Les jeunes, leurs amis et la consommation

Convoiter le style de vie de ses parents, de ses amis ou de ses voisins – et de leurs enfants – peut se révéler périlleux pour le portefeuille comme pour la paix de l’esprit.

La rentrée est à nos portes et un peu partout au pays, les enfants, et donc leurs parents, font la liste des choses à acheter pour la nouvelle année scolaire. Et, qu’ils veulent bien l’admettre ou non, les parents jetteront un coup d’œil sur ce que font les enfants des autres – qu’il s’agisse d’inscriptions aux activités parascolaires ou d’achats de vêtements et d’appareils électroniques.

Si vous ne savez pas que «tout le monde» aujourd’hui a un iPhone, un sac Lug, une paire de Skechers ou la toute dernière PlayStation, vos enfants, eux, le savent. Et ils ne se gêneront pas pour vous le dire, croyez-moi.

C’est peut-être parce que j’écris un blogue sur l’éducation financière des enfants que cette attitude me tape autant sur les nerfs. «Pourquoi est-ce que je ne peux pas avoir de X? Untel en a un, X, alors moi aussi je veux avoir mon X, bon!» Si j’entends ce genre de jérémiades, je vois rouge. Adam, mon fils de 10 ans, le sait. Je lui rappelle constamment que beaucoup d’enfants de son âge – y compris certains de ses amis – n’ont pas tout ce qu’il a. Et que, si ce qui lui manque prend plus d’importance que ce qu’il a, il ne sera jamais satisfait. Il y a toujours quelqu’un de mieux nanti que soi.

Mais c’est plus fort que lui. Il semblerait que le désir d’en avoir autant que les autres soit une impulsion naturelle. Barry Scholnick, professeur d’administration à l’Université de l’Alberta, le démontre bien dans un article récent où il fait part de son étude du comportement des voisins de gagnants à la loterie au Canada. Pour chaque millier de dollars en gains de loterie, on observe une hausse de 2,4 % du nombre de faillites chez les résidents ayant le même code postal que le gagnant (c’est-à-dire ses voisins immédiats) au cours des deux années suivantes. Selon les données sur les faillites, les voisins des gagnants à la loterie s’endettent lourdement en achetant des biens ostentatoires – voitures, bateaux, maisons.

«Si votre voisin est plus riche que vous, vous chercherez à l’imiter en achetant des choses qu’il peut voir. Mais il y a un problème : vous vous endetterez parce que vous n’avez pas les moyens de vous payer ces achats», explique Barry Scholnick au Globe and Mail. Des études montrent également qu’un enfant qui grandit sans frères et sœurs près de lui – parce qu’il est enfant unique (comme Adam) ou parce que ses frères et sœurs sont beaucoup plus âgés ou plus jeunes que lui – est plus enclin à se comparer aux autres.

Jusqu’à maintenant, notre stratégie a consisté à refuser à Adam tout ce qui nous semblait excessif et à lui rappeler qu’il pouvait économiser pour s’acheter lui-même les choses qu’il désirait vraiment. Mais cette façon de faire ne s’attaque pas à la source du problème : le désir d’avoir ce que les autres ont, même quand on a déjà beaucoup.

J’espère qu’à force de répéter ce message, il finira par passer. Mais j’aimerais bien connaître d’autres trucs qui ont réussi dans vos familles.

Poursuivons la conversation

Comment composez-vous avec le désir qu’a votre enfant d’en avoir autant que ses camarades? Publiez vos commentaires ci-dessous.

Avertissement

Les vues et opinions exprimées par l’auteure dans le présent article ne représentent pas nécessairement celles de CPA Canada.

À propos de l’auteur

Tamar Satov

Directrice de la rédaction, CPA magazine
Tamar Satov, directrice de la rédaction à CPA Magazine, est journaliste spécialisée dans les questions liées aux affaires, à l’éducation des enfants et aux finances personnelles. Elle propose régulièrement des conseils et des anecdotes dans le cadre de ce blogue, où elle fait part de ses efforts pour faire l’éducation financière de son enfant. (@TamarSatov)

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