S’adapter ou mourir

Nous subissons un raz-de-marée technologique qui bouleverse notre façon de vivre et nos habitudes de consommation. La meilleure chose à faire? Suivre le courant.

Voici une nouvelle qui pourrait effrayer les milliers de travailleurs canadiens de l’aéronautique : le constructeur Boeing s’intéresse à la technologie d’impression en 3D et, le printemps dernier, il a déposé un brevet sur une méthode d’impression de certains de ses composants aéronautiques. Ce nouveau procédé lui permettra de gagner du temps, de réduire ses coûts et de ne plus devoir conserver et entreposer des stocks importants. D’ailleurs, l’avionneur imprime déjà environ 300 pièces de plastique en 3D pour ses avions, selon le magazine GeekWire. Cette technologie permet l’emploi de différents matériaux, même les alliages de métaux.

Les entreprises québécoises Bombardier, Pratt & Whitney et Bell Helicopter Textron s’intéressent aussi à cette technologie révolutionnaire, qui consiste à fabriquer un objet réel à l’aide d’une machine qui dépose de la matière couche par couche pour obtenir la pièce finale. On peut ainsi produire divers types de biens de consommation, et les plus optimistes parlent même de construire des automobiles, des avions et des maisons.

Ce n’est plus le Mexique ou les travailleurs à bas salaires qui « menacent » les emplois dans nos industries manufacturières, mais bien la technologie!

L’invasion des machines

J’ai lu cette nouvelle dans un blogue, sur ma tablette électronique. L’auteur est spécialisé dans le secteur des technologies, dont l’impression 3D. De mon côté, j’écris ce texte sur mon téléphone intelligent, dans la salle d’attente d’une clinique d’optométrie à Montréal.

Demain, je voyagerai en train pour me rendre au travail. Le trajet dure une heure, et je n’aime pas beaucoup lire en train. J’ai donc pris l’habitude de louer des films ou des épisodes de séries télé sur mon téléphone, par le biais d’une application de Google. Inutile de vous dire que lorsque le film est terminé, je n’ai pas à le rapporter au club vidéo. Au fait, ce type de commerce existe-t-il toujours?

Si j’exagérais un peu plus, je vous dirais que je rentrerai à la maison en utilisant les services d’Uber, cette application qui met en contact des utilisateurs avec des conducteurs offrant leurs services dans le monde, au grand dam des chauffeurs de taxi. Au cours de la soirée, je m’installerai devant mon ordinateur pour pondre le prochain best-seller... en version Kindle, ce qui me permettra de vendre mes livres directement par Internet, sans devoir passer par une maison d’édition, tout en recevant une part encore plus importante de droits d’auteur!  

Approuvons le changement!

Nous subissons un raz-de-marée technologique qui bouleverse notre façon de vivre et nos habitudes de consommation. Une foule d’industries et de travailleurs font face à une concurrence qu’ils n’avaient pas vue venir, et qui menace leurs emplois.

À Edmonton comme à Londres et à Montréal, les chauffeurs de taxi manifestent dans la rue contre l’arrivée d’Uber. Les industries de la musique et du livre réclament de nouvelles lois pour ralentir la croissance des ventes de livres ou de chansons téléchargés en format numérique. Combien d’autres industries, dans les années à venir, vont implorer les politiciens de leur venir en aide?

Nous devons nous solidariser avec les travailleurs touchés. Mais il faut accepter le fait que ce processus de « destruction créatrice » est pour notre économie la façon de se renouveler, d’offrir toujours davantage et de hausser le niveau de vie des citoyens. La technologie a bouleversé nos habitudes et a forcé des milliers de travailleurs à se recycler dans d’autres branches, la plupart du temps à leur avantage. Les chroniqueurs sont aussi dans cette galère. Pour capter votre attention, ils doivent se battre contre une horde de blogueurs de tous horizons.

À propos de l’auteur

David Descôteaux


David Descôteaux est chroniqueur économique dans la région de Montréal.

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