Cinq conseils essentiels pour devenir un meilleur investisseur

Un comportement réaliste, discipliné et prévoyant peut aider les investisseurs à obtenir de meilleurs résultats.

Il est très difficile de prévoir l’évolution des marchés. Et les études montrent que peu d’investisseurs y parviennent. Or, nous sommes inondés de données économiques, d’études prévisionnelles et de manchettes alarmistes qui nous amènent à modifier nos portefeuilles, souvent au moment inopportun, pour profiter au maximum de chaque hausse ou baisse imminente.

En matière de placements, nous n’avons de pire ennemi que nous-mêmes. Dans une étude récente, la société Morningstar a mesuré l’incidence des comportements inadéquats sur les rendements. Pour ce faire, elle a examiné les rendements des fonds de placement américains et les a adaptés en fonction des rentrées et des sorties de fonds pour déterminer les résultats réellement obtenus par l’investisseur. Elle a ainsi constaté que l’investisseur type avait réalisé un gain de 4,8 % (par année) au cours de la période de 10 ans terminée le 31 décembre 2013, tandis que le fonds typique avait affiché un gain de 7,3 %.

Cet écart de 2,5 % par année est considérable. En effet, si une somme de 100 000 $ avait été placée pendant 10 ans dans un fonds ordinaire, ce placement vaudrait aujourd’hui 200 000 $, alors que dans le portefeuille de l’investisseur moyen, il ne vaudrait que 160 000 $. Selon Morningstar, cet écart s’explique principalement par le comportement de l’investisseur, particulièrement la décision d’acheter après une hausse ou de vendre après une baisse.

La société Dalbar évalue les sociétés de placement et les conseillers, et publie un rapport annuel dans lequel elle tire la même conclusion. Son analyse quantitative mesure les effets des décisions des investisseurs d’acheter ou de vendre, ou d’augmenter ou de réduire, leurs positions dans les fonds de placement. Elle conclut, dans son rapport de 2013, que peu importe l’état du marché des fonds de placement, les résultats dépendent plus du comportement des investisseurs que du rendement des fonds. Les investisseurs qui sont patients et qui conservent leurs placements obtiennent de meilleurs
résultats que ceux qui tentent de prévoir l’évolution du marché.

Bref, le comportement est un facteur déterminant. Sachant cela, si vous évitez les pièges, il est sans doute possible d’obtenir de meilleurs résultats et d’avoir plus confiance en vos moyens. Les cinq conseils qui suivent sont tirés du rapport intitulé The Five Essential Elements to Being a Better Investor, que l’on peut se procurer auprès de Steadyhand Investment Funds.

SOYEZ RÉALISTE

Vous devez d’abord évaluer vos connaissances et vos compétences, décider du temps que vous êtes prêt à consacrer à vos placements et, surtout, déterminer votre profil. Vous pourrez ainsi bâtir un portefeuille qui vous convient.

Capacité de prévoir l’évolution des marchés

Vous devez être réaliste dans l’évaluation de vos capacités, mais aussi de celles des professionnels auxquels vous avez recours. Les conseillers, les analystes et les économistes ont beau être bien informés, ils n’ont pas de boule de cristal. La direction que prennent les marchés au cours d’une journée, d’une semaine, d’un mois ou même d’une année est pratiquement aléatoire. Donc, même si les experts sont toujours certains de leurs prévisions, ils ont souvent tort.

Cela ne signifie pas que vous ne devriez pas prendre connaissance des études sérieuses et écouter l’opinion des experts. Bien au contraire. Vous devrez cependant vous méfier des personnes qui émettent souvent et avec assurance des prévisions sur l’évolution à court terme des marchés, et continuer d’écouter les experts dont les méthodes et l’expérience vous inspirent confiance.

Rendements futurs

À court terme, il faut s’attendre à tout. Les titres de croissance peuvent monter et baisser de 15 % à 25 % durant une année, et même les portefeuilles des investisseurs les plus prudents peuvent baisser durant un trimestre ou une année.

Au final, c’est le marché qui détermine ce que vous récolterez. En effet, quelles que soient la structure et la composition de votre portefeuille, c’est le rendement des marchés boursiers et obligataires qui aura la plus grande incidence sur vos résultats. Vous ferez peut-être mieux que le marché, mais il est peu probable que la marge soit très grande.

Les compromis sont inévitables. En privilégiant la sécurité et la prévisibilité, on obtient de moins bons rendements à long terme; les rendements supérieurs vont généralement de pair avec une volatilité accrue et un plus grand risque de perte.

PLANIFIEZ À LONG TERME

Il est important d’avoir un plan; l’être humain a une capacité d’attention limitée et investir pour la retraite est une entreprise de longue haleine. Votre plan n’a pas à être complexe, mais il doit refléter votre situation et englober l’ensemble de vos actifs financiers.

Situation personnelle

La composition de votre portefeuille doit tenir compte de votre âge et de votre horizon de placement, des possibilités et des risques que présente votre carrière, de vos objectifs et de vos besoins en matière de revenu de retraite, de vos sources de revenu (maintenant et à la retraite), de vos personnes à charge, de vos dettes et du reste de votre patrimoine.

Vue d’ensemble

Votre plan doit englober tous vos placements. Vous ne pouvez élaborer une stratégie pour votre REER sans tenir compte de vos épargnes non enregistrées. Vos décisions doivent être fondées sur l’ensemble de votre portefeuille.

À moins que votre situation ne soit complexe, vous devriez pouvoir établir vous-même votre plan, ou le faire avec l’aide d’un planificateur financier. Cela dit, un élément du plan mérite un examen plus approfondi : la répartition stratégique de l’actif.

Répartition stratégique de l’actif

La répartition stratégique de l’actif (RSA) consiste à déterminer la composition à long terme de l’actif selon la situation particulière de l’investisseur. Il s’agit de prévoir quels types d’actifs lui permettront d’atteindre ses objectifs. Une épargnante de 50 ans pourrait par exemple détenir 30 % d’obligations, 40 % d’actions canadiennes et 30 % d’actions américaines et internationales, tandis qu’un investisseur de 75 ans pourrait opter pour 10 % de liquidités, 50 % d’obligations, 25 % d’actions canadiennes et 15 % d’actions étrangères.

La RSA est à la base de toutes les décisions et sert à comparer les rendements de vos placements. Elle doit être simple et facile à établir. Elle doit évoluer progressivement en fonction de votre âge et des diverses étapes de votre vie, mais elle ne devrait pas être modifiée au gré des fluctuations à court terme du marché.

PROCÉDEZ MÉTHODIQUEMENT

Une fois votre portefeuille établi, il reste d’importantes tâches à accomplir, dont son rééquilibrage périodique et la gestion des liquidités.

Rééquilibrage

Le rééquilibrage consiste à rajuster la composition de votre portefeuille de manière à ce qu’elle concorde avec la répartition stratégique de votre actif. Le rééquilibrage devrait être automatique. Ainsi, quelle que soit l’évolution des marchés, votre portefeuille sera rééquilibré, par exemple tous les six mois ou tous les ans, lorsque la proportion d’obligations par rapport au pourcentage cible excédera un pourcentage donné, ou lors d’une cotisation ou d’un retrait. Le rééquilibrage automatique offre en outre l’avantage suivant : il empêche l’investisseur d’agir sous le coup de l’émotion.

Gestion des liquidités

Que vous soyez au stade de l’accumulation ou au stade du décaissement, il vous faut une stratégie de gestion des liquidités. Autrement dit, vous devez avoir un plan qui établit à quel moment vous cotiserez (ou ferez des décaissements), et quels seront les montants et les comptes en cause.

Habituellement, la gestion des cotisations est simple : elles sont affectées aux placements qui permettront de respecter la répartition stratégique établie. Par contre, les décaissements périodiques nécessitent plus de réflexion. Vous devez déterminer de quel compte les fonds doivent provenir (enregistré ou non) et quels placements liquider pour limiter au maximum l’impôt à payer.

SOYEZ PRÊT À AFFRONTER LES FLUCTUATIONS EXTRÊMES

La question n’est pas de savoir si les marchés vont bondir ou chuter, mais bien quand cela se produira. Les marchés financiers sont influencés par des facteurs mystérieux qui ont peu à voir avec vos préoccupations quotidiennes. Votre aptitude à braver les tempêtes aura une incidence certaine sur les rendements que vous saurez tirer à long terme.

Baisses des marchés

Les baisses sont inévitables; aucun investisseur ne peut y échapper à long terme. Soyez prêt à affronter les baisses, mais aussi le négativisme et l’alarmisme qu’elles suscitent. Les investisseurs, les conseillers et les médias deviennent tous très agités et ont la vue courte quand les marchés se mettent à dégringoler.

Tempérament

Votre temperament (ou celui de votre conseiller) est un facteur crucial. Savoir garder son calme pendant les périodes fluctuations extrêmes une question non seulement d’intelligence, mais aussi de gestion des émotions. Il est bon de savoir sur qui vous pourrez compter.

Action et inaction

Quand les marchés et la confiance des investisseurs sont au plus haut ou au plus bas, ce n’est pas le moment de chambarder votre portefeuille. C’est dans ces périodes que les plus graves erreurs sont commises. Il devient alors très important de respecter votre plan de placement, même s’il ne vous inspire plus confiance. Comme le dit Warren Buffett, Wall Street profite de l’action, tandis que c’est l’inaction qui vous est profitable.

Les fluctuations extrêmes fournissent des occasions à saisir. Vous pouvez les craindre et tenter de les éviter, ou les accepter et en tirer parti.

AGISSEZ EN CHEF DE LA DIRECTION

Comme tout bon chef de la direction, vous devez savoir déléguer. À moins que vous ne soyez entièrement autonome, vous confiez au moins une partie de la gestion de votre portefeuille à une autre personne. Il est important dans ce cas d’obtenir l’aide dont vous avez besoin sans toutefois mettre à contribution un trop grand nombre d’intervenants.

C’est à vous de décider qui engager et qui congédier. Vous devez trouver quelqu’un qui a fait ses preuves et qui a l’expérience et les compétences voulues, en qui vous avez confiance et sur qui vous pourrez compter pendant les moments difficiles.

Gestion des coûts

Tout comme le bénéfice d’une entreprise, le rendement de votre portefeuille dépend à la fois des produits et des charges. Si vous payez des honoraires pour des services de gestion et des conseils, assurez-vous que vous avez vraiment besoin de ces services et que leur coût est justifié.

Suivi

Un chef de la direction suit les progrès de son entreprise et évalue ses résultats. Vous devriez reconsidérer votre plan annuellement, mesurer le rendement obtenu et faire le « bilan de santé » de votre portefeuille. Mieux vaut effectuer un examen annuel exhaustif que de faire plusieurs examens sommaires en cours d’année.

Quel que soit votre degré de participation à la gestion de votre portefeuille, vous devez savoir de quoi est composé votre actif, pourquoi votre portefeuille dévie de sa répartition stratégique, quels résultats vous avez obtenus (en termes absolus et par rapport à la répartition stratégique), ce qui a le plus influé sur vos rendements et combien vous avez payé pour obtenir des services et des conseils.

À notre avis, les investisseurs disciplinés obtiennent de meilleurs rendements, et ils ont davantage confiance en eux. Pour obtenir la version intégrale du rapport, rendez-vous à steadyhand.com.

Tom Bradley est président et cofondateur, et Scott Ronalds est directeur de la recherche et des communications, de Steadyhand Investment Funds Inc.

Réviseur technique : Garnet Anderson, CPA, CA, CFA, vice-président et gestionnaire de portefeuille, Tacita Capital Inc.

À propos de l’auteur

Tom Bradley and Scott Ronalds


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