Dites non au magasinage thérapeutique

Le lundi de la déprime offre une belle occasion de parler aux enfants de l’incidence des émotions sur nos habitudes de consommation, et vice-versa.

Le troisième lundi du mois de janvier, le «lundi de la déprime», serait selon plusieurs la journée la plus déprimante de l’année. D’autres soutiennent que ce serait plutôt le quatrième lundi de janvier, alors que certains réfutent complètement cette idée. Quoi qu’il en soit, il n’en reste pas moins que divers facteurs peuvent assombrir notre humeur à ce moment de l’année. La température hivernale, le manque de lumière naturelle, la fin du temps des Fêtes, l’arrivée des relevés de cartes de crédit contenant les dépenses de Noël et des vacances, parfois un sentiment de culpabilité à l’idée de ne pas avoir tenu ses résolutions… qui peut vous blâmer d’avoir le moral à zéro?

Quand on se sent déprimé, il est naturel de chercher des solutions pour se remonter le moral. Beaucoup se tournent alors vers des substances ou des activités qui stimulent les centres de plaisir du cerveau, comme le sucre (dans mon cas, le chocolat), l’alcool ou le magasinage. On parle souvent de la «magasinite aiguë» et du «magasinage thérapeutique» à la blague, mais des données obtenues par imagerie cérébrale montrent que le fait de penser à l’argent, d’en recevoir ou d’en dépenser stimule les mêmes régions du cerveau que la consommation de drogues

Ce qui est encore plus surprenant, comme je l’ai appris en rédigeant un article sur les effets psychologiques de l’argent il y a environ un an, c’est que les premières associations relatives à l’argent s’établissent vers l’âge de trois ou quatre ans.

Rien de tout cela n’est un problème en soi dans la mesure où nous agissons sciemment et exerçons un certain contrôle. Par exemple, il n’y a pas de mal à ce que je mange parfois un chocolat Lindt (ou, plus vraisemblablement, deux ou trois) pour me remonter le moral rapidement. Ce n’est pas grave non plus si mon fils de neuf ans, Adam, dépense un ou deux dollars de son argent de poche pour acheter une application amusante après une journée difficile. Le problème se pose lorsque ces petites gâteries deviennent des pulsions incontrôlables. Au lieu de nous aider à nous sentir mieux, ces gâteries nous rendent malades… et la sensation désagréable est la même pour une carte de crédit pleine que pour un estomac trop rempli.

En tant que parents, nous répétons souvent à nos enfants de ne pas manger trop de sucreries, et nous avons certainement abordé avec eux les conséquences négatives de la consommation de drogues. Peut-être devrions-nous aussi les sensibiliser à l’effet de la consommation sur leur cerveau, et leur suggérer d’autres solutions pour se remonter le moral, par exemple aller jouer dehors ou voir des amis, pour mieux les préparer aux jours de déprime.

POURSUIVONS LA CONVERSATION

Avez-vous déjà essayé de vous remonter le moral par une séance de magasinage? Est-ce que cette solution vous a fait du bien ou avez-vous fini par vous sentir encore plus déprimé?

Avertissement

Les vues et opinions exprimées par l’auteure dans le présent article ne représentent pas nécessairement celles des Comptables professionnels agréés du Canada (CPA Canada).

À propos de l’auteur

Tamar Satov

Directrice de la rédaction, CPA magazine
Tamar Satov, directrice de la rédaction à CPA Magazine, est journaliste spécialisée dans les questions liées aux affaires, à l’éducation des enfants et aux finances personnelles. Elle propose régulièrement des conseils et des anecdotes dans le cadre de ce blogue, où elle fait part de ses efforts pour faire l’éducation financière de son enfant. (@TamarSatov)