La course vers le libre-échange

Un rapport récent souligne que des accords de libre-échange calqués sur l’ALÉNA ne peuvent qu’aggraver la situation déjà précaire du secteur de l’automobile canadien.

La poursuite obstinée d’accords de libre-échange calqués sur l’ALÉNA ne peut qu’aggraver la situation déjà précaire du secteur canadien de l’automobile. C’est ce qu’affirme Jim Stanford, économiste à Unifor, dans Canada’s Auto Industry and the New Free Trade Agreements: Sorting Through the Impacts, étude publiée par le Centre canadien des politiques alternatives, à Ottawa.

Selon l’auteur, le modèle de l’ALÉNA implique l’accès complet au marché et l’absence d’exigences relatives à la teneur nationale ainsi que de liens avec les décisions d’investissement futures. Si on l’appliquait aux accords de libre-échange avec l’UE, le Japon et la Corée, ce modèle accentuerait les déséquilibres bilatéraux avec ces partenaires commerciaux, fragilisant progressivement la production automobile canadienne et compromettant les investissements futurs des équipementiers.

La particularité de l’industrie canadienne de l’automobile, souligne l’étude, est que l’établissement et le maintien d’installations de production au pays dépendent entièrement des décisions d’équipementiers à l’étranger. Dans ses politiques commerciales, le Canada devrait donc renforcer ses incitations et les encourager à maintenir et à élargir leurs activités au pays.

M. Stanford soutient que cette mesure est urgente. Le secteur canadien de l’automobile a atteint un sommet en 1999, son excédent net totalisant alors 14 G$. Il ne cesse de péricliter depuis, et a affiché un déficit record de 18 G$ en 2013. En 2006, pour la première fois, les importations dépassaient les exportations, dont le déclin s’est poursuivi, la consommation dépassant la production.

« Les négociateurs commerciaux du Canada devraient tenir compte de cette douloureuse réalité, prévient M. Stanford. Nos politiques commerciales ne devraient pas être sous-tendues par la croyance naïve que la libéralisation sera automatiquement bénéfique. Elles devraient plutôt chercher à accroître les investissements au pays. »