Mégadonnées, mégapossibilités

Les capacités de stockage de l’information sont infinies. Pourquoi ne pas les exploiter?

La nouvelle année correspond à la saison des résolutions. La tendance est alors à l’épuration, à la rationalisation et à la simplification. Un tel objectif vaut certainement pour bien des aspects de notre vie personnelle et professionnelle, mais ce n’est pas le cas pour les mégadonnées. En fait, nous avons tout intérêt à conserver ces mégadonnées, au moins tant que nous n’aurons pas une idée plus précise de ce qu’il est possible d’en tirer.

Nous ne pouvons plus ignorer le phénomène des mégadonnées : leur ampleur dépasse l’entendement et s’accroît exponentiellement chaque minute. Selon l’International Data Corporation (IDC), le volume des informations à l’échelle mondiale double environ à chaque période de 18 mois. À cette vitesse, l’IDC prévoit qu’au moins 4 Zo (zettaoctets) de données auront été créées en 2014, soit l’équivalent de 32 milliards d’iPads (modèle 128 Go) qui, ensemble, couvriraient une étendue plus vaste que la Grande Muraille de Chine. L’ancien pdg de Google, Eric Schmidt, estime que nous produisons tous les deux jours autant de données qu’il en a été créé durant toute l’histoire de notre civilisation.

Que sont ces mégadonnées? Elles sont le résultat de l’Internet des objets. Aujourd’hui, tout notre quotidien est stocké numériquement, qu’il s’agisse des sites Web visités, des livres lus, des morceaux de musique écoutés, des lieux fréquentés, des paiements effectués, des cartes de crédit utilisées, des photos et des vidéos téléversées, etc.

En fait, il existe trois sortes de mégadonnées : structurées, semi-structurées et non structurées. Les données structurées et semi-structurées peuvent comprendre de l’information personnelle (Facebook, Instagram, Twitter) et de l’information commerciale ou d’entreprise (documents financiers, XBRL, IRF, publications sur les médias sociaux). Elles permettent déjà aux scientifiques et aux bibliothécaires de données d’indexer et de définir les tendances. Grâce à notre propension à fréquenter des gens qui nous ressemblent, les analystes de données peuvent obtenir des informations clés sur nos habitudes quotidiennes, et déterminer comment nous utiliserons notre temps et notre argent en s’appuyant sur nos relations Facebook et LinkedIn ou sur les coordonnées GPS de nos téléphones.

Les données non structurées comprennent tous les textes, fichiers audio ou vidéo, documents PDF ou autres données accessibles en ligne. Selon un article récemment publié dans le Journal of Information Systems, les données non structurées représentent la plus grande part des données existantes et elles offrent les meilleures possibilités d’exploitation des mégadonnées. On peut déjà obtenir toutes sortes d’informations grâce à de simples recherches, et de nouvelles techniques sont à l’étude pour filtrer le contenu non référencé. Ces avancées présentent un réel potentiel d’amélioration des services à la clientèle.

Pour déterminer le temps de conservation des dossiers clients, il fallait autrefois veiller à l’équilibre entre l’exposition aux litiges, le service à la clientèle et les coûts. Aujourd’hui, à l’ère du numérique, il n’existe plus aucune raison de se débarrasser des documents publiés : l’information est accessible de partout et le stockage des données ne coûte rien. Puisque le stockage ne présente aucun inconvénient, pourquoi ne pas conserver les données non structurées déjà publiées? Nous saurons un jour les trier, les indexer, et les utiliser en vue d’offrir un meilleur service à la clientèle et de travailler plus efficacement. Imaginez les possibilités qui s’offriraient si vous aviez accès à tous les messages échangés avec vos clients et fournisseurs depuis 10 ans. Les capacités de stockage de l’information sont infinies. N’hésitez pas à les exploiter.

À propos de l’auteur

Dwayne Bragonier


Dwayne Bragonier, CPA, CA, CA•Ti, est président de BAI Bragonier & Associates inc. et le créateur de la méthode. On peut le joindre à dwayne.bragonier@bragonier.com.

comments powered by Disqus

Faits saillants

Mettez vos connaissances à jour et élargissez votre réseau grâce à ce colloque à ne pas manquer (en anglais), qui porte sur les questions et tendances essentielles pour les membres des comités d’audit.

Dans votre entourage se tapit sûrement une personne surendettée. Si vous êtes observateur, vous reconnaîtrez l’un ou plusieurs de ces symptômes.