Toujours en tête

Même après avoir « perdu » la branche énergie d’Alstom, la France abrite encore bien plus d’entreprises phares que de nombreux autres pays.

La mondialisation et ses mégafusions et acquisitions font craindre à de nombreux pays de perdre leurs entreprises phares. Le Canada s’inquiétait de perdre Macdonald Dettwiler and Associates (MDA), Potash Corp. of Saskatchewan Inc. et Alcan (Rio Tinto Alcan Inc.). Maintenant, c’est au tour de la France d’être en proie à l’angoisse de voir la branche énergie d’Alstom, fabricant de turbines et de trains, tomber dans les mains de General Electric.

Mais même si elle « perdait » Alstom, la France abrite encore bien plus d’entreprises phares que de nombreux autres pays, affirme Nicolas Véron. Chercheur invité du Peter G. Peterson Institute for International Economics à Washington, M. Véron a été classé parmi les dix penseurs les plus influents du monde par le magazine Bloomberg Markets en 2012.

Cette impression d’exode de masse des entreprises concorde bien avec l’image de pays en déclin que projette la France, écrit M. Véron. Ses exportations s’effondrent, son fardeau fiscal est devenu insupportable, sa notation a été abaissée, ses cerveaux et ses entrepreneurs émigrent.

Mais pour ce qui est des entreprises phares, cette impression n’est pas fondée. « C’est même le contraire », invoque M. Véron, en s’appuyant sur les représentations nationales, en nombre d’entreprises et en capitalisation boursière, dans le classement du Financial Times de 2013 des 500 plus grandes entreprises. Sur le plan du nombre d’entreprises et comparativement à la moyenne mondiale de 1,0, la France obtient une note de 1,50. Fait surprenant, l’Allemagne n’obtient que 0,9 et le Japon dépasse à peine la moyenne mondiale, avec 1,1. Les États-Unis et le Canada sont à égalité avec une note de 1,8, mais restent loin de la Suède (2,6) et de la Suisse (3,2), qui arrivent en tête du classement.

Sur le plan de la capitalisation boursière, le classement est semblable.

Depuis 1996, la France a fait beaucoup de chemin, comme d’autres pays. Cette année-là, pour ce qui est du nombre d’entreprises, les notes étaient de 0,75 pour la France, 0,45 pour l’Allemagne, 1,0 pour le Canada, et 1,5 pour les États-Unis. Le champion du monde était Hong-Kong (4,1).