Adieu, boîte vocale!

Il faut se rendre à l’évidence : les jours de la messagerie vocale sont comptés.

La messagerie vocale est chose du passé! L’automne dernier, quand j’ai appris que Coca-Cola cesserait d’être accessible par messagerie vocale à son siège social d’Atlanta, j’ai eu un choc. Le motif invoqué par Coca-Cola : simplifier le travail et accroître la productivité. C’est ce qu’aurait dit le chef de l’information, Ed Steinike, dans une note de service.

Qu’y a-t-il de productif à limiter les moyens de communication? A-t-on songé au service à la clientèle? Pourquoi ne pas miser sur des solutions de communications unifiées, comme les liens entre le courriel et la messagerie vocale, ou la transcription de messages vocaux?

Je me suis alors rappelé mon propre message des deux dernières années à l’intention des gens qui n’arrivent pas à me joindre sur mon cellulaire : « Parlez à vos risques et périls, car je prends rarement mes messages! » Et nous sommes nombreux à agir de la sorte. Entre octobre 2013 et avril 2014, Vonage rapporte une baisse de 8 % des messages vocaux reçus par ses abonnés et une chute de 14 % du nombre de messages écoutés.

Mon ambivalence à l’égard de la messagerie vocale (la maintenir même si l’on ne s’en sert pas) trahit sans doute mon âge. « Les gens de plus de 40 ans n’imaginent pas un monde sans messagerie vocale, dit Michael Schrage, chercheur au Center for Digital Business de la Sloan School of Management du MIT. Les moins de 35 ans ne s’en servent pratiquement jamais. »

Cela est logique. La messagerie vocale a donné le coup d’envoi de la culture collaborative qui prévaut aujourd’hui dans le monde du travail. Le brevet de la messagerie vocale commerciale a été délivré en 1983. Auparavant, à moins d’utiliser la poste ou le télécopieur ou d’aller rencontrer les gens, on communiquait par téléphone, sans boîte vocale. Des légions de réceptionnistes prenaient alors les appels et, au besoin, elles notaient un bref message. L’avènement de la messagerie vocale a permis de laisser des messages détaillés, de poser des questions, de donner des réponses et des opinions, et de collaborer lorsque la situation s’y prêtait, favorisant ainsi la productivité.

Une telle révolution dans la façon de collaborer au travail a mené, dans les années 1990, à l’implantation du courriel. Peu à peu, elle a fait perdre à la messagerie vocale son statut d’outil de productivité, car les messages vocaux n’étaient plus que de simples sources de coordonnées menant le plus souvent à des chassés-croisés téléphoniques.

Le courriel a amené un code de conduite fondé sur le respect du temps du destinataire, et a permis aux correspondants de réfléchir au contenu et à la structure de leurs messages, de joindre des documents, et de répondre à leur convenance.

Aujourd’hui, le courriel est en train d’être remplacé par une nouvelle génération d’outils collaboratifs, comme Microsoft Lync. Ces outils sécurisés permettent de se rendre accessible uniquement à une liste de contacts et d’ainsi bloquer les pourriels. En outre, ils favorisent l’efficacité des communications, qui peuvent prendre diverses formes : texte, voix, partage d’écran et vidéoconférence.

Le texte peut convenir pour de brefs échanges. Des documents peuvent être envoyés comme pièces jointes à un message. Lorsqu’une véritable interaction est nécessaire, il est possible de se parler. Et, mieux encore, il est facile d’avoir un échange vidéo qui permet de montrer des images, de saisir le langage corporel, etc. (Voir « Une image vaut mille mots… », numéro de juin-juillet 2014.)

La messagerie vocale a perdu sa valeur collaborative. Comme pour la poste et le télécopieur, nous trouverons encore des raisons de nous en servir, mais ses jours sont comptés. Il est temps d’enregistrer un dernier message : « Je ne réponds plus aux messages vocaux. Voici mon adresse de courriel… »

À propos de l’auteur

Dwayne Bragonier


Dwayne Bragonier, CPA, CA, CA•Ti, est président de BAI Bragonier & Associates inc. et le créateur de la méthode. On peut le joindre à dwayne.bragonier@bragonier.com.

comments powered by Disqus

Faits saillants

Participez à ce rendez-vous annuel (en anglais) des dirigeants financiers d’OSBL pour obtenir des conseils sur la gestion de votre organisation et tirer parti des connaissances d’experts.

Notre Répertoire des cabinets de CPA vous permet de trouver des cabinets de CPA au Canada grâce à une carte interactive et à différents critères de recherche.