L’espion espionné

Le fabricant d’un logiciel espion qui est utilisé par des gouvernements et des services de police du monde entier aurait été victime d’une cyberattaque.

Alors que les médias rapportaient que des pirates russes avaient volé 1,2 milliard de mots de passe appartenant à des entreprises de partout dans le monde, notamment des entreprises américaines, un autre événement tout aussi important se produisait dans le cyberespace.

Gamma Group International UK Ltd. (Gamma), la société anglo-allemande qui fabrique FinFisher, aurait été victime d’une cyberattaque. FinFisher est un logiciel espion que Gamma vend à des gouvernements et à des services de police. Selon ZDNet, le fichier de 40 gigaoctets qui a été volé a été versé dans Internet où son contenu est peu à peu dévoilé. Il présente des noms de clients, des prix et des renseignements sur l’efficacité de Gamma quant à de multiples applications et systèmes d’exploitation.

Le monde entier sait maintenant que le logiciel ultrasecret de surveillance FinFisher peut, entre autres, contrôler à distance tous les ordinateurs qu’il infecte ainsi que copier des fichiers et intercepter des appels sur Skype. Un tableur du fichier volé montre que FinFisher peut déjouer 35 antivirus importants, dont Microsoft Security Essentials.

L’attaque perpétrée contre Gamma n’est pas sans rappeler l’affaire Edward Snowden. Il y a deux ans, on apprenait que des États du Moyen-Orient, notamment le Bahreïn, utilisaient FinFisher pour pirater des ordinateurs et des téléphones de journalistes et de dissidents.

À l’époque, Gamma avait nié tout lien avec ces États, affirmant ne vendre ses outils de piratage qu’à de « bons » gouvernements et alléguant que des régimes autoritaires avaient volé des copies du logiciel. Mais l’auteur anonyme de la cyberattaque contre Gamma a affiché une note sur le site de Reddit, disant que dans les 40 gigaoctets d’informations qu’il a en main, on trouve des preuves que Gamma savait qu’elle vendait et elle vend encore son logiciel à des gens qui l’utilisent contre des dissidents bahreïniens.