Doit-on vraiment conseiller aux jeunes de choisir une profession qui les passionne?

Une chose est sûre : les parents veulent le bonheur de leurs enfants. Mais est-il sage de leur conseiller de choisir des études et une profession qui les passionne, sans se préoccuper des questions d’argent?

Le Nouvel An est l’occasion idéale de faire des projets et d’envisager l’avenir. C’est tout à fait vrai pour les jeunes qui terminent leurs études secondaires (et pour leurs parents). Plus que six mois avant la remise de diplôme! C’est déjà le moment de présenter un dossier aux collèges et aux universités pour la rentrée d’automne.

Je me souviens combien, à cette époque de ma vie, j’étais optimiste et passionnée. Je passais des heures à imaginer vers quel brillant avenir mes aspirations me conduiraient. (À la réflexion, j’avais visé juste en présentant deux demandes en journalisme et une demande en administration des affaires.) Les jeunes d’aujourd’hui, eux aussi, nourrissent de grands projets. Selon un sondage sur l’optimisme des jeunes réalisé pour RBC, 96 % des Canadiens âgés de 14 à 25 ans veulent pouvoir exercer un métier qu’ils aiment.

Mais à force de marteler qu’il faut suivre sa passion, ne risque-t-on pas de mener nos jeunes vers une déception? De fait, cette même étude révèle que moins des deux tiers des jeunes de 22 à 25 ans estiment qu’ils obtiendront un emploi dans leur domaine de prédilection. De plus, d’après une étude antérieure, 55 % des étudiants de 17 à 24 ans se résignent à l’idée d’accepter un emploi d’ordre alimentaire en lieu et place de leur travail de rêve.

Ajoutons que la dette d’études moyenne dépasse les 28 000 $ dans certaines régions du pays. Du coup, le choix des études postsecondaires prend une tout autre couleur. Faudrait-il plutôt encourager nos enfants à se renseigner sur les emplois en demande et à choisir un domaine d’études en conséquence?

Pas nécessairement. Selon une étude menée par des psychologues de l’Université du Michigan, après quelques années sur le marché du travail, les travailleurs qui accordaient beaucoup d’importance à leur passion en début de carrière affichaient des taux de satisfaction, des mesures subjectives de réussite et des revenus annuels comparables à ceux des employés moins préoccupés par la poursuite de leurs rêves.

En d’autres mots, les parents ont là une inquiétude de moins. Si votre enfant brûle d’embrasser une carrière en particulier, tant mieux. S’il n’a pas encore trouvé ce qui le passionne et qu’il choisit un parcours plus pratique, ne vous faites pas de souci. Les travaux des chercheurs indiquent que la satisfaction et la réussite pourraient fort bien être au rendez-vous dans les deux cas.

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Alors, faut-il vraiment suggérer aux jeunes de choisir des études et une profession qui les passionne? Est-ce là un conseil irréaliste?

Avertissement

Les vues et opinions exprimées par l’auteure dans le présent article ne représentent pas nécessairement celles des Comptables professionnels agréés du Canada (CPA Canada).

À propos de l’auteur

Tamar Satov

Directrice de la rédaction, CPA magazine
Tamar Satov, directrice de la rédaction à CPA Magazine, est journaliste spécialisée dans les questions liées aux affaires, à l’éducation des enfants et aux finances personnelles. Elle propose régulièrement des conseils et des anecdotes dans le cadre de ce blogue, où elle fait part de ses efforts pour faire l’éducation financière de son enfant. (@TamarSatov)

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