Derrière les chiffres de l’indice


L’indice composé S&P/TSX est la principale mesure du marché boursier canadien. Mais il y a un hic : il ne tient pas compte des dividendes.

Vous connaissez sans doute la principale mesure du marché boursier canadien : l’indice composé S&P/TSX (TSX). Le 13 août, par exemple, l’indice s’était contracté de 11,5 points, clôturant à 15 262,73. Mais comment arrive-t-on à ce chiffre?

L’indice TSX représente la valeur de marché actuelle de 251 grandes sociétés et fiducies de revenu canadiennes. On divise le total par une moyenne pondérée complexe des titres de ces entreprises pour obtenir la valeur actuelle. Les valeurs du marché pouvant aisément, grâce à l’informatique, être mises à jour suivant les variations de cours des titres, l’indice TSX est en mouvement constant tout au long de la séance boursière.

Mais il y a un hic : l’indice composé S&P/TSX, celui que mentionnent régulièrement les médias, ne tient pas compte des dividendes. Voilà un point très important, car on n’investit pas dans les actions uniquement pour l’appréciation du capital, mais aussi pour les revenus de dividendes.

L'équivalent tenant compte de l’effet des dividendes est l'indice composé S&P/TSX — rendement total (TSX RT), qu’il est préférable d’utiliser pour analyser le marché boursier au Canada.

Les deux indices couvrent les mêmes sociétés et fiducies de revenu, mais le TSX RT suppose que les distributions de ces entreprises sont réinvesties.

Comparons les rendements annuels moyens du TSX et du TSX RT au cours des 10 à 50 dernières années (tableau ci-dessus). Ces chiffres ne tiennent pas compte des frais de placement et des impôts, de sorte qu’ils représentent une situation idéale.

Fait intéressant : l’effet des dividendes se traduit assez systématiquement par une hausse d’environ 50 % du taux de rendement, du fait que bien des entreprises comprises dans l'indice versent des dividendes. Ainsi, en date du 12 août, 190 des 251 sociétés comprises (76 %) avaient versé des dividendes.

Comme on peut le voir, le TSX et le TSX RT montrent invariablement d’excellents résultats. Examinons cependant ce qui s’est passé dernièrement. Le 18 juin 2008, l’indice TSX a atteint un sommet de 15 073. Le 9 mars 2009, il est descendu à 7 567 , une perte d’environ 50 % de sa valeur en moins d’un an.

Combien de temps aura-t-il fallu au TSX pour regagner le sommet de juin 2008? Six ans jour pour jour. Le 18 juin dernier, le TSX atteignait 15 109, dépassant son niveau du 18 juin 2008 pour la première fois. Cela signifie que si vous aviez investi dans un portefeuille d’actions analogue à celui de l’indice, vous auriez obtenu pour l’intervalle de six ans un rendement nul. Bien entendu, si l’on part du creux du 9 mars 2009, le taux de rendement annuel jusqu’au 18 juin s’élève à 14 %. C’est excellent, mais encore fallait-il savoir anticiper le marché pour investir dans le creux de la vague.

Quant au TSX RT, il atteint un sommet de 37 790 le 18 juin 2008. Il tombe à son plus bas niveau depuis le krach (19 470) le même jour que le TSX, le 9 mars 2009. Le 14 février 2011, il regagne le sommet de juin 2008, puis il redescend et rebondit les années suivantes. Le 18 septembre 2013, il excède, à 37 944, le sommet de juin 2008, et depuis ce jour, il monte. Son taux annuel moyen de rendement du 9 mars 2009 au 18 septembre 2013 frise les 16 %, ce qui est un peu mieux que celui du TSX.

Si les indices montrent de très bons rendements à long terme, les résultats à court terme sont beaucoup plus volatiles. Or, pour les épargnants qui se préparent à la retraite, ce pourrait être le court terme qui compte le plus. Les rendements obtenus dans la décennie qui précède la retraite sont souvent cruciaux : c’est généralement au cours de cette période que les épargnants arrivent à mettre des sommes appréciables de côté, leurs enfants volant alors de leurs propres ailes. Si l’épargne est surtout investie en actions, le risque est considérable. Que vous réservent les 10 prochaines années? Des rendements à deux chiffres ou une décennie de vaches maigres?

À propos de l’auteur

David Trahair


David Trahair, CPA, CA, chroniqueur, conférencier et auteur, a publié cinq ouvrages sur les finances personnelles. Son plus récent, rédigé pour CPA Canada, s’intitule Retraite et procrastination : guide de survie. Site web : www.trahair.com

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