Faisons la leçon aux politiciens!

Le gouvernement doit dépenser moins, et mieux, soutient le chroniqueur David Descôteaux.

Dans certaines provinces, notamment au Québec et en Ontario, la dette publique augmente de 700 millions $ à un milliard... chaque mois! Pendant ce temps, les recettes des gouvernements en matière de taxes et d'impôts se révèlent inférieures à ce qu'ils avaient estimé. Par conséquent, incapables de boucler leurs budgets, ces gouvernements se retrouvent en déficit et repoussent toujours à plus tard le moment où ils équilibreront leur budget.

La question qui devrait nous préoccuper est la suivante : quelles sont les solutions sur le plan des finances publiques? Établir une liste des priorités et s'y conformer? Abandonner des missions non prioritaires de l'État pour dégager des ressources? Malheureusement, la réaction de la plupart des politiciens - et de nombreux observateurs - est plus prévisible : on cherche à créer de nouvelles taxes, ou de nouveaux frais. Comme si nous n'en payions pas suffisamment!

Le pire, c'est que pendant qu'ils cherchent de nouveaux moyens de faire payer les contribuables, les politiciens continuent de dépenser autant, sinon davantage qu'auparavant. Malgré les faux discours d'« austérité » que l'on entend à droite comme à gauche, le gaspillage continue de plus belle.

Cette question me rappelle une chronique que j'avais écrite il y a près de trois ans, où j'expliquais que trop souvent, nos gouvernements appliquent une version tordue de la théorie politique Affamer la bête (Starve the beast), popularisée aux États-Unis à l'époque de Ronald Reagan dans le but réduire la taille de l'État. Cette théorie se résume ainsi : on diminue les impôts des citoyens pour créer un déficit budgétaire, et ensuite on dit : « Nous n'avons plus d'argent, il faut couper dans les dépenses! »

La version 2014 semble être celle‑ci : on multiplie les subventions, on fait des promesses irréalistes, on distribue des bonbons à une foule de groupes de pression pour aider à se faire réélire... Et quand l'argent manque pour les services essentiels de l'État, qu'il s'agisse de la santé, de l'éducation ou des transports, on dit : « il faut hausser la taxe de vente, les tarifs d'électricité et les taxes sur l'essence, sinon les gens vont mourir dans les hôpitaux, et les ponts vont s'écrouler! »

Au lieu d'affamer la bête, on l'engraisse, pour affamer... le contribuable.

Trop d'impôt tue l'impôt

Cette façon de faire doit cesser, car elle est vouée à l'échec.

Au-delà d'un certain seuil d'imposition, les gens dépensent moins, l'économie ralentit et le gouvernement reçoit moins de revenus. Même le ministre des Finances du Québec, Nicolas Marceau, le reconnaît. À propos de la question des revenus générés par la taxe de vente du Québec (TVQ), qui ont connu une érosion de 942 millions $ par rapport aux prévisions, le ministre a pointé du doigt l'augmentation de deux points de pourcentage de la TVQ décrétée par le gouvernement précédent. « Plus on va loin, moins il y a de rendement sur les impôts perçus, et le gouvernement libéral est allé très, très loin », a-t-il dit en novembre dernier, selon ce que rapportait Le Devoir.

En Ontario, certains s'inquiètent des intentions du gouvernement libéral d'aller chercher environ 10 milliards $ de plus dans les poches des contribuables pour financer le transport en commun et bonifier les régimes de retraite des Ontariens.

De plus, un énorme défi fiscal se profile à l'horizon : celui lié au vieillissement de la population. Une étude universitaire démontrait récemment qu'au Québec, si l'on veut contrôler les dépenses en santé, il faudrait, d'ici une quinzaine d'années, augmenter de 60 % l'ensemble des impôts et des taxes perçus par le gouvernement!

Et cette question du vieillissement de la population se reflètera ailleurs dans le pays, à divers niveaux.

Le gouvernement doit dépenser moins, et mieux. Pour ce faire, nous devrons sans doute imposer des contraintes aux politiciens afin de limiter leur pouvoir de dépenser, car livrés à eux-mêmes, ils continueront de penser à court terme et d'acheter des votes, sans se préoccuper de l'avenir ni des prochaines générations.

À propos de l’auteur

David Descôteaux


David Descôteaux est chroniqueur économique dans la région de Montréal.

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