Apprendre les mathématiques à nos enfants

Grâce à l’exemple de sa fille de huit ans, un CPA nous démontre qu’un apprentissage précoce des notions de calcul, des mathématiques et de la finance peut vraiment porter fruit.

Il y a environ un mois, Lorne Weinreb, CPA de Toronto, a reçu plusieurs appels des médias, notamment de la CBC, de CTV, du Toronto Star, et même de célèbres émissions-débats américaines, qui voulaient tous obtenir une entrevue avec sa fille Carlie, une as des mathématiques de troisième année qui enseigne à des étudiants universitaires à faire leurs déclarations de revenus sans logiciel d’impôt ni calculatrice.

Les aptitudes de Carlie en calcul mental sont très impressionnantes : par exemple, elle peut calculer de tête le montant exact de la taxe de vente de n’importe quel article de 100 $ ou moins (Dans cette entrevue de CTV, il ne lui faut que quelques secondes pour calculer correctement la taxe de vente de 13 % de l’Ontario sur un achat de 13,55 $, à savoir 1,76 $).

Comment est-ce possible? Carlie est-elle une enfant prodige dotée d’une intelligence exceptionnelle? Pas du tout, affirme son père. «Ma fille est normale. J’ai été le premier de ma famille à aller à l’université et je n’avais aucun talent brut, juste de la persévérance. Nous ne sommes vraiment pas de la même étoffe qu’Einstein, dit-il en riant. J’ai juste décidé de lui apprendre certaines choses de manière progressive.»

Et il ne ment pas! Dès que Carlie a su compter jusqu’à 10, une étape que la plupart des enfants atteignent vers trois ans, son père lui a montré à lire l’heure afin qu’elle puisse mettre cet acquis en pratique. Il a acheté plusieurs grosses montres à affichage numérique (les chiffres des montres pour enfants sont trop petits pour qu’ils puissent les lire, explique-t-il) dans un magasin à un dollar et a apposé un zéro sur le dernier caractère numérique pour que toutes les heures affichées se terminent par ce chiffre. Plusieurs fois par jour, il la faisait pratiquer en lui demandant de lui lire l’heure : 1 h 10, 1 h 20, 1 h 30, et ainsi de suite. Ils sont ensuite passés aux montres analogiques.

À quatre ans, Carlie apprenait les multiplications au moyen de la méthode de calcul par intervalles, mais par petites séquences de chiffres. Par exemple, la leçon du jour pouvait porter sur les chiffres 2, 4, 6 et ne durait que 30 secondes, mais elle était répétée de nombreuses fois au cours de la journée. Quand Carlie maîtrisait la séquence, son père introduisait la suivante. «Le secret, c’est la répétition, la constance et la patience, dit M. Weinreb. Beaucoup de parents veulent aller trop vite, mais il s’agit d’un processus cumulatif et on ne doit pas précipiter les choses. Les mathématiques revêtent un caractère répétitif dans une proportion de 98 %.»

Carlie a fini par connaître ses multiplications jusqu’à la table de 13, ce qui explique pourquoi elle est maintenant si rapide pour calculer les taxes de vente. Pour M. Weinreb, les parents doivent savoir saisir les occasions d’apprentissage dans la vie de leur enfant. Une sortie au centre commercial pour déguster une crème glacée ou au magasin à un dollar pour acheter un jouet ou une friandise sont autant de leçons de mathématiques potentielles pouvant s‘appliquer à des choses qui les intéressent.

Aujourd’hui, Carlie et son père consacrent environ une demi-heure par jour à calculer des impôts. À six ans, Sage, la sœur de Carlie, remplit déjà une déclaration de revenus aux trois quarts. Quelle leçon d’humilité de penser que tous nos enfants pourraient devenir des as des mathématiques si seulement on leur permettait de développer ces aptitudes assez tôt.

Cet exemple donne matière à réflexion, surtout à l’approche de la journée «Parlons argent avec nos enfants», qui aura lieu le 20 avril prochain. Bien qu’une journée consacrée à la littératie financière chez les enfants soit un bon moyen de sensibilisation à cette question essentielle, en tant que parents, il va sans dire qu’on ne peut se contenter d’y penser une seule fois par année.

Si on développe très tôt chez nos enfants des habitudes quotidiennes qui intègrent l’apprentissage de notions de calcul, des mathématiques et de la finance, elles deviennent une seconde nature chez eux. Comme le mentionne M. Weinreb, «ce n’est qu’une question d’environnement».

POURSUIVONS LA CONVERSATION

Comme je l’écrivais au mois de février, je suis encore en train d’enseigner les multiplications à mon fils Adam. Je ne manquerai donc pas de suivre les conseils de M. Weinreb en essayant d’aller moins vite et en privilégiant l’apprentissage de mon fils par de courtes séquences de chiffres. Je vous tiendrai au courant des résultats. Et pour vous? Quelles techniques ont fonctionné pour apprendre à vos enfants les notions de mathématiques et d’argent? Publiez vos commentaires ci-dessous.

Avertissement

Les vues et opinions exprimées par l’auteure dans le présent article ne représentent pas nécessairement celles de CPA Canada.

À propos de l’auteur

Tamar Satov

Directrice de la rédaction, CPA magazine
Tamar Satov, directrice de la rédaction à CPA Magazine, est journaliste spécialisée dans les questions liées aux affaires, à l’éducation des enfants et aux finances personnelles. Elle propose régulièrement des conseils et des anecdotes dans le cadre de ce blogue, où elle fait part de ses efforts pour faire l’éducation financière de son enfant. (@TamarSatov)

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