Le lien entre la santé et les finances

La santé ne s’achète pas, mais de mauvaises habitudes financières peuvent lui nuire.

La plupart du temps, lorsque je dis à d’autres parents que je tiens un blogue consacré à l’éducation financière des enfants, ils voient tout de suite l’utilité de la chose. Ils comprennent que plus les enfants saisissent tôt des notions comme les dépenses et l’épargne, la résistance à la satisfaction immédiate et l’établissement d’un budget, plus ils seront susceptibles d’appliquer ce savoir financier à l’âge adulte.

De temps en temps, toutefois, la réaction de mes interlocuteurs est différente. On me dit parfois : «Ah, mais je ne veux pas que mes enfants pensent trop à l’argent. Du moment qu’ils sont en santé, c’est tout ce qui compte pour moi.»

Je comprends tout à fait cette attitude : je ne veux pas, moi non plus, que l’argent devienne la motivation première de mon fils. Par contre, je ne pense pas que le fait de faire l’éducation financière de notre progéniture la rende obsédée par l’argent. Au contraire, nos explications permettent de démystifier le sujet et de transmettre aux enfants, pour l’avenir, une vision réaliste de ce que l’argent peut faire ainsi que de ses limites.

Pour ce qui est de la santé, je crois que nous pouvons tous nous entendre sur un point : l’argent n’est rien si le bien-être n’est pas au rendez-vous. Mais les deux sont liés, même dans un pays comme le Canada, doté d’un régime universel de soins de santé.

Savoir comment établir un budget sans confondre les besoins et les désirs, par exemple, peut devenir une compétence très précieuse dans un contexte de hausse des prix des aliments moins propice à l’achat de produits sains et nutritifs. De même, comme il n’y a pas, au Canada, de programme national d’assurance-médicaments, le fait d’avoir assimilé l’importance de l’épargne pour parer à l’imprévu et d’avoir un fonds d’urgence peut être le facteur déterminant quand il s’agit de payer des médicaments d’ordonnance – hors de portée pour environ un Canadien sur dix.

Par ailleurs, une bonne compréhension du fonctionnement des cartes de crédit (qui ne sont pas une source d’argent gratuit!) et des taux d’intérêt très élevés dont elles sont assorties peut empêcher les jeunes de s’enfoncer dans un gouffre financier pouvant leur causer du stress pendant plusieurs années et même – selon les résultats d’une nouvelle étude publiée dans la revue Psychological Science – des douleurs physiques.

«Nos résultats montrent que l’insécurité économique engendre des souffrances physiques», explique la chercheuse principale de l’étude, Eileen Chou, professeure de politique publique à l’Université de Virginie. «Les résultats de six études révèlent que l’insécurité économique provoque des douleurs physiques, accroît la sensibilité à la douleur et permet de prédire la consommation d’analgésiques vendus sans ordonnance.»

Ces résultats s’ajoutent évidemment à ceux d’études précédentes établissant un lien entre l’endettement et la dépression.

Je ne me fais pas d’illusions : la littératie financière n’est pas une panacée. Mais faire complètement abstraction de la question ne règle rien.

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Avez-vous déjà ressenti un stress émotionnel ou une douleur physique à cause de l’argent? Publiez vos commentaires ci-dessous.

Avertissement

Les vues et opinions exprimées par l’auteure dans le présent article ne représentent pas nécessairement celles de CPA Canada.

À propos de l’auteur

Tamar Satov

Directrice de la rédaction, CPA magazine
Tamar Satov, directrice de la rédaction à CPA Magazine, est journaliste spécialisée dans les questions liées aux affaires, à l’éducation des enfants et aux finances personnelles. Elle propose régulièrement des conseils et des anecdotes dans le cadre de ce blogue, où elle fait part de ses efforts pour faire l’éducation financière de son enfant. (@TamarSatov)