Faut-il payer ses enfants pour leurs notes?

La fin de l’année scolaire annonce l’arrivée des bulletins. Certains parents récompensent leurs enfants pour chaque bonne note, mais est-ce une stratégie utile?

Mon fils, Adam, qui finit sa quatrième année, m’a récemment appris qu’un de ses camarades de classe reçoit 20 $ pour chaque note parfaite dans son bulletin. Je connais bien ce garçon, qui est intelligent, équilibré et aimable, et aussi un bon ami d’Adam. Mon fils n’est pas allé jusqu’à s’informer si nous étions prêts à faire la même chose, mais je me suis demandé si la stratégie valait le coup. Après tout, si le «travail» de l’enfant consiste à apprendre — et que dans notre société, tout labeur mérite salaire — ne serait-elle pas conforme aux valeurs que nous voulons transmettre à nos enfants?

Pour ma part, j’ai toujours été une bonne élève. J’étudiais beaucoup et j’étais fière de mon travail. Mes parents ne m’ont jamais récompensée pour mes notes (sauf, bien sûr, en me faisant part de leur fierté et de leurs félicitations). À ma connaissance, mes amis ne recevaient pas, non plus, d’argent pour leurs réalisations. Je n’avais donc aucune information de première main en matière de rémunération de résultats scolaires, et mon instinct de journaliste m’a amenée à fouiller la question. Je constate que la plupart des experts en éducation et en finance ne recommandent pas cette stratégie : elle aurait pour effet de miner l’éthique du travail de l’apprenant parce qu’elle fait intervenir une motivation externe plutôt qu’interne.

En psychologie, cette question se rattache à la théorie de l’autodétermination, dont l’origine remonte aux recherches menées par Edward L. Deci à l’Université de Rochester, au début des années 1970. Il ressort des résultats publiés par ce psychologue, et par de nombreux autres chercheurs dans son sillage, qu’à court terme, l’argent peut accroître la motivation, mais qu’au bout du compte, il la réduit. Pourquoi? Parce que les étudiants finissent par attendre la récompense peu importe leur résultat, et peut-être aussi qu’ils n’aiment pas que l’on tente de contrôler leur comportement.

De fait, selon les recherches, la même conclusion s’applique aux adultes que les employeurs récompensent par des primes en argent.

«Si vous appâtez vos employés avec des primes, ils s’en apercevront», expliquait Jim Clemmer, président de l’entreprise ontarienne de formation et de consultation, The Clemmer Group, à CPA Magazine en 2014. «Cela se fait avec un chien, mais pas avec des employés. Ce serait paternaliste et manipulateur.» Et cela donne des employés malheureux et démotivés.

Pour certains — et je crois que mon fils pourrait être du nombre —, si l’enjeu est trop considérable ou si l’objectif semble trop ambitieux, un système de récompenses peut aggraver l’anxiété. Adam se met beaucoup de pression et s’inquiète déjà s’il ne réalise pas ses propres objectifs, sans avoir à penser en plus aux récompenses manquées...

Certains parents évitent cet écueil en choisissant de récompenser leurs enfants pour leurs efforts, plutôt que pour leurs résultats. Mais comment mesurer l’effort? En comptant les heures consacrées à l’étude? En appréciant la qualité de l’apprentissage? En évaluant les progrès réalisés depuis le début de l’année scolaire?

Pour le moment, il me semble qu’opter pour un tel système, c’est se compliquer passablement la vie. Mais j’aimerais connaître l’avis d’autres parents et connaître leurs expériences.

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Avertissement

Les vues et opinions exprimées par l’auteure dans le présent article ne représentent pas nécessairement celles de CPA Canada.

À propos de l’auteur

Tamar Satov

Directrice de la rédaction, CPA magazine
Tamar Satov, directrice de la rédaction à CPA Magazine, est journaliste spécialisée dans les questions liées aux affaires, à l’éducation des enfants et aux finances personnelles. Elle propose régulièrement des conseils et des anecdotes dans le cadre de ce blogue, où elle fait part de ses efforts pour faire l’éducation financière de son enfant. (@TamarSatov)

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