Épargner pour parer à toute éventualité

Il est difficile d’habituer les enfants à épargner en vue d’un objectif précis… et, à plus forte raison, de leur expliquer qu’il faut parfois se serrer la ceinture. Comme toujours, l’expérience reste la meilleure des leçons.

Comme je l’ai déjà écrit, je suis d’avis que la meilleure façon d’apprendre aux enfants à acquérir des compétences financières consiste à leur faire gérer leur propre argent. Bien sûr, il ne s’agit pas de les doter de portefeuilles de placements. Je propose en fait de leur donner une certaine latitude quant à l’utilisation de leur argent de poche et des sommes qu’ils reçoivent pour les Fêtes, à leur anniversaire ou de la part de la fée des dents. Ils seront alors amenés à faire des apprentissages concrets, dont ils se souviendront certainement.

Ainsi, mon fils Adam a compris à ses dépens combien il est utile de disposer d’un fonds d’urgence. La notion d’«urgence» pour un enfant de 10 ans reste relative, bien sûr, mais permettez-moi de vous expliquer la suite.

Voici ce qui s’est produit. Metroid, un jeu qui date, mais qu’Adam voulait acquérir depuis un certain temps et n’arrivait pas à trouver, est soudain devenu disponible pour téléchargement dans la boutique électronique Nintendo, pour 5 $. Or Adam n’avait pas la somme nécessaire : il avait dépensé tout son argent de poche, parce qu’il n’épargnait en vue d’aucun projet particulier.

«Comment aurais-je pu deviner que Nintendo offrirait le jeu maintenant?», s’est-il offusqué. «Vous pourriez sûrement me prêter l’argent?» Hors de question. Nous lui avons dit que c’est précisément la raison pour laquelle il doit garder un peu d’argent de côté : on ne sait jamais quelle dépense imprévue peut se présenter.

Ce fut une soirée difficile pour tous. (Je serai franche : il y a eu des mots durs de part et d’autre.) Il aurait été bien plus facile, pour son père et moi, de simplement lui acheter le jeu ou de lui prêter l’argent nécessaire et, par le passé, nous l’avions déjà fait. Mais comme il grandit, nous voulons qu’il devienne responsable de ses gestes. Il avait choisi d’utiliser tout son argent de poche (il dispose toujours de fonds à long terme dans un compte bancaire, mais ils ne sont pas destinés à couvrir des dépenses courantes) et il ne lui restait donc rien pour réagir en cas d’urgence. Dans ce cas précis, la dépense imprévue relevait d’un désir et non d’un besoin. Quoi qu’il en soit, je crois que la leçon a fait son chemin.

À mesure qu’Adam grandira, nous élargirons la gamme des dépenses qu’il devra couvrir, de sorte qu’il sera encore plus important pour lui de mettre de l’argent de côté pour parer à toute éventualité. Fort de ces expériences (et avec un peu de chance), il sera parmi les deux tiers des Canadiens (64 %) qui, selon un sondage Harris mené récemment pour CPA Canada auprès de 1 024 adultes canadiens, disposent d’un fonds d’urgence. Et peut-être, je l’espère, fera-t-il même partie des trois quarts de détenteurs d’un fonds d’urgence (73 %), qui ont suffisamment mis de côté pour au moins trois mois de dépenses, et des 68 % de ceux qui disent n’avoir jamais utilisé leur fonds d’urgence.

Mieux vaut avoir un fonds d’urgence et ne jamais en avoir besoin qu’être pris au dépourvu…

Poursuivons la conversation

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Avertissement

Les vues et opinions exprimées par l’auteure dans le présent article ne représentent pas nécessairement celles de Comptables professionnels agréés du Canada (CPA Canada).

À propos de l’auteur

Tamar Satov

Directrice de la rédaction, CPA magazine
Tamar Satov, directrice de la rédaction à CPA Magazine, est journaliste spécialisée dans les questions liées aux affaires, à l’éducation des enfants et aux finances personnelles. Elle propose régulièrement des conseils et des anecdotes dans le cadre de ce blogue, où elle fait part de ses efforts pour faire l’éducation financière de son enfant. (@TamarSatov)

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