Les faillites sont-elles en hausse au Canada?

Les dettes à la consommation des Canadiens atteignent un sommet inégalé, au point où le Canada affiche maintenant le taux d’endettement par habitant le plus élevé au monde. Conséquence : les faillites sont en hausse alors que les taux d’intérêt n’ont pas encore augmenté.

D’après un article intitulé «Canadian Consumer Insolvencies are Soaring, and Not Just in Alberta» (de plus en plus de Canadiens insolvables, et pas seulement en Alberta), paru le 29 avril 2016 dans l’édition canadienne du Huffington Post, le nombre de cas de faillite personnelle a augmenté de 6,3 % au Canada entre 2015 et 2016.

Comme le faisait récemment remarquer Rob Carrick, du Globe and Mail, l’alourdissement de la dette des Canadiens ne tient pas seulement à leur grosse maison, car il se trouve aussi que ces derniers n’ont jamais acheté autant de véhicules neufs. Et comme M. Carrick l’écrivait sur Twitter le 12 mai, la durée moyenne d’un prêt-auto est maintenant de 74 mois, ce qui est loin d’arranger les choses.

En effet, il faut plus de six ans en moyenne pour rembourser un prêt-auto, ce qui signifie que certains prêts ont une durée plus courte, mais aussi ― ce qui est alarmant ― que d’autres ont une durée plus longue. Et contrairement à une maison, une voiture a une durée de vie relativement courte.

Permettez-moi de relater une autre anecdote. Un concessionnaire offrait un taux de financement de 0 % (vous avez bien lu, zéro pour cent) sur ses voitures et camions neufs. Devant l’absence de preneurs, il a communiqué avec un échantillon de clients qui lui avaient acheté un véhicule, mais ne s’étaient pas prévalus de son offre de financement.

Il a demandé à ses clients s’ils avaient financé leur achat par l’intermédiaire de leur banque. Tous l’avaient fait. Il leur a demandé s’ils avaient obtenu un taux de 0 %. Réponse des clients : non. Il a alors voulu savoir pourquoi, dans ce cas, ils avaient décidé de faire affaire avec une banque. Voici ce qu’on lui a répondu : «Vous voulez que nous remboursions le capital, alors que la banque nous demande seulement de rembourser les intérêts.»

C’est aussi simple que ça. Beaucoup de Canadiens se servent d’une marge de crédit pour acheter un véhicule, mais remboursent uniquement les intérêts. Cela signifie que cinq ans après avoir acheté un véhicule, la plupart des gens voudront le remplacer, mais n’auront pas versé un sou sur le capital initial. Et puisque la plupart des gens achètent la voiture la plus chère qu’ils peuvent s’offrir, ils devront s’endetter encore plus pour se procurer un autre véhicule. Comme les marges de crédit sont généralement à taux variable, ces Canadiens ajoutent au risque inhérent à ce nouvel emprunt un risque de taux d’intérêt.

Seul point encourageant dans l’article du Huffington Post, le nombre de «propositions de consommateur» acceptées, c’est-à-dire le nombre de cas où un consommateur propose à ses créanciers un plan acceptable de remboursement lui permettant d’éviter la faillite, a augmenté de 13,2 %. En clair, ces personnes étaient au bord du gouffre et il s’en est fallu de peu pour qu’elles n’y tombent pas.

De très peu.

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Les vues et opinions exprimées par l’auteur dans le présent article ne représentent pas nécessairement celles de CPA Canada.

À propos de l’auteur

Larry Short, CPA, CGA


Larry Short, CPA, CGA. Larry Short est né et a grandi à Carbonear (Terre-Neuve-et-Labrador). Il a étudié à l’Université Memorial de Terre-Neuve, où il a décroché en 1981 un baccalauréat en commerce (B.Com.). Il a obtenu son titre professionnel comptable en 1988, année où il a également commencé à travailler comme conseiller en placement. Au fil des ans, M. Short a ajouté à son diplôme de B.Com. et à son titre de CPA de nombreux titres professionnels sous lesquels il a exercé ses activités. M. Short est Certified Financial Planner (CFP), gestionnaire de placements agréé (CIM) et gestionnaire de portefeuille. Il est l’auteur de In Short: Secrets to Make Your Dollars Grow (Doubleday 1998) et de In Short: Successful Investing During Turbulent Times (2012). Son cabinet de gestion de patrimoine est en affaires depuis 28 ans et est maintenant rattaché à Patrimoine HollisMD, à St. John’s (Terre Neuve et Labrador).

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