Vaches grasses, ou vaches maigres

De nos jours, les jeunes qui arrivent sur le marché du travail ont intérêt à détenir un diplôme universitaire. Mais pour eux comme pour leurs parents, le fardeau financier lié à ce diplôme s’alourdit sans cesse.


http://www.statcan.gc.ca/daily-quotidien/130912/dq130912b-fra.htm?HPA

Cet article pourrait inquiéter tout parent qui aurait des enfants de moins de 17 ans et qui n’aurait pas encore réfléchi au coût des études universitaires. Vu la conjoncture actuelle, les jeunes qui arrivent sur le marché du travail auraient avantage à détenir un diplôme universitaire. Mais pour eux comme pour leurs parents, le fardeau financier lié à ce diplôme s’alourdit sans cesse.

Je suis bien placé pour le savoir, car mon fils vient de terminer la troisième année d’un programme de quatre ans dans une grande université ontarienne.

Combien les études universitaires de votre enfant vous coûteront-elles? Commençons par les droits de scolarité.

Selon une étude de Statistique Canada, les étudiants du premier cycle ont payé en moyenne 5 772 $ en 2013-2014, comparativement à 5 586 $ en 2012-2013. Ils ont donc payé 3,3 % de plus cette année qu’ils ne l’avaient fait un an plus tôt. Ces chiffres varient considérablement d’une province à l’autre (voir les chiffres ci-bas).

Puis, à ces droits s’ajoutent une multitude d’autres coûts. D’abord, les frais supplémentaires obligatoires, qui varient selon les établissements : activités sportives, services de santé, associations étudiantes, etc. Toujours selon Statistique Canada, ces frais supplémentaires se chiffraient en moyenne à 817 $ en 2013-2014.

En outre, si votre enfant souhaite ou doit quitter la maison pour aller étudier, il faudra le loger et le nourrir. La majorité des étudiants vivent en résidence la première année. Voici les tarifs d’une université ontarienne : une place en résidence y coûte entre 6 180 $ et 8 670 $, et si l'on ajoute les repas, il faut compter de 1 900 $ à 2 480 $ de plus. Et n’oublions pas les manuels, l’ordinateur, les logiciels... et les sorties entre amis.

Après la première année, les étudiants préfèrent généralement emménager avec des colocataires, d’où certaines économies, que rongent toutefois le déménagement, les meubles, les accessoires de cuisine... Et pour le loyer, comptez 12 mois, même si l’année universitaire n’en a que huit.

Voici un exemple de coûts modiques : droits de scolarité, 5 700 $; frais supplémentaires obligatoires, 800 $; place en résidence, 6 200 $; repas, 1 900 $; autres frais, 1 400 $. Donc, 16 000 $, mais ces coûts peuvent être plus élevés selon les établissements. Comptez entre 16 000 $ et 20 000 $ par année (voire plus), c’est-à-dire entre 64 000 $ et 80 000 $ sur quatre ans.

De nombreux Canadiens se tournent vers le Régime enregistré d’épargne-études (REEE), séduits par la Subvention canadienne pour l’épargne-études (SCEE). Depuis 2007, les cotisations au REEE ne font l’objet d’aucune limite annuelle, hormis le plafond â vie de 50 000 $ par bénéficiaire.

La SCEE de base s’établit à 20 % des cotisations annuelles aux REEE admissibles, la subvention annuelle maximale étant de 500 $ (1 000 $ s’il reste des droits de cotisation d’une année précédente), sous réserve d’un plafond à vie de 7 200 $ par bénéficiaire. Comme il suffit de verser 2 500 $ par an pour toucher la subvention maximale, beaucoup de cotisants ne vont pas au-delà. D’après Kurt Rosentreter, représentant de Placements Manuvie, la majorité des parents ne mettent pas suffisamment d’argent de côté pour les études universitaires de leurs enfants, même s’ils cotisent à un REEE. L’inflation, le piètre rendement des placements et les frais de gestion élevés jouent contre eux.

Épargner 2 500 $ par an pendant 16 ans (de la naissance de l’enfant à son admission au cégep ou à l’université) donne 47 200 $, SCEE comprise. Il faudrait un taux de rendement annuel moyen de 3,45 %, déduction faite des frais, pour se retrouver avec un REEE de 64 000 $. Or, bien des épargnants n’obtiennent pas un tel rendement. Et puis il y a l’inflation. Si vous ouvrez un REEE aujourd’hui, il suffit d’un taux d’inflation de 2 % pour que le minimum de 64 000 $ enfle et atteigne 87 800 $ le jour de l’entrée à l’université. Alors que faire?

Parlez-en avec votre enfant. Soulignez que ses bonnes notes pourraient lui valoir une bourse. Invitez-le à travailler l’été, à participer au financement de ses études et à bien gérer son argent. À l’université, votre enfant vivra peut-être les plus belles années de sa vie. Seront-elles les plus ruineuses de la vôtre? Sûrement pas... si vous êtes prévoyant.

À propos de l’auteur

David Trahair


David Trahair, CPA, CA, chroniqueur, conférencier et auteur, a publié cinq ouvrages sur les finances personnelles. Son plus récent, rédigé pour CPA Canada, s’intitule Retraite et procrastination : guide de survie. Site web : www.trahair.com

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