Quelles sont les qualités du bon leader?

Le courage d’énoncer une vision simple, l’affabilité et la capacité à établir des priorités et à les exécuter distinguent les bons leaders des mauvais.

Quels sont les problèmes les plus courants qu’on observe chez les leaders? Certains leaders définissent une excellente vision, mais n’arrivent pas à l’exécuter. Certains ont une équipe inefficace. D’autres passent leur temps en réunion et perdent de vue les vraies priorités. En tant que mentors pour cadres supérieurs, nous travaillons constamment avec des leaders. Or, on nous demande souvent : « Quelles sont les qualités du bon leader? »

Nous allons aborder ici quelques caractéristiques importantes que nous retrouvons chez les très bons leaders. Mais il faut préciser d’abord que le succès du leader tient parfois à la chance. Par exemple, un leader peut gérer avec compétence et un événement défavorable survient : l’économie s’effondre, un concurrent bouleverse le marché en lançant tout à coup un nouveau produit ou une modification législative vient limiter la compétitivité. Et parfois, un leader gère avec compétence et c’est un événement favorable qui survient : le succès est exponentiel.

Ce qu’il faut retenir ici, ce n’est pas l’importance du facteur chance; c’est qu’il y a toujours des circonstances qui échappent au contrôle du leader. Même s’il est compétent, il n’est pas à l’abri des revers et n’a aucun contrôle sur la chance. La seule chose qu’il maîtrise, c’est sa façon de diriger, et c’est ce que nous allons aborder. Si vous aspirez à devenir un leader ou si vous cherchez à améliorer vos compétences de leader, considérez les points forts ci-dessous et demandez-vous dans quelle mesure vous êtes sur la bonne voie.

Le bon leader a le courage d’énoncer une vision simple

La vision et son plan d’exécution peuvent être complexes, mais ils doivent être communiqués d’une façon facile à comprendre. Trop de leaders transmettent à leur personnel des documents de stratégie longs et complexes. Une bonne vision est une vision que tous les membres du personnel peuvent énoncer facilement. Les employés doivent d’abord savoir quelle direction le leader souhaite imprimer à l’entreprise, puis comprendre ce que cela suppose et, enfin, savoir ce qu’ils ont à faire en vue de réaliser cette vision. Le leader compétent sait traduire la vision en éléments que chacun peut exécuter; il montre clairement ce que chaque personne peut faire pour aider l’entreprise à appliquer sa stratégie et sait mobiliser chacun en conséquence.

On ne peut pas lésiner sur l’exécution

L’exécution consiste à intervenir activement dans tous les aspects de l’entreprise. À cette fin, le leader doit travailler fort et aller au fond des choses. L’amélioration exige du temps et des efforts soutenus. Le leader doit avoir des entretiens à tous les niveaux et analyser l’entreprise pour en connaître les points forts et les points faibles. À l’égard des points forts, il peut encourager ses subordonnés à assumer davantage de responsabilités. À l’égard des points faibles, il doit mettre la main à la pâte afin de redresser la situation. Il peut poser des questions, réévaluer les compétences et préciser la vision ou remplacer des employés au besoin. C’est en considérant chaque aspect de l’entreprise, en encourageant et en motivant les éléments forts, et en se retroussant les manches pour aider les éléments faibles qu’il favorisera l’exécution de la stratégie.

Le leader efficace sait se concentrer sur les vraies priorités

Un bon leader possède le sens des priorités. Il établit chaque jour et chaque semaine les points à privilégier et ne s’empêtre pas dans les menus détails. Il se concentre sur les vraies priorités. Selon une étude du Harvard Business Review, « 90 % des cadres perdent leur temps dans une foule d’activités inefficaces. Autrement dit, seulement 10 % des cadres ont un emploi du temps judicieux, réfléchi et productif. » Au lieu de consacrer trop de temps aux réunions, aux courriels et aux appels téléphoniques, il est essentiel de réserver du temps aux initiatives stratégiques. En outre, un bon leader sait choisir les enjeux à cibler. Il se concentre sur les aspects qu’il sait qu’il peut changer, sans tenter de réorganiser l’entreprise de fond en comble.

Le bon leader est ouvert

« C’est étonnant ce qu’on peut accomplir quand on ne se soucie pas de qui en recevra le mérite », a dit Harry Truman. Un bon leader est ouvert. Il fait confiance à ses collaborateurs, partage le mérite avec eux et les incite à se dépasser. Il sait les mettre en valeur.

Être ouvert consiste aussi à déléguer une partie du travail pour pouvoir se consacrer à la croissance de l’entreprise. Un bon leader sait qu’il n’a pas besoin de s’imposer ni d’épater la galerie. Il accepte de demander de l’aide et de ne pas tout faire lui-même. Parfois, un collègue ou un associé possède d’autres compétences que les siennes, plus susceptibles d’ajouter de la valeur pour le client.

À cet égard, le leader doit vraiment déléguer le travail et faire entièrement confiance à ses collaborateurs. En outre, il sait établir des liens, à l’externe comme à l’interne. Il dispose d’un réseau de personnes-ressources dans d’autres cabinets professionnels, sait lesquels répondent aux besoins de sa clientèle et entretient ces relations. Il aborde les relations internes de la même façon que les relations externes, en les cultivant à bon escient.

Le bon leader s’entoure d’une équipe solide qu’il sait gérer

Personne ne réussit seul. Les meilleurs leaders s’entourent d’une excellente équipe qu’ils gèrent avec compétence. À mesure que les fonctions du leader prennent de l’importance, ses responsabilités augmentent — et pour diriger un groupe élargi de personnes, il a besoin d’aide, d’où l’importance de l’équipe. Premièrement, les membres de l’équipe échangent des idées (plusieurs têtes valent mieux qu’une : points de vue plus variés, meilleures idées). Deuxièmement, l’équipe amène le leader à se remettre en question et l’aide ainsi à éviter des erreurs. Troisièmement, l’équipe donne du poids au leader : elle peut décharger celui-ci en partie en faisant la promotion de la vision et de la stratégie. Lorsque les membres de l’équipe partagent une vision, ils s’engagent mutuellement à l’exécuter. Il arrive qu’un leader dispose de la bonne équipe, mais ne sache pas l’utiliser. En matière de leadership, il importe de savoir choisir et gérer efficacement une équipe et d’entretenir continuellement cette compétence. Lorsque toute l’équipe de direction met la vision à exécution, la stratégie est promise au succès.

Le bon leader est affable et possède une forte présence

Il arrive qu’un leader possède une espèce d’ascendant naturel difficile à cerner (voir « Comment renforcer son image de leader » dans le numéro d’avril). Cela tient à l’image qu’il projette, à sa façon de communiquer et à sa prestance. Souvent, il est très affable, très cordial au téléphone et très avenant. Il ne donne pas l’impression d’être stressé; et même s’il l’est, il paraît calme et accommodant. S’il est tendu, il n’en montre rien. Cette qualité est importante, car elle inspire confiance et rallie les gens à sa cause.

Avec ces compétences et un brin de chance, vous réaliserez votre vision; telle est l’essence du leadership. Concentrez-vous sur les aspects que vous pouvez maîtriser. Le succès tient à votre façon de diriger et de mobiliser les autres, si vous savez vous y prendre.

À propos de l’auteur

Sandra Oliver


Sandra Oliver est mentore pour cadres supérieurs et propriétaire d’Impact Coaches, un cabinet mondial de mentorat en entreprise. Elle dirige aussi la rubrique Ressources humaines de CPA Magazine. On peut la joindre à sandra@impact-coaches.com.

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