Étoiles montantes

CPA Magazine vous présente des étoiles montantes de la profession. Ces comptables exercent dans différents secteurs, un peu partout au pays. Ils ont néanmoins plusieurs points en commun : ils se démarquent par leur compétence en affaires et en finance, ainsi que par leur expertise professionnelle, et ils sont tous âgés de 40 ans ou moins.

LE NORMALISATEUR

Jean-François Trépanier, 35 ans
Directeur principal, Normes professionnelles, chez Raymond Chabot Grant Thornton (RCGT), Montréal

Au moment de la rédaction de cet article, Jean-François Trépanier était à Dublin afin de représenter le bureau de Montréal de RCGT dans le cadre d’un projet mondial sur l’audit de demain. M. Trépanier a d’abord été stagiaire chez RCGT. Il a obtenu son titre professionnel canadien en 2003 et son titre américain en 2004. Un de ses premiers projets, qui portait sur la Loi Sarbanes-Oxley, l’a propulsé vers une carrière en gestion. En 2006, un emploi au sein d’un détaillant de mode américain qui préparait un premier appel public à l'épargne (PAPE) l’a conduit à Los Angeles. À l’aube du ralentissement économique, les banques et les agences de notation étaient frileuses, et le PAPE n’a pas eu lieu (le détaillant est encore aujourd’hui une société à capital fermé). Le comptable est donc retourné chez RCGT en 2007, et ne l’a jamais regretté. Lorsque les Normes canadiennes d’audit ont été adoptées, il a dirigé leur mise en œuvre et a fourni un rapport à son cabinet et au groupe de travail de l’ICCA (devenu CPA Canada) dont il était membre. M. Trépanier a participé à d’autres projets de CPA Canada et du Conseil des normes d’audit et de certification. « La convergence internationale des normes va se poursuivre, déclare-t-il. Je veux apporter ma contribution et m’assurer que le point de vue du Canada est entendu sur la scène mondiale. »

LE DIRIGEANT

Tim Deacon, 36 ans
Vice-président directeur et chef des finances de la division des placements de la Financière Manuvie, Toronto

Tout jeune, Tim Deacon était loin de se douter qu’il connaîtrait une ascension fulgurante dans le milieu des affaires. Pourtant, en juin dernier, le natif de Manotick, une banlieue d’Ottawa, a été promu vice-président directeur à la Financière Manuvie et s'est ainsi joint aux grands décideurs stratégiques de l’entreprise internationale. M. Deacon est aussi chargé de la surveillance de l’information financière de Manuvie, qui gère un actif de 640 G$, et il supervise une équipe de 600 employés répartis dans huit pays. Auparavant, il avait travaillé pendant sept ans chez PwC, où il avait participé à la création du Groupe mondial des marchés financiers et siégé au Groupe national chargé des questions techniques de comptabilité. « Cela a été une expérience très enrichissante, dit-il. J’ai compris que j’aimais gérer les ressources du cabinet et mettre à profit cette compétence pour favoriser sa croissance. » Tim Deacon privilégie un style de gestion participatif et inclusif : « Tôt dans ma carrière, j’ai compris qu’il fallait trouver le talent caché des gens et le faire éclore. On l’a fait pour moi, et je le fais maintenant pour les autres. »

LA STRATÈGE

Kate Ayoubi, 30 ans
Directrice, Information financière, Goldcorp Inc., Vancouver

Kate Ayoubi a su très tôt que son intérêt pour la logique, les chiffres et la résolution de problèmes la mènerait naturellement à une carrière en finance. Elle a aussi compris qu’il n’appartenait qu’à elle de décrocher l’emploi de ses rêves. Mme Ayoubi a obtenu son titre professionnel en 2007 et travaillé dix ans chez Ernst & Young (EY). Après avoir relevé de grands défis, elle s’est jointe au groupe technique d’EY sur la pratique professionnelle. Pendant deux ans, elle a fait partie des 20 professionnels des quatre coins du Canada qui s’occupaient des dossiers les plus complexes d’EY. En 2011, elle était déjà directrice principale. Pour être prête à saisir les occasions intéressantes qui pourraient se présenter, Kate Ayoubi cherche constamment à se surpasser. Ainsi, quand Goldcorp, une société aurifère en forte croissance qui compte 18 000 employés dans le monde, a affiché cette année un contrat de 18 mois, elle n’a pas hésité. « Je n’ai pas encore décidé si je veux être chef des finances, vice-présidente aux finances ou associée, dit la jeune comptable. Le poste que j’occupe ne me définit pas. Le principal, c’est de m’épanouir en tant que professionnelle en finance. » Mme Ayoubi est aussi vice-présidente de l’Association of Women in Finance et membre du comité d’audit de la Great Northern Way Trust. « J’aimerais siéger à des conseils d’administration un jour, explique-t-elle, et ces fonctions m’aident à comprendre le fonctionnement des comités. »

 

LE MENTOR

Sean Prior, 32 ans
Directeur des finances, Husky Energy, Calgary

Vif d’esprit, technophile et féru d’histoire, Sean Prior s’est découvert une passion pour la finance et les affaires pendant ses études. Il s’est classé au Tableau d’honneur canadien à l’EFU de 2007, et a obtenu son titre en 2008. Il travaillait alors chez KPMG, à Calgary, où il n’a mis que cinq ans pour devenir directeur. En 2010, le comptable alors âgé de 28 ans a changé d’emploi et est devenu contrôleur au sein de la société de prospection géophysique Tesla Exploration. Ce poste l’a amené à voyager à Londres, à Denver et à la Nouvelle-Orléans. Il avait alors sous ses ordres six contrôleurs de division, tous plus âgés que lui. Depuis avril 2013, il est directeur financier chez Husky Energy, un poste où il peut aider à définir l’orientation de l’entreprise. Son secret? Travailler dur, sans tambour ni trompette. « Je veux mener mes projets à bien et je suis très exigeant envers moi-même », dit-il. Ses fonctions actuelles lui permettent d’apprendre continuellement. « C’est intéressant de côtoyer des géologues, des ingénieurs, des géophysiciens, et de les aider à voir le côté financier des choses », ajoute-t-il. En plus de son travail, Sean Prior était jusqu’à récemment mentor à l’Université de Calgary. Il est actuellement l’une des âmes dirigeantes du programme Contact collectivité CA de l’Alberta, qui aide des jeunes CA à trouver des postes d’administrateur, de directeur ou de trésorier au sein d’OSBL.

LA VISIONNAIRE

Nicole Barry, 30 ans
Cofondatrice et PDG de Half Pints Brewing Co., Winnipeg

Le parcours de ses parents, tous deux entrepreneurs, a inspiré Nicole Barry. Elle a su très tôt qu’elle voulait être son propre patron et qu’il lui faudrait faire des études en gestion avant de se lancer dans les affaires. Elle a donc obtenu un diplôme en administration et a travaillé à l’obtention de son titre de CGA tout en occupant des postes à temps plein de plus en plus importants en assurance, en finance et en hôtellerie. À 27 ans, Mme Barry a fondé Half Pints Brewery avec son conjoint d’alors. « L’entrepreneuriat m’a toujours passionnée. La culture d’entreprise des brasseries artisanales est formidable, et elle correspond parfaitement à ma personnalité et à mes valeurs », explique-t-elle. Depuis son lancement en 2006, Half Pints est passée de 2 à 18 employés, a acquis une renommée internationale et a entrepris une expansion qui, à terme, augmentera sa capacité de 65 %. « Notre entreprise indépendante jouit d’une bonne situation financière et possède une vision claire. Cette deuxième étape de croissance est très excitante, dit la jeune comptable. Je planifie de façon stratégique. J’adore envisager l’avenir et diriger l’entreprise dans la voie qui me semble être la meilleure. »

L’ENTREPRENEUR

Ted Hastings, 40 ans
Fondateur et PDG de Rebellion Media, Waterloo (Ontario)

En 2000, Ted Hastings faisait ses premières armes dans le secteur des technologies. Titre professionnel en main, il est devenu chef des finances et vice-président aux finances d’Endgame Systems, une jeune entreprise de vente et de distribution de logiciels destinés au secteur des boissons. « Nous concevions des logiciels pour les appareils mobiles bien avant que de telles applications soient chose courante », explique M. Hastings. Un an plus tard, à 26 ans, il devenait PDG d’Endgame. L’entreprise, qu’il a renommée Global Beverage Group, a acquis neuf concurrents, ce qui a porté ses effectifs de 35 à 200 employés, avant d’être vendue à la société 3M en 2006. Un an s’était à peine écoulé que M. Hastings, saisi de nouveau par la fièvre de l’entrepreneuriat, décidait de se joindre à Geosign, une entreprise de services de domaines Internet. Il l’a fait croître et l’a vendue en 2007, sous le nom de Tsavo Media, à American Capital, un fonds de capital-investissement américain. En 2010, il a reçu le Intrepid Award du Waterloo Entrepreneur Hall of Fame, puis a lancé Rebellion Media en 2012. Il a acquis 13 marques médias depuis, pour en faire une seule société de 180 employés. « J’aime les défis liés à la croissance des entreprises, c’est stimulant », dit M. Hastings, traçant un parallèle avec sa passion pour les sports. Il s’est déjà classé parmi les dix meilleurs dynamophiles (powerlifters) au pays dans sa catégorie de poids : « L’entrepreneuriat me permet de donner libre cours à mon esprit de compétition. »

À propos de l’auteur

Mary Teresa Bitti


Mary Teresa Bitti est rédactrice indépendante à Oakville (Ontario).

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