Le revenu des ménages américains sous la loupe

Contrairement à l’opinion courante, le revenu des ménages américains a commencé à baisser il y a à peine dix ans.

Les pertes de revenu qui frappent aujourd’hui les ménages américains sont un phénomène plutôt nouveau, selon la Brookings Institution. Dans un rapport récent, l’organisme révèle que ces baisses sont survenues surtout durant la dernière décennie et qu’elles seraient liées aux politiques des deux dernières administrations.

Dans l’étude, l’économiste Robert Shapiro s’appuie sur des statistiques du Census Bureau pour analyser le revenu de cohortes d’âge dont il suit l’évolution au fil des ans — une technique qui diffère nettement de l’habituelle analyse globale du revenu sur plusieurs décennies.

Globalement, le revenu médian des ménages est passé de 46 058 $ US en 1975 à 56 814 $ US en 2000, puis est resté stable jusqu’en 2007 avant de reculer à 51 816 $ US en 2013.

L’interprétation par cohorte d’âge brosse un tableau plus nuancé. Les Américains de 25 à 29 ans ayant amorcé leur carrière en 1975, 1981 et 1991 ont vu leur revenu médian croître solidement au cours des ans. Dans la cohorte de 1975, selon la croissance moyenne observée, un revenu qui se chiffrait à 48 499 $ US cette année-là a atteint 78 458 $ US en 2000. Après ce sommet, le revenu atteint a décliné régulièrement jusqu’à 50 017 $ en 2013, une baisse que les départs à la retraite ne peuvent expliquer qu’en partie.

La dernière cohorte (2001), dont le revenu de départ était plus élevé, à 53 389 $ US, gagnait 65 000 $ US en 2013. Cette hausse de 11 611 $ US en 12 ans est nettement inférieure aux augmentations de plus de 20 000 $ US constatées chez les cohortes précédentes dans leurs 12 premières années de croissance du revenu.

Les gains annuels moyens les plus élevés ont été enregistrés durant les administrations Clinton et Reagan, note M. Shapiro; pendant les années Bush et Obama,  la croissance du revenu était inférieure chez les plus jeunes, faible chez les travailleurs dans la mi-trentaine et négative chez les 45 à 49 ans.

Les facteurs positifs des ères Clinton et Reagan, selon Robert Shapiro : des mesures fiscales favorisant des investissements accrus des entreprises, des investissements publics pour moderniser les infrastructures, un meilleur accès à l’éducation et un plus grand appui à la recherche-développement.

À propos de l’auteur

Yan Barcelo


Yan Barcelo est journaliste dans la région de Montréal.

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