Le rachat est roi

Depuis 2009, les sociétés de l’indice S&P 500 ont consacré plus de 2 billions de dollars US au rachat de leurs propres actions.

Ces temps-ci, lorsque des investisseurs se départissent d’actions sur le marché boursier, il est fort possible que l’acheteur soit nul autre que la société émettrice, selon Bloomberg.

En 2014, les rachats d’actions des entreprises américaines correspondaient à 46,1 milliards de dollars US par mois en moyenne et à 550 milliards en tout. Depuis 2009, les sociétés de l’indice S&P 500 ont dépensé plus de 2 billions US pour racheter leurs propres actions. Les données compilées en octobre 2014 indiquaient qu’à la fin de 2014, les sociétés auraient consacré 95 % de leur bénéfice aux rachats et aux dividendes.

Ces 550 milliards que les dirigeants ont dépensés en actions l’an dernier dépassaient de 468 milliards les entrées provenant des fonds communs de placement et des fonds négociés en bourse. Cet écart est immense; l’année précédente, il se chiffrait à 318 milliards. Les rachats d’actions constituent ainsi la principale source de fonds du marché haussier des six dernières années.

Cette situation crée un cercle vertueux. Investment News souligne que, selon une étude de Barclays Plc, le cours des actions des sociétés qui rachètent leurs actions est supérieur à celui des sociétés qui consacrent la majorité de leurs liquidités à l’achat d’immobilisations. Bloomberg rapporte qu’au cours de la dernière année, l’indice S&P 500 a connu une hausse de 1,6 % alors que le S&P 500 Buyback Index, qui regroupe les 100 sociétés affichant le taux de rachat le plus élevé, s’est apprécié de 4 %.

Le cercle vertueux de l’appréciation des actions par les rachats est aussi un cercle vicieux, d’après William Lazonick, professeur d’économie à l’Université du Massachusetts Lowell. « Les sociétés prétendent que la maximisation de la valeur actionnariale permet d’améliorer l’efficience de l’économie, explique-t-il à Bloomberg. C’est faux. La seule justification qui tienne la route pour ces rachats, c’est qu’ils constituent une excellente source de revenus pour les dirigeants. »

À propos de l’auteur

Yan Barcelo


Yan Barcelo est journaliste dans la région de Montréal.

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