Droits de scolarité : Coûteuses, les études (première partie)

Avec la rentrée à nos portes, nous nous prenons à rêver à l’avenir de nos enfants et à leurs études postsecondaires. Mais comment payer ces coûteuses études? Le REEE offre une solution.

Quand le régime enregistré d’épargne-études (REEE) a été lancé en 1972, je sortais à peine de l’école primaire. Je vivais au Québec et j’ai travaillé presque un an entre le cégep et ma première année d’université, faute d’appui financier de la part de mes parents. À l’Université McGill, j’ai eu la chance d’obtenir d’abord deux modestes bourses d’études, puis une bourse plus généreuse, qui a couvert une bonne partie des coûts de mon baccalauréat. Grâce à cette aide et à mes emplois d’été, j’ai pu terminer mes études sans contracter de dettes. J’ai commencé à travailler à temps plein une semaine après avoir reçu mon diplôme. Huit ans plus tard, après un retour en classe pour obtenir mon titre de comptable, j’ai passé trois jours à Toronto en quête de travail. Résultat : quatorze entrevues et sept offres d’emploi.

Le monde est bien différent aujourd’hui pour mon fils – et tous les jeunes. Je ne les envie pas. Les droits de scolarité augmentent plus vite que l’inflation. Oui, les revenus d’emploi demeurent plus élevés pour les diplômés universitaires que pour les autres, mais trop de diplômés sont sous-employés ou occupent des emplois précaires, sans avantages sociaux. Malgré ce sombre portrait du marché du travail, le diplôme d’études postsecondaires reste prisé par les parents et les jeunes. De fait, à l’avenir, les compétences en littératie et en numératie exigées (pour jusqu’à 75 % des nouveaux emplois créés en Ontario aujourd’hui, par exemple) seront acquises dans le cadre d’études postsecondaires.

Or, les droits de scolarité annuels moyens pour faire des études de premier cycle s’établiront à près de 7 500 $ en 2016-2017. Si on ajoute les frais de subsistance d’un étudiant qui ne vit pas chez ses parents, les coûts d’un baccalauréat de quatre ans peuvent facilement atteindre entre 60 000 $ et 80 000 $. Une bagatelle! Voici un lien vers un calculateur des coûts d’une éducation postsecondaire. Vous trouverez aussi des outils semblables sur les sites Web de la plupart des grandes banques.

Aujourd’hui, la dette moyenne du diplômé universitaire se chiffre à près de 37 000 $ (y compris toutes les formes de prêts aux étudiants).

Le REEE peut donner un solide coup de pouce aux jeunes en les aidant à poursuivre leurs études sans accumuler de lourdes dettes. Pour créer un REEE, il vous suffit d’avoir en mains votre numéro d’assurance sociale et celui de votre enfant. Il existe différents types de régimes. Le gouvernement fédéral cotise au REEE par l’intermédiaire de la Subvention canadienne pour l’épargne-études (SCEE), qui correspond à 20 % de la cotisation des parents, jusqu’à concurrence de 500 $ par année. Plusieurs provinces se sont également dotées de régimes d’assistance, qui prévoient parfois une aide bonifiée pour les ménages à faible revenu. Une cotisation annuelle de 2 500 $ au REEE permet d’optimiser la SCEE. Sacrifiez un café latté par jour et vous serez à mi-chemin (ou presque). L’article «À chaque famille son REEE», paru dans Les Affaires, explique bien les principales modalités.

La plupart des parents sont convaincus à juste titre qu’ils ont tout intérêt à investir dans l’avenir de leurs enfants. Et dans un univers où taux d’intérêt dérisoires et volatilité boursière vont de pair, où trouver un rendement garanti de 20 %?

Dans la deuxième partie de ma réflexion, j’examinerai certaines dispositions fiscales susceptibles d’alléger le fardeau des études postsecondaires.

Poursuivons la conversation

Et vous, comment ferez-vous pour payer les études de vos enfants? Publiez vos commentaires ci-dessous.

Avertissement

Les vues et opinions exprimées par l’auteure dans le présent article ne représentent pas nécessairement celles de Comptables professionnels agréés du Canada (CPA Canada).

À propos de l’auteur

Ann Hebert, CPA, CA

Ann Hebert exerce à Toronto. Depuis juin 1994, elle travaille pour la société de gestion de placement Invesco Canada, où elle a occupé divers postes avant de devenir vice-présidente adjointe à la fiscalité des entreprises, en 2002. Passionnée de littératie financière, Mme Hebert entend aider les Canadiens à approfondir leurs connaissances financières.