Surcharge du système

Petit guide de survie au technostress.

Vous qui commencez la lecture du présent article, croyez-vous pouvoir le lire au complet sans être interrompu par votre cellulaire? Devrez-vous prendre un appel ou répondre à un courriel dans les minutes qui viennent? Que ce soit à la maison ou au travail, la technologie est omniprésente. Elle nous permet de travailler plus vite, d'obtenir de l’information en un seul clic ou de communiquer instantanément avec un collègue. Pourtant, on aurait parfois envie de s’en passer!

Un tel sentiment est associé au « technostress », terme apparu dans les années 1980 et qui est encore plus pertinent aujourd’hui. De nombreuses études établissent un lien entre les bureaux axés sur la technologie, et le stress, la dépression et l’anxiété. La bonne nouvelle? Il est possible d’alléger nos journées de travail lorsqu’on comprend les incidences de nos gadgets. Dans cet article, vous trouverez des explications sur le lien entre le stress et la technologie, ainsi que des conseils pour éviter que vos appareils vous fassent perdre la maîtrise de vos nerfs.

La surcharge technologique

Le système nerveux sympathique, axé sur la lutte ou la fuite, entre en action lorsque tout doit être fait à la hâte : courriels, décisions, projets, etc. Nous avons alors la tête qui tourne et nous nous mettons à transpirer, assis à notre poste. Certes, la technologie n’est pas la seule à blâmer. Vu les suppressions de postes liées à la récession, une seule personne doit souvent faire le travail de deux (ou trois) employés et, grâce aux technologies, c’est possible... du moins en théorie. « Le rythme de travail s’est accru, mais cette vitesse folle est impossible à gérer, explique David Posen, médecin ontarien et auteur de Is Work Killing You? La vie s’est accélérée au point de s’opposer à nos rythmes naturels et à notre biologie. » M. Posen souligne la cascade des communications : un collègue vous laisse un message téléphonique, vous écrit un courriel et, quelques minutes plus tard, il vous envoie un texto pour savoir où vous êtes.

Ce sentiment d’urgence, même si on le sait démesuré, est exaspérant. « En répondant, on cède le contrôle et le pouvoir à l’autre », explique M. Posen. Si on a l’impression d’être à la merci de ses collègues et gestionnaires, et de ne pas maîtriser le déroulement de sa journée, le travail peut ressembler à une prison. Et pourtant, on cède. « Étant donné la rareté des emplois, on s’adapte aux demandes », dit Mel Borins, médecin de famille, expert en stress et professeur agrégé à l’Université de Toronto.

Technotruc. Soyez efficace et rapide, mais ne vous laissez pas envahir lorsque la pression devient déraisonnable. Encouragez vos collègues à ne pas multiplier les communications, et demandez-leur d’avoir des attentes raisonnables quant au temps de réponse. Évitez de répondre sur-le-champ aux courriels, messages vocaux et textos.

Le travail après le travail

Lorsque le travail ne se limite plus à l’espace physique du bureau, il parvient à s’immiscer jusque chez le coiffeur ou sur le terrain de soccer de votre enfant. « La technologie est très envahissante. Les frontières s’estompent entre le travail et la vie personnelle, et vous pouvez avoir l’impression de ne jamais être de repos », explique le docteur Borins. Dans le cadre d’un sondage mené en 2012 par Gallup, 62 % des répondants ont indiqué que leur employeur s’attendait à pouvoir les joindre après les heures de travail. Les employés qui consultaient les courriels liés à leur travail après 17 h étaient les plus stressés.

De nos jours, il est rare que l’on puisse se couper vraiment du travail. Près de 50 % des Canadiens ne prennent pas toutes leurs vacances, et en vacances, 62 % communiquent avec le bureau. D’après les experts, le sommeil qui suit le travail à l’ordinateur tard le soir est perturbé. Le terme anglais semi-somnia est de plus en plus utilisé pour décrire ce sommeil. C’est alors au détriment de la santé que le travail progresse. « Un tel comportement est récompensé à la longue », déplore Scott Schieman, professeur de sociologie à l’Université de Toronto. « Une personne toujours joignable est vue comme un employé modèle, totalement dévoué. »

Technotruc. M. Schieman soutient que le choix de lire des courriels liés au travail après les heures de bureau ne repose sur rien de sérieux. Est-ce l’envie d’être dans les bonnes grâces de votre patron? Discutez avec votre supérieur des paramètres pour les communications en dehors des heures de travail. Si vous devez vous absenter, faites-le sans téléphone ni ordinateur.

Les interruptions

Le téléphone, les courriels, les textos, les collègues... il peut souvent s’avérer difficile de travailler. Une étude réalisée en 2008 indique que, dans un groupe d’une cinquantaine de personnes, celles qu’on interrompait arrivaient tout de même à accomplir leurs tâches à temps et convenablement. Par contre, ayant dû travailler plus vite pour y arriver, elles ressentaient plus de frustration et de stress que les autres. Nous ne sommes pas du tout doués pour le mode multitâche. Des tâches diverses qui n’en finissent plus minent l’énergie qu’il faut pour faire le travail principal.

Technotruc. Vérifiez vos courriels et messages vocaux à heures fixes. Ne restez branché que s’il y a urgence. Par ailleurs, moins vous enverrez de courriels, moins vous en recevrez. Utilisez la ligne Objet du message pour envoyer de brèves missives. Et avant de cliquer sur le bouton « Envoyer », assurez-vous d’avoir inclus tous les renseignements nécessaires.

Les pépins informatiques

C’est lorsqu’on est pressé que le courriel ne fonctionne plus, que l’ordinateur tombe en panne ou que les documents sont corrompus, voire supprimés par accident. Le stress monte alors en flèche. Pour 40 % des 1 000 répondants à un sondage réalisé en 2012, le mauvais fonctionnement des technologies était le principal problème au travail.

Technotruc. Réduisez vos attentes. Ne présumez pas que tout fonctionnera efficacement, évitez de repousser des projets d’importance à la dernière minute et tenez compte de tous les avertissements sur la sauvegarde des données. En cas de panne, appelez le soutien technique et allez prendre l’air.

Les mises à niveau, encore et toujours

Selon les études, les TI sont un des secteurs les plus stressants. Dans les domaines fondés sur la technologie, il faut constamment s’adapter aux nouveautés ou aux mises à jour. « Si vous n’êtes pas porté sur la technologie, cette adaptation est stressante », explique M. Borins.

Technotruc. Exigez une formation pour toute nouvelle technologie, même pour une mise à niveau mineure. Faites-vous expliquer le fonctionnement de chaque appareil au bureau pour éviter des problèmes en l’absence du personnel technique. Vos collègues peuvent vous donner des dizaines de trucs; il s’agit de demander.

À propos de l’auteur

Deanne Gage


Deanne Gage est rédactrice à Toronto.

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