La générosité, Julianne Favron

Julianne Favron a travaillé avec une organisation au Burundi nommée Village Health Works.

Julianne Favron, Ottawa

En 2011, Julianne Favron décide de fêter la fin de la période des impôts en partant découvrir l'Afrique avec un ami. « J'ai pris tout le mois de mai. Nous avons gravi le Kilimandjaro, retrouvé un autre ami qui faisait du bénévolat en Zambie et fait un safari au Botswana et en Afrique du Sud », raconte-t-elle. Quand elle a réintégré ses fonctions de directrice en fiscalité chez Collins Barrow Ottawa LLP, Julianne a compris que l'aventure ne faisait que commencer : sans le vouloir, elle était tombée sous le charme d'un continent et de ses peuples.

« Il n'y a qu'en Afrique que j'ai vu autant de gens sourire. Au Canada, je travaille généralement avec des gens fortunés, et on en veut toujours un peu plus. Les Africains que j'ai côtoyés aiment la vie; ils apprécient les moindres choses. Quel contraste! », poursuit-elle.

La comptable a immédiatement souhaité retourner en Afrique comme bénévole : « Je ne voulais pas faire n'importe quoi; je cherchais à mettre mes compétences à profit. » Après quelques recherches Google, elle découvre AfiD. En septembre 2011, Mme Favron remplit une demande où elle résume son bagage professionnel, ses centres d'intérêt et les raisons qui l'amènent à vouloir s'investir à l'étranger. Elle s'entretient ensuite au téléphone avec un représentant d'AfiD pour discuter des possibilités : « J'avais jeté mon dévolu sur la Tanzanie, mais on m'a proposé le Burundi. J'ignorais où était ce pays, mais on m'a donné le numéro de téléphone d'un bénévole qui y avait séjourné. Son enthousiasme pour ce pays m'a convaincue, donc j'ai fait un saut dans l'inconnu et je suis partie. »

Résolue, Mme Favron demande une année sabbatique, vend sa maison et tous ses biens, boucle ses valises et prend l'avion en décembre 2011. Elle fait un bref séjour en Angleterre pour voir sa mère et assister à un atelier pour les bénévoles d'AfiD, puis part pour le Burundi. Située à Kigutu, bourgade nichée en montagne, la clinique Village Health Works (VHW) compte quatre médecins et emploie des villageois. Outre les soins, on y offre des programmes de formation, de développement économique et de sécurité alimentaire pour contrer les difficultés socioéconomiques qui minent la santé. « La clinique accueille environ 150 patients par jour, dont certains ont fait 8 heures de marche, à cause du manque criant de médecins dans la région », explique la jeune femme.

Julianne a surtout dû élaborer des stratégies opérationnelles et des politiques de gestion en comptabilité générale; elle a aussi montré au comptable comment utiliser un nouveau système en ligne : « La clinique est à deux heures de route de la capitale, Bujumbura, où travaille le comptable de l'organisation. Nous avons créé des procédures de décaissement et des comptes distincts pour chaque programme, et amélioré la communication de l'information financière afin de pouvoir faire rapport aux donateurs. »

En janvier 2013, Julianne a repris son travail à Ottawa, tout en continuant d'aider VHW par courriel. En janvier dernier, elle est retournée passer un mois au Burundi. VHW avait obtenu un financement de l'Unicef pour ouvrir une maternelle, et Mme Favron a montré aux responsables comment produire des rapports informatiques pour chaque donateur, précisant où vont leurs fonds. Elle les a aussi aidés à clôturer l'exercice 2013, à préparer les rapports financiers, à améliorer l'efficience et à former les recrues.

« Le bénévolat a changé ma vie, et je sais que je vais en refaire, conclut-elle. Au Canada, il est facile d'oublier ce qui compte vraiment. Mais au Burundi, tout le monde se tient les coudes. Nous mangions tous ensemble à une même table tous les jours. J'ai rencontré une foule de gens qui semblaient très heureux. Je n'ai pas touché de salaire, mais j'ai été récompensée au centuple. »


Julianne Favron
Julianne Favron admirant le paysage, au pied du château d’eau de l'organisme Village Health Work à Kigutu (Burundi).

Kigutu
Des membres de la communauté de Kigutu regardent les joueurs de tambour burundais de Village Health Works s'exercer.

Burundi
Julianne Favron travaille avec Hilarie Inagapfasoni, pharmacienne de la clinique Village Health Works à Kigutu (Burundi).

la province de Bururi
Julianne Favron visite une école de la province de Bururi (Burundi), en mai 2012

De Village Health Works
Julianne Favron en compagnie de l'équipe des finances de Village Health Works : Claire Inarukundo, directrice des finances, et Gloriose Nigarura, comptable.

À propos de l’auteur

Mary Teresa Bitti


Mary Teresa Bitti est rédactrice indépendante à Oakville (Ontario).

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