Planification de la retraite : aurez-vous assez d’argent, la vie durant?

Voici quelques raisons d’accorder la priorité à la planification de la retraite. Toujours remettre au lendemain peut en effet vous réserver des surprises désagréables quand le moment sera venu de cesser de travailler.

Lorsque je demande aux gens où ils en sont avec leur plan de retraite, ils prennent souvent un air perplexe. Cette étape de leur vie leur semble tellement lointaine qu’elle ne fait pas partie de leurs priorités. Or, comme je l’ai mentionné dans un billet précédent, on doit, dans l’idéal, prendre sa retraite par choix et non par la force des choses.

Penchons-nous à présent sur certains des risques qui pèsent sur votre retraite si vous ne la prenez pas en main.

L’INFLATION

Vous avez probablement constaté – pensez aux titres mensuels de transport en commun, aux droits de scolarité, voire au pain – que le coût de la vie augmente. La boîte de mes céréales préférées a rapetissé et pourtant, son prix n’a pas baissé. Tous ces exemples montrent comment l’inflation réduit notre pouvoir d’achat.

TOUS LES ŒUFS DANS LE MÊME PANIER?

La grave récession amorcée en 2008 nous enseigne que les gens sont plus timorés devant le marché boursier. Or, avec l’inflation qui gruge le revenu de retraite, il faut adopter une stratégie diversifiée afin d’épargner pour aujourd’hui et pour la retraite. De façon générale, les actions représentent une meilleure protection à long terme contre l’inflation. Alors, pensez-y à deux fois avant d’investir tout votre argent dans un compte d’épargne ou des certificats de placement garanti (CPG).

LE TAUX DE DÉCAISSEMENT À LA RETRAITE

Vous avez peut-être vu dans les médias qu’on recommande un taux de décaissement qui équivaut à 4 % ou 5 % de votre pécule, pour financer son style de vie à la retraite. Cela dépend toutefois de ce que vous comptez faire. Certains retraités s’investissent dans la collectivité et travaillent encore comme consultants : pour eux, 4 % ou 5 %, c’est logique! Mais qu’en est-il pour vous?

LES SOINS DE SANTÉ

J’ai récemment assisté au colloque MedEdge, à Richmond Hill (en Ontario), où plusieurs conférenciers en sciences de la vie ont abordé le sujet du coût des soins. Selon ces experts, il fallait trouver des moyens plus innovateurs de fournir les soins de santé, étant donné le vieillissement de la population et l’augmentation des coûts. Attendez-vous à payer de plus en plus souvent pour des services autrefois «gratuits».

LE RISQUE LIÉ À L’ESPÉRANCE DE VIE

Les hommes et les femmes vivent plus longtemps au Canada et, pour les couples, la probabilité qu’au moins l’un des deux conjoints dépasse l’âge de 90 ans est de 63 %1 . D’où le titre de mon blogue.

DEUX QUESTIONS À POSER À VOTRE PLANIFICATEUR FINANCIER

  • « Quand faut-il que je demande mes prestations de retraite des régimes publics? »
    Si vous avez entre 60 et 65 ans lorsque vous commencez à toucher votre rente du Régime de pensions du Canada (RPC) ou du Régime de rentes du Québec (RRQ), vous recevrez une prestation moindre que si vous attendez d’avoir entre 65 et 70 ans. Vous pouvez demander à votre planificateur financier quelle est la date optimale pour demander la prestation du RPC ou du RRQ. Cette « date de basculement » est un outil utile de planification financière.
  • « Qu’entend-on par récupération des prestations de la Sécurité de la vieillesse (SV), et comment l’éviter ou la réduire au minimum? »
    Le gouvernement fédéral « récupère » vos prestations de SV dès que votre revenu est supérieur à un certain seuil (71 592 $ en 2014). Je connais plusieurs aînés qui ont perdu une partie de leurs prestations de SV à cause d’une mauvaise planification en matière d’impôts et de placements.

Ces cinq obstacles à une retraite exempte de soucis financiers sont bien réels et nous avons tous besoin d’un plan pour les éviter. Il est donc essentiel de consulter votre planificateur financier (voire un autre spécialiste, pour avoir une autre opinion) afin de vous assurer que vos économies suffiront pour subvenir à vos besoins comme retraité.  

 

Avertissement

Les vues et opinions exprimées par l’auteur dans le présent article ne représentent pas nécessairement celles des Comptables professionnels agréés du Canada (CPA Canada).

 



[1] Table de mortalité pour les rentes de 2000, Society of Actuaries


À propos de l’auteur

David Duong, CPA, CMA, CIM., B. Comm., CPA, CMA, CIM

Consultant, Investors Group Financial Services
David Duong, B. Comm., CPA, CMA, CIM, conseiller dans la région du Grand Toronto, travaille auprès de professionnels comme des comptables, des professionnels de la santé et des experts en TI ou en ingénierie. Certaines PME qui ont dépassé l’étape du démarrage font également appel à ses services d’aide à la planification stratégique (croissance, gestion des risques, relève, départ des dirigeants). Depuis deux ans, M. Duong agit aussi bénévolement comme chef régional du programme de littératie financière des Comptables professionnels agréés du Canada (CPA Canada). Membre du conseil consultatif de CPA Canada sur la littératie financière, il a animé plus de 50 ateliers sur différents sujets, de l’éducation financière des enfants à la planification successorale.

Faits saillants

Mettez vos connaissances à jour et élargissez votre réseau grâce à ce colloque à ne pas manquer (en anglais), qui porte sur les questions et tendances essentielles pour les membres des comités d’audit.

Dans votre entourage se tapit sûrement une personne surendettée. Si vous êtes observateur, vous reconnaîtrez l’un ou plusieurs de ces symptômes.