La santé avant tout

Comment instaurer un programme de mieux-être pour les employés.

Internet regorge d’informations sur le mieux-être en milieu de travail, ce qui témoigne de l’importance qu’employeurs et employés accordent à la satisfaction et à la santé du personnel. De nos jours, on ne peut plus simplement offrir un programme d’avantages sociaux comprenant une assurance soins dentaires et une visite chez l’optométriste tous les deux ans.

Si bon nombre de grandes sociétés (500 employés ou plus) se sont ralliées à la cause du mieux-être, le Sondage national sur le mieux-être Financière Sun Life-Buffett de 2013 révèle toutefois que 87 % des organisations n’évaluent toujours pas l’état de santé de leurs travailleurs et que 40 % des petites entreprises (moins de 50 employés) n’offrent aucun programme de mieux-être. Ces chiffres sont troublants, car la mauvaise santé physique ou mentale des effectifs peut avoir des conséquences néfastes (épuisement professionnel, manque de motivation, absentéisme, présentéisme, baisse de la productivité, détérioration du service à la clientèle), et accroître les risques de maladies et d’autres troubles (maladie coronarienne, diabète, dépression et anxiété). Or, 60 % des travailleurs ont un mode de vie sédentaire (36 % ont un excès de poids et 23 % sont obèses) et 66 % disent éprouver un stress élevé au travail.

Ce sondage, mené auprès de plus de 400 entreprises canadiennes (grandes et petites) des secteurs public, privé et sans but lucratif, révèle que les employeurs qui accordent une importance prioritaire à la santé physique, mentale et sociale en milieu de travail tirent des avantages concrets de leur programme de mieux-être : 18 % constatent une baisse du nombre de demandes de prestations d’invalidité, 23 % remarquent une plus grande fidélisation du personnel, 30 % rapportent une amélioration de la productivité, 36 % ont reçu des commentaires positifs de leurs employés, 40 % observent une réduction de l’absentéisme et 51 % constatent une amélioration du moral au bureau.

Si votre service des ressources humaines n’a pas encore adopté de programme de mieux-être en milieu de travail, sachez que la Commission de la santé mentale du Canada estime que le cumul des coûts liés à la baisse de productivité due à l’absentéisme, au présentéisme et à la rotation de personnel dépassera la centaine de milliards de dollars au cours des 30 prochaines années. La plupart des organisations qui ont mis en place un programme de mieux-être affichent un rendement du capital investi de 2 $ à 7 $ (ou plus) par dollar dépensé.

« Le monde du travail tient pour acquis que les employés ont une résistance à toute épreuve. Les gens ne sont pas des robots, et même les robots ont besoin de recharger leurs batteries affirme Bailey Vaez, présidente de Proactive Movement, une entreprise torontoise qui offre des évaluations et des programmes de mieux-être au travail. « La perte d’énergie et l’épuisement professionnel sont des symptômes de problèmes qui, s’ils ne sont pas résolus, se traduisent par des relations tendues avec les clients, des congés de maladie et des départs d’employés, poursuit-elle. Qu’une entreprise compte 25 employés ou des milliers d’employés, le mieux-être au travail n’a pas à coûter une fortune. » Voici quelques idées pour mettre votre entreprise sur la bonne voie.

Mangez mieux. Dans la distributrice automatique, remplacez les friandises riches en calories par des collations plus saines (noix ou fruits séchés), », ou encore installez la distributrice loin des endroits très passants. « Une de mes entreprises clientes a installé la sienne au fin fond de ses locaux afin que les employés fassent un peu d’exercice pour s’y rendre », mentionne Beverly Beuermann-King, spécialiste du stress et du mieux-être en entreprise à Little Britain (Ontario). Demandez aux responsables de la cafétéria de réduire les prix des aliments sains et d’augmenter ceux des plats gras. « Ces changements demandent peu d’efforts et montrent que la direction favorise des choix alimentaires sains », ajoute-t-elle.

Encouragez l’activité. Le travail, le transport et la vie familiale laissent peu de temps pour l’exercice. Donnez un podomètre aux employés et organisez des concours de marche ou de montée  d’escaliers, ou payez leur abonnement à un centre de conditionnement physique. Si votre personnel compte des passionnés de soccer, formez une équipe. Selon Mme Beuermann-King, lorsqu’on offre des pauses-exercice pendant la journée, les employés se sentent autorisés à laisser leur ordinateur quelques minutes.

Encouragez des habitudes saines. Réduisez le stress en offrant les services d’un massothérapeute. Certaines entreprises font venir des thérapeutes pour masser le cou et la tête des employés pendant que ceux-ci travaillent à leur bureau. Si vous avez des employés fumeurs, un programme d’abandon du tabac, en plus d’être bénéfique pour leur santé, accroît la productivité et réduit le coût de l’assurance maladie. Les séances de vaccination antigrippale et de dépistage de l’hypertension et de la glycémie sont aussi des façons rentables de veiller sur la santé du personnel.

Favorisez la santé mentale. « Au lieu de passer 20 minutes à se plaindre de certains collègues, il vaut mieux se ressourcer en s’adonnant à une séance de méditation axée sur la pleine conscience », conseille Bailey Vaez. Cette pratique, qui consiste à ramener son attention sur l’instant présent tout en se concentrant sur sa respiration, réduit le stress (et les maladies connexes) et améliore la concentration, la créativité et l’efficacité, comme l’ont constaté certaines sociétés Fortune 500. D’autres entreprises offrent des séances de yoga, de tai-chi, ou une pièce où des personnes surmenées au terme d’un gros projet peuvent faire une sieste.

Facilitez la vie professionnelle (et personnelle). Il n’appartient pas au patron de planifier les activités des employés en dehors du travail, mais toute mesure prise pour leur faciliter la vie peut s’avérer rentable.

Mme Beuermann-King conseille d’offrir un horaire variable, des options de télétravail, une garderie (ou des subventions auprès de garderies locales) et des places de stationnement réservées aux personnes qui en ont besoin. Même un service de conciergerie pour aider des employés à s’occuper d’activités personnelles, comme organiser une fête d’anniversaire pour enfants, revêt une grande valeur. « Ces mesures libèrent du temps et de l’énergie que l’employé n’aurait peut-être pas autrement », explique-t-elle. En outre, il convient de faire savoir aux employés qu’il est parfaitement acceptable d’éteindre leur BlackBerry après le travail. « Je connais une entreprise qui ferme ses serveurs après 17 h 30. Les employés peuvent rédiger des courriels après le travail, mais ne peuvent les envoyer ou en recevoir en dehors des heures de bureau », précise-t-elle. Enfin, lorsque la direction constate que des employés n’ont pas pris de jours de vacances, elle doit les inviter à s’en prévaloir.

Prêchez par l’exemple. « La direction doit donner le ton. Les politiques ont beau être excellentes, si les employés se sentent coupables de les suivre, il est inutile de les mettre en vigueur », prévient Mme Beuermann-King. Lorsque la haute direction témoigne de son adhésion à un programme de mieux-être, elle crée une culture de bienveillance, ajoute Bailey Vaez. L’entreprise informe ainsi ses employés qu’elle tient à eux et qu’elle les invite à profiter de son programme de mieux-être.

À propos de l’auteur

Lisa van de Geyn


Lisa van de Geyn est rédactrice indépendante à Toronto.

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