Entretien avec les leaders du CNAC

La nouvelle présidente et le nouveau vice-président du Conseil des normes d'audit et de certification du Canada nous parlent de leur fonction de normalisateur et des projets du CNAC pour la prochaine année.

Le Conseil des normes d'audit et de certification (CNAC) du Canada a une nouvelle présidente, Cathy MacGregor, CA, et un nouveau vice-président, Darrell Jensen, CPA, CA, pour le mandat 2014-2016. Ils nous parlent de leur fonction de normalisateur et des projets du CNAC pour la prochaine année.

La nouvelle présidente

Originaire de la côte nord de la Nouvelle-Écosse, Cathy MacGregor est diplômée de l'Université Saint Francis Xavier. Elle est directrice nationale de l'assurance qualité chez Grant Thornton LLP, où elle exerce la profession depuis 25 ans. Elle a fourni des services d'audit à une clientèle diverse, allant des petites entités à capital fermé aux grandes sociétés cotées, en passant par les OSBL. Mme MacGregor est membre du CNAC depuis cinq ans et en a assumé la vice-présidence durant les deux dernières années.

Elle et son mari, aussi CA, ont de jeunes enfants et un chien. Dans ses temps libres, elle aime aller encourager les équipes locales de hockey.

Le nouveau vice-président

Darrell Jensen a grandi sur la côte sud de la Nouvelle-Écosse. Après avoir étudié à l'Université Saint Mary's, il a entamé sa carrière chez Ernst & Young LLP, à Halifax. Il a par la suite déménagé à Toronto, puis à Edmonton, pour finalement revenir à Toronto.

Au fil de ses 27 années de carrière chez EY, M. Jensen a travaillé auprès de sociétés ouvertes, de sociétés à capital fermé et d'OSBL de divers secteurs. Maintenant associé du groupe national des services de comptabilité et de certification du cabinet, à Toronto, il fournit des services-conseils sur un large éventail de questions complexes concernant l'audit et la comptabilité. M. Jensen dirige également les activités relatives à l'inspection de la qualité des audits d'EY et travaille en étroite collaboration avec les autorités de réglementation en matière d'audit des sociétés ouvertes.

Il est membre du CNAC depuis mars 2010. Son épouse et lui aiment voyager et passer du temps à leur chalet avec leur chien.

Quand et pourquoi vous êtes-vous intéressés à la normalisation?

CM : Je m'intéresse à la normalisation depuis le début de ma carrière. Lorsque l'on exerce en audit, les normes ont une incidence directe sur le travail quotidien. Mon intérêt s'est accru lorsque j'ai été nommée associée, Normes nationales d'audit, chez Grant Thornton en 2008. Peu après, j'ai été invitée à me joindre au CNAC.

DJ : Depuis un certain temps déjà, je joue un rôle actif dans l'assurance de la qualité des missions de certification au sein de mon organisation, ce qui m'a permis de réaliser à quel point il est important d'avoir des normes canadiennes de haute qualité. C'est un aspect crucial de l'assurance qualité.

Vos expériences professionnelles sont intéressantes et variées. Y a-t-il un aspect marquant dont vous aimeriez faire part aux comptables en début de carrière?

DJ : J'ai vécu et travaillé dans trois provinces et j'ai été brièvement détaché en Australie, chaque endroit comportant des exigences et des défis particuliers. J'ai aussi travaillé auprès d'un large éventail de clients dans de nombreux secteurs. La diversité des expériences permet d'acquérir une perspective inestimable.

CM : L'aspect le plus marquant de ma carrière a été ma capacité à concilier travail et vie personnelle. À une certaine époque, alors que je m'apprêtais à prendre la difficile décision de quitter la profession pour me consacrer à ma jeune famille, mon mentor professionnel m'a convaincue qu'il était possible de maintenir un bon équilibre travail-vie personnelle grâce à une formule de travail flexible. Cette formule adaptée à mes besoins m'a permis de continuer d'assumer mon rôle d'associée et de gravir les échelons malgré mes heures de travail réduites.

Pourquoi le milieu des affaires devrait-il s'intéresser à la normalisation?

CM : Les normes de haute qualité protègent le public en exigeant la communication d'informations de qualité. Le processus de consultation mené auprès du milieu des affaires et des autres parties prenantes constitue l'une des meilleures façons de veiller à la haute qualité des normes. Nous examinons attentivement les différents points de vue exprimés avant de parvenir à une conclusion. La participation du milieu des affaires aux activités de normalisation est essentielle à la santé de nos marchés.

DJ : Les normes sont élaborées dans le but de servir l'intérêt public et ont une incidence sur chacun des membres du milieu des affaires. Les points de vue exprimés par ces derniers (dans le cadre d'une table ronde, d'un groupe de discussion, d'un sondage ou en réponse à un document de consultation) sont essentiels à l'élaboration de normes de haute qualité. Sans la participation active du milieu des affaires, les normes ne seraient peut-être pas aussi pertinentes qu'elles devraient l'être.

Pourquoi le bénévolat est-il important pour vous?

CM : Exercer une influence directe sur l'issue d'une question apporte une grande satisfaction. Cela peut paraître cliché, mais j'aime pouvoir améliorer les choses. Le bénévolat est donc très important pour moi. En plus d'être membre du CNAC, j'ai siégé au conseil et au comité des normes professionnelles de l'ordre des CA de la Nouvelle-Écosse, ainsi qu'au conseil de nombreux organismes sans but lucratif (OSBL), et j'ai même fait du bénévolat pour les équipes de hockey de mes garçons.

DJ : Le bénévolat est extrêmement important. Il réunit des gens provenant d'horizons différents, chacun ayant leur façon particulière de voir les choses, et leur donne l'occasion de collaborer pour réaliser un travail important. Par exemple, je copréside actuellement le comité mixte chargé de mettre à jour la prise de position conjointe du CNAC et de l'Association du Barreau canadien. Ce groupe est constitué de membres du milieu juridique, d'auditeurs provenant de petits et de grands cabinets, ainsi que de préparateurs d'états financiers (dont certains ont à la fois une formation juridique et une formation comptable). J'assiste à des échanges enrichissants, chacun étant fermement déterminé à élaborer une nouvelle prise de position conjointe pertinente et représentative du contexte actuel.

Que représente le CNAC pour vous?

CM : Quelle question difficile! Le CNAC représente les intérêts des parties prenantes canadiennes, ce qui englobe les utilisateurs d'états financiers, les préparateurs, les auditeurs et le grand public. Pour moi, cela signifie que le CNAC joue un rôle crucial dans le marché canadien.

DJ : J'abonde dans le même sens. L'engagement des permanents et des membres du CNAC m'impressionne au plus haut point. Ils consacrent beaucoup de temps et d'efforts à l'étude des besoins des diverses parties prenantes canadiennes. Les expériences diversifiées des membres du CNAC et du Conseil de surveillance de la normalisation en audit et certification, qui supervise nos travaux, nous permettent d'avoir un vaste éventail de points de vue (soit ceux de professionnels au sein de cabinets de toutes tailles, d'auditeurs du secteur public et d'universitaires), ce qui contribue à assurer la haute qualité de nos normes.

Quelles seront les principales questions dont s'occupera le CNAC cette année?

CM : Deux sujets certainement prioritaires pour le CNAC et nos parties prenantes sont le rapport de l'auditeur et la pertinence de l'audit.

DJ : Nous consacrerons aussi beaucoup de temps à la qualité de l'audit et nous continuerons de participer activement au processus international de normalisation pour nous assurer qu'il demeure pertinent pour les cabinets canadiens.

Le Canada doit-il faire des compromis depuis qu'il adopte les Normes internationales d'audit (ISA) en tant que Normes canadiennes d'audit (NCA)?

DJ : C'est assurément plus complexe. Nous participons activement aux activités du Conseil des normes internationales d'audit et d'assurance (IAASB), et l'influence du Canada sur l'élaboration des normes ISA est impressionnante. Participer à des activités internationales nous permet d'élargir notre perspective, ce qui est bénéfique pour l'élaboration des normes canadiennes.

Toutefois, les normes internationales s'accompagneront toujours d'un élément de compromis en raison de la diversité mondiale. Mais cela est contrebalancé par les avantages que procure la compétitivité sur la scène internationale. Notons aussi que nous pouvons modifier les normes ISA pour tenir compte de circonstances propres au contexte canadien lorsque cela sert l'intérêt public.

CM : Avoir un ensemble unique de normes d'audit est d'une importance incontestable et sert notre intérêt à tous. Le CNAC représente les parties prenantes canadiennes et a une forte influence sur la scène internationale. Cela dit, la question du rapport de l'auditeur pourrait mettre à l'épreuve notre modèle actuel. Notre priorité demeurera toujours de servir l'intérêt public au Canada. Il sera intéressant de voir comment les choses évolueront!

À propos de l’auteur

Daniella Girgenti


Daniella Girgenti est responsable des communications, Normalisation, à CPA Canada. Jacqui Kuypers, CPA, CA, est directrice de projets, Normes d'audit et de certification, à CPA Canada et contribue aux travaux de normalisation du CNAC.

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