dépenser une toute petite partie des gains de loterie pour s’amuser et de mettre le reste de côté pendant quelques mois avant de prendre des décisions », déclare Mme Kett, qui a aidé plusieurs gagnants de gros lots.

Steve Woloshyn, un comptable de Kelowna, en Colombie-Britannique, qui a gagné un million de dollars à la loterie en 2014, estime lui aussi qu’il faut prendre le temps de réfléchir. « Nous avons acheté un CPG avec nos gains de loterie pour avoir le temps de décider ce que nous ferions, dit-il. C’est grisant de pouvoir acheter ce qu’on veut, mais il est facile de tout dépenser en quelques mois. » Il recommande d’attendre avant de prendre de grandes décisions afin de s’habituer à sa nouvelle situation.

Erreur no 2 : Quitter son emploi

« Si on n’a pas l’habitude de s’occuper de sommes importantes, on peut croire qu’un million de dollars représente beaucoup d’argent », ajoute Mme Kett.

Elle se souvient d’un client qui, en 1998, a quitté son emploi à l’âge de 30 ans après avoir gagné 4 M$. « Il peut se permettre de ne pas travailler, mais il a dû vendre son chalet et reprendre un mode de vie plus normal, dit-elle. Les personnes qui gagnent le gros lot à un jeune âge ne doivent pas oublier qu’elles pourraient vivre pendant encore 65 ans. » Selon Mme Kett, les gagnants croient souvent pouvoir vivre de leurs placements. « Si vous ne travaillez plus et n’avez plus de revenus, que ferez-vous si vos placements affichent un piètre rendement? »

Erreur no 3 : Se passer d’un conseiller financier

Les gens savent mieux gérer leur argent de nos jours. Toutefois, seul un expert financier qualifié comprend les complexités tant du régime fiscal et des placements à l’étranger que de la planification successorale.

Selon les experts, les gagnants doivent trouver le meilleur moyen de conserver et faire fructifier leur richesse.

« Un grand nombre de personnes ne comprennent pas les fourchettes d’imposition », déclare Suzanne Schultz, CPA, spécialiste de la planification successorale à RBC Gestion de patrimoine et auteure de Tax Tips for Canadians for Dummies. « Elles croient pouvoir faire des placements sans risque qui offriront un rendement de 10 % et vivre des intérêts. »

Elle souligne qu’un CPA qualifié peut indiquer à son client une façon de réduire ses impôts ou de fractionner son revenu entre les membres de sa famille. « Par exemple, si un client âgé souhaite laisser de l’argent à ses descendants, il pourrait souscrire une assurance-vie permanente au nom de ses enfants afin que ses petits-enfants en bénéficient sans payer d’impôt. »

Cynthia Kett ajoute que certaines personnes n’avaient jamais eu besoin d’un conseiller financier avant de gagner à la loterie. « Les CPA doivent être d'un abord facile, car ils peuvent sembler intimidants aux personnes qui n’ont pas l’habitude de travailler avec un avocat ou un comptable. Les clients doivent bien comprendre que nous pouvons les aider à élaborer un plan de gestion de leurs avoirs. »

Erreur no 4 : Acheter un château en Floride

Certains gagnants veulent acheter une maison de rêve ou une résidence secondaire, et oublient les coûts d’entretien, les frais de copropriété et les impôts fonciers.  « Les gens ne pensent pas aux conséquences de laisser une résidence inoccupée pendant neuf mois », soutient Tony Maiorino, vice-président et chef de RBC Gestion de patrimoine. « En plus du coût d’achat, il y a l’érosion du capital à long terme. » Il ajoute qu’un expert financier peut aider le gagnant à acheter une propriété au Canada ou à l’étranger. « Si vous achetez un chalet pour la famille, il pourrait être préférable de créer une fiducie familiale. Aux États-Unis, vous pourriez contracter un prêt hypothécaire sans recours. »

Erreur no 5 : Donner sans compter

« Les gagnants des loteries doivent apprendre à dire non ou pas tout de suite, sinon ils n’atteindront pas leurs objectifs », précise M. Maiorino. Des clients lui disent souvent que des personnes à qui ils n’ont pas parlé depuis longtemps leur demandent de leur prêter de l’argent ou d’investir dans une bonne affaire. « Dans bien des cas, dit-il, on peut attendre 30 ou 90 jours avant d’aider un ami ou un membre de la famille. En général, les personnes qui prennent une décision sans en parler à un professionnel en qui elles ont confiance le regrettent amèrement. »

À propos de l’auteur

Rosalind Stefanac


Rosalind Stefanac est rédactrice indépendante à Toronto.

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