Prêt 2.0

Le prêt entre particuliers a monté en flèche depuis 2012 – à tel point que certains prévoient la formation d’une nouvelle bulle semblable à celle du crédit hypothécaire à risque.

Le prêt entre particuliers est-il en train de déraper? C’est la question que pose Bloomberg dans un récent article.

Le prêt entre particuliers – qui consiste à jumeler prêteurs et emprunteurs en ligne – ne représente que 0,08 % de la dette mondiale des entreprises et des ménages, laquelle totalise 96 000 G$ US. Ce qui n’empêche pas certains analystes de redouter la formation d’une bulle. 

« Nous fonctionnons à moindre coût que les programmes de prêt bancaire traditionnels et, grâce aux économies ainsi réalisées, nous offrons aux emprunteurs des taux inférieurs, et aux investisseurs, des rendements élevés », soutient LendingClub, principal prêteur entre particuliers dans le monde entier. Les consommateurs peuvent emprunter jusqu’à 35 000 $ US (par exemple, pour consolider une dette de carte de crédit), et les entreprises, jusqu’à 300 000 $ US.

En 2015, le volume de prêts entre particuliers devrait atteindre 77 G$ US; c’est 15 fois plus qu’il y a trois ans. 

Entre sa fondation en 2006 et le 20 mai 2015, LendingClub a financé plus de 9,25 G$ US en prêts. Sa valeur marchande actuelle avoisine les 7 G$ US, malgré une perte de 33 M$ US lors du dernier exercice.

Les gestionnaires de placements, millions en main, affluent vers les entreprises comme LendingClub. Par exemple, Social Finance, qui refinance des prêts étudiants, a reçu 200 M$ US du fonds spéculatif Third Point et d’autres sociétés de placement. L’occasion est trop belle : alors que les taux d’intérêt sont presque à zéro, les prêts entre particuliers génèrent des rendements annuels allant de 5 % à 12 %.

Selon les critiques, le prêt entre particuliers pourrait provoquer une crise comme celle des prêts hypothécaires à haut risque survenue en 2007-2008. Faux, rétorquent les acteurs de ce marché en plein essor. De nombreux sites américains et britanniques affichent ainsi leurs portefeuilles de prêts, ce qui permet aux investisseurs d’en analyser la qualité et le rendement.

« Attention, un prêt ne devient pas douteux du jour au lendemain, affirme Tania Modic, chef de Western Investments Capital, à Lake Tahoe (Nevada), dans l’article de Bloomberg. Et Wall Street aime refiler le risque à quelqu’un d’autre. Encore une histoire qui finira mal. »

À propos de l’auteur

Yan Barcelo


Yan Barcelo est journaliste dans la région de Montréal.

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