L’écart salarial entre les sexes se creuse dès l’enfance

Selon une étude menée au Royaume-Uni, les parents donnent davantage d’argent de poche aux garçons qu’aux filles : 12 % de plus. Pourquoi? La raison est simple et on peut en tirer une leçon utile.

Je pouvais à peine en croire mes yeux : voilà quelques mois, je lisais que, selon une étude réalisée par une institution financière du Royaume-Uni, les filles reçoivent en général moins d’argent de poche que les garçons. Le sondage, mené auprès de 1 800 parents et enfants de moins de 16 ans, a révélé que les fils reçoivent chaque semaine environ 6,93 £ (11,75 $), contre environ 6,16 £ (10,45 $) pour les filles.

Comment expliquer cette injustice? Pourquoi les parents accordaient-ils un traitement de faveur aux garçons? Je n’ai qu’un enfant — un fils —, mais s’il avait une sœur, je ne vois pas pourquoi elle ne recevrait pas la même chose que lui. D’ailleurs, dans mon enfance, mon frère et moi touchions la même somme, même s’il a deux ans de plus que moi.

Étonnée, j’ai consulté les explications dans l’étude et les raisons de l’écart entre les sexes ont commencé à s’additionner. Les garçons sont plus insistants que les filles — ils sont plus susceptibles de se plaindre, auprès de leurs parents, de manquer d’argent. Autrement dit, ils demandent une augmentation plus souvent. Tout comme les hommes en milieu de travail.

Il est bien établi que l’écart salarial entre les sexes existe en partie parce que la plupart des femmes s’abstiennent de négocier un salaire élevé en début de carrière ou des augmentations par la suite. On ne devrait donc pas s’étonner que cette différence d’attitude ait sa source dans l’enfance.

Je peux confirmer que mon fils nous demande souvent une augmentation, et jusqu’ici, nous ne lui en avons accordé qu’une seule, en raison de son âge. Nous avons commencé par deux dollars par semaine lorsqu’il avait cinq ans pour passer à cinq dollars quand il a eu huit ans. Il a maintenant dix ans et je crois que nous accepterons de lui donner une autre augmentation bientôt s’il le demande — ce qu’il ne manquera pas de faire, j’en suis certaine.

S’il n’était pas du genre à se manifester, toutefois, je crois que le statu quo serait maintenu. Sommes-nous contre le principe d’un relèvement de son «salaire», à mesure qu’il grandit? Bien sûr que non. C’est simplement un phénomène d’inertie : il est facile de continuer à faire la même chose, en particulier si chacun est satisfait de la situation.

Et c’est peut-être là que, comme parents, nous pouvons contribuer à atténuer le problème des inégalités salariales homme-femme. Au lieu d’accorder des augmentations à nos enfants au petit bonheur, penchons-nous sur la question chaque année, par exemple à l’approche de leur anniversaire ou du Nouvel An, ou à la rentrée. Faut-il leur donner une augmentation chaque année? Pas forcément. Mais ce sera l’occasion de discuter avec eux, et tant nos fils que nos filles seront amenés à plaider leur cause. Donnons-leur les moyens de s’exercer à la négociation financière, et de comprendre qu’il est acceptable de formuler une demande. Peut-être aiderons-nous ainsi les jeunes filles à être sur un pied d’égalité avec leurs collègues masculins, quand elles feront leurs premières armes sur le marché du travail.

Poursuivons la conversation

Combien d’argent de poche donnez-vous à vos enfants, le cas échéant? Publiez vos commentaires ci-dessous.

Avertissement

Les vues et opinions exprimées par l’auteure dans le présent article ne représentent pas nécessairement celles de Comptables professionnels agréés du Canada (CPA Canada).

À propos de l’auteur

Tamar Satov

Directrice de la rédaction, CPA magazine
Tamar Satov, directrice de la rédaction à CPA Magazine, est journaliste spécialisée dans les questions liées aux affaires, à l’éducation des enfants et aux finances personnelles. Elle propose régulièrement des conseils et des anecdotes dans le cadre de ce blogue, où elle fait part de ses efforts pour faire l’éducation financière de son enfant. (@TamarSatov)

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