Sondage 2014 sur les progiciels de gestion (ERP)

Un aperçu des résultats et des leçons que nous avons tirées de notre sondage sur les progiciels de gestion.

Nous sommes heureux de vous présenter les résultats de notre sondage annuel auprès des fournisseurs de progiciels de gestion intégrée ou systèmes ERP (Enterprise Resource Planning systems). En 1999, lorsque nous avons publié notre premier sondage dans CAmagazine, le sigle « ERP » n’était qu’un obscur terme informatique. Aujourd’hui, tout le monde sait de quoi il s’agit, bien que les interprétations soient très variées. Il y a 15 ans, notre sondage ne présentait que quelques systèmes ERP. Aujourd’hui, il en compte 93. Selon un récent article du magazine Forbe, le marché des systèmes ERP est passé de 24,4 milliards de dollars US en 2012 à 25,4 milliards de dollars US en 2013, soit une croissance de 3,8 %, et l’on peut s’attendre à une croissance beaucoup plus marquée en 2014. Pratiquement tous les fournisseurs et installateurs de systèmes ERP de ma connaissance ont du mal à répondre à la demande.

ERP 101

Les systèmes ERP visent à automatiser les processus de la majorité, sinon de la totalité, des services d’une entreprise. Selon cette définition, même un logiciel comme QuickBooks peut être considéré comme un système ERP de PME. Si certains systèmes ERP sont conçus pour répondre aux besoins de divers secteurs d’activité, d’autres visent des secteurs ou marchés verticaux bien précis. Certaines entreprises se spécialisent dans le développement de solutions verticales complètes, par exemple Deltek (services professionnels) et Unit4 (secteur public). D’autres offrent des solutions qui sont des extensions ajoutées à des systèmes ERP très utilisés, telles que des extensions au système Microsoft Dynamics NAV. Ces extensions sont développées par des tiers pour des secteurs particuliers et elles utilisent les mêmes bases de données et outils que le système de base.

Certains systèmes ERP sont installés sur place, et d’autres se trouvent dans des nuages publics ou privés. Les nuages publics permettent à de multiples organisations de partager le même exemplaire d’un logiciel sur un seul serveur. Ils reposent sur une architecture multilocataire et sont souvent appelés logiciels-services (Software as a Service SaaS). Les nuages privés, quant à eux, comportent un exemplaire du logiciel et un serveur qui sont utilisés en exclusivité par une seule organisation. Ces deux types de nuages ont leurs avantages et leurs inconvénients. Par exemple, le nuage public sera moins coûteux, et le nuage privé permettra une plus grande personnalisation.

Les tableaux

Notre sondage contient des centaines de questions sur la clientèle cible, les prix et les fonctionnalités des systèmes ERP. Vous pouvez consulter les résultats, en format pdf, en cliquant sur le graphique du sondage ci-dessous. Vous pouvez aussi répondre à un questionnaire en ligne pour connaître les dix systèmes ERP les plus appropriés pour vous, sélectionnés d’après le pourcentage de correspondance entre vos besoins et ces systèmes. Comme pour tous nos sondages, il nous est impossible de garantir la justesse des renseignements donnés par les fournisseurs. Nous estimons toutefois que les informations trompeuses sont rares, car elles mineraient la crédibilité des fournisseurs.

Nous avons divisé le marché des systèmes ERP en niveaux selon le chiffre d’affaires et les effectifs des entreprises clientes ainsi que le coût du produit. Bien qu’ils soient imparfaits, ce sont des critères de différenciation commodes. Quant aux coûts indiqués, ils ne représentent que des moyennes, ce dont le lecteur devra tenir compte dans ses calculs.

  Tableaux

Leçons tirées du sondage

Ces dernières années, nous nous sommes concentrés sur les tendances en matière de systèmes ERP. Cette année, nous avons plutôt choisi de vous présenter ce que nous avons appris concrètement sur la sélection et la mise en œuvre des systèmes ERP.

1. Les besoins essentiels doivent être bien définis. Il s’agit des besoins distinctifs et stratégiques auxquels ne répondent pas d’emblée de nombreuses solutions. La moindre omission peut entraîner des coûts énormes lorsque la mise en œuvre est commencée et que le fournisseur comprend enfin le besoin.

2. L’étendue du projet doit être précisée dans le contrat. Nous recommandons d’indiquer dans le contrat que l’étendue comprend les exigences contenues dans l’appel d’offres.

3. La meilleure équipe de l’entreprise cliente doit être affectée à la mise en œuvre. Vous devrez pour cela la décharger d’une partie de ses responsabilités quotidiennes.

4. Le choix du fournisseur qui saura assurer la mise en œuvre est aussi important que le choix du système. En plus de connaître le système, il doit être un expert dans votre secteur d’activité et être rompu à la gestion de projet.

5. La mise en œuvre d’un nouveau système est de loin la meilleure façon d’améliorer vos processus administratifs. Tout problème en cours de mise en œuvre doit être vu comme une opportunité.

6. La gestion de projets est essentielle. Vous ne pouvez pas vous attendre à ce que le fournisseur gère votre équipe interne. Vous devez par ailleurs vous assurer que le fournisseur respecte ses obligations quant au coût, aux échéances et à l’étendue du projet.

7. La mesure des progrès ne doit pas être négligée. Dès le début d’un projet, vous devez savoir comment vous en évaluerez la réussite. Au-delà des échéances et du budget, certains indicateurs clés de performance (ICP) servent à mesurer la réussite des objectifs, tels que la réduction du délai de livraison des commandes.

8. Les applications personnalisées doivent être évitées dans la mesure du possible, car celles-ci peuvent entraîner des coûts importants lors des mises à niveau futures.

9. Les tests sont essentiels. Même si votre système est déjà utilisé par des milliers d’autres sociétés, il y a tant de configurations possibles que vous pourriez ne pas obtenir les résultats voulus.

10. La gestion du changement ne doit pas être oubliée. D’emblée, les employés devraient adhérer aux changements susceptibles d’élargir leurs compétences et d’accroître leur valeur, mais ils peuvent aussi y résister. Certains pourraient craindre de perdre leur emploi une fois que toutes les lacunes auront été résolues, d’autres s’inquiéteront peut-être de voir leur charge de travail s’alourdir dans le cadre de la mise en œuvre alors qu’ils donnent déjà leur plein rendement. D’autres encore auront peur de perdre un certain pouvoir une fois que les processus auront été automatisés ou que des renseignements importants auront été enregistrés dans le système.

En résumé : faites preuve de rigueur lorsque vous choisissez un nouveau système. Ne prenez pas de raccourcis, même si le fournisseur se vante d’appliquer les « meilleures pratiques » grâce à sa grande expérience dans votre secteur d’activité. Les meilleures pratiques peuvent soutenir admirablement les procédures standard, mais peuvent être autant d’écueils lorsqu’il est question de besoins particuliers ou stratégiques.


À propos de l’auteur

Michael Burns


Michael Burns, MBA, CPA, CA, est président de 180 Systems (180systems.com), cabinet-conseil indépendant dont les services comprennent notamment l’analyse des processus, la sélection de systèmes, la constitution de dossiers justificatifs et la gestion de projet.

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