Cinq constantes de l’économie

De l’irrationalité boursière au déséquilibre budgétaire, certaines réalités économiques ne changent jamais.

Après quelque dix années à suivre l’actualité et à écrire sur la question de l’économie, je suis maintenant convaincu que certaines choses ne changent jamais. Voici quelques-uns de ces constats, qui peuvent s’avérer utiles pour mieux comprendre l’actualité économique.

L’irrationalité boursière. Comme le disait feu l’économiste britannique John Maynard Keynes, le marché peut demeurer irrationnel plus longtemps que vous ne pouvez rester solvable. Peu importe l’état de l’emploi, l’endettement massif des gouvernements ou les troubles qui secouent l’Europe, la Chine ou les États-Unis, la Bourse clôture en hausse. Au printemps 2015, le Dow Jones battait des records et le TSX trônait à son sommet, malgré la chute du prix du pétrole et les craintes à l’égard de l’économie canadienne. En dépit des soubresauts, la Bourse sera toujours profitable à long terme, d’autant plus depuis que les banques centrales inondent les marchés d’argent frais.

Le consommateur oublié. Quand les journalistes ou les politiciens parlent d’accords commerciaux, comme celui qui se dessine entre l’Inde et le Canada, qui défend le consommateur? Les observateurs se demandent si l’entente sera avantageuse pour « nos » producteurs laitiers ou pour « nos » entreprises manufacturières, au lieu de se demander si elle améliorera la qualité de vie de la majorité des Canadiens. Ottawa récolte plus de trois milliards de dollars par an grâce aux tarifs frontaliers. En cette ère de libre-échange, il existe toujours 8 192 tarifs différents pour bloquer ou rendre moins abordables des biens étrangers comme des pièces automobiles, des produits laitiers, des gants ou de l’équipement de hockey. Ces tarifs visent à protéger des groupes particuliers d’entreprises, et résultent souvent de pressions exercées par les entreprises. Ce sont des taxes déguisées imposées aux consommateurs canadiens, qui n’ont pas de siège à la table des négociations.

L’équilibre budgétaire. Aux paliers fédéral et provincial, les retours à l’équilibre budgétaire semblent dépendre, non pas de la performance du gouvernement en place, mais de prévisions de croissance économique rose bonbon. Il arrive même que « l’équilibre » prévu soit le résultat de tours de passe-passe comptables, tels que retirer de plus en plus d’organismes ou de fonds gouvernementaux d’un cadre budgétaire toujours plus restreint, ou puiser dans le fonds de prévoyance, comme l’ont fait les conservateurs lors du dernier budget.

L’endettement des ménages. La Banque du Canada et les conseillers financiers ont beau multiplier les avertissements, les ménages canadiens continuent de battre des records d’endettement. Vivre à crédit semble être devenu la norme. Ce changement culturel amorcé il y a plusieurs années est stimulé par les politiques de taux d’intérêt bas des banques centrales. Ces politiques poussent les gens à consommer et les dissuadent bien sûr d’épargner.

La hausse du niveau de vie sur la planète. Les manchettes sont souvent négatives. Pourtant, la situation s’améliore partout. Par exemple, le nombre de gens qui vivent avec un dollar ou moins par jour dans le monde a diminué de 80 % entre 1970 et 2006. Au Canada, l’écart entre les très riches et les autres contribuables diminue depuis quelques années. En 2006, les Canadiens les plus riches possédaient 12,1 % du revenu national, comparativement à 10,6 % aujourd’hui. De plus, les femmes sont presque deux fois plus nombreuses qu’auparavant à faire partie du fameux « 1 % », par rapport à 1982. Mais vous n’en entendrez probablement pas parler, car les mauvaises nouvelles se vendent toujours mieux que les bonnes.

À propos de l’auteur

David Descôteaux


David Descôteaux est chroniqueur économique dans la région de Montréal.

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